KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

Dur De La Feuille / La Fête À Meu-meuble !

Visuel couv-meumeubleDeux contes modernes de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
24 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

 

Dur De La Feuille !
« Parce que la Femme est un voisin comme les autres… ».

 

(extraits)

La Ciotat (Bouches-du-Rhône), samedi 8 mars 2010 :

« Alors qu’il « médite » encore sur le contenu de la page Sports de La Provence, posé face à un petit café amplement « arrosé », Jean-Paul Martin se sent comme soufflé par le contenu de LA nouvelle du jour affiché en « Une ». Un petit article, gentiment troussé, lui apprenant tout de go qu’il existerait bel et bien une Journée de la Femme. Une incongruité déjà bien entamée depuis l’aube, mais néanmoins toujours légalement accessible jusqu’à minuit la fatidique. Une révélation qui lui fige le palpitant, lui retourne foie et tripes, le cloue profond sur place, palais asséché d’autant… ».

« Une bonne heure plus tard, après moult tergiversations, interrogations légitimes et demandes enfiévrées auprès de la gent commerçante de plein air, le voici revenu en ses murs, sûr de lui et de son choix. Il possède désormais de quoi leur préparer à tous deux un véritable repas de « fête », nanti, en outre, d’un beau canard VIVANT ! (tremblant de toutes ses plumes et remuant sans cesse du bec). Un palmipède bien gras du magret et promis aux affres de la rôtissoire maison qui gigote et se plaint, qui donne de la voix à pleins poumons : tentant ainsi d’alerter le vaste monde sur la tristesse de sa condition d’otage alimentaire, sur son devenir cutané, rissolé et craquant.

« Il est près de 14 heures, le temps presse ! » (déclame alors à haute voix, notre « born again cuisinier », plus que ravi : quasi impatient de pouvoir enfin en venir aux mains avec les divers ustensiles ménagers prévus à cet effet) … ».

« Équipé d’une hache de belle taille et d’une « feuille » de boucher, notre homme se tient fermement campé sur ses jambes, se préparant à trancher net le cou gracile de l’animal sans défense, qui, avisant l’œil décidé du bipède bientôt meurtrier qui lui fait face, se met aussitôt à pédaler des « papattes » sans faiblir. C’est à ce moment très précis, que quelque chose d’étrange, de surprenant, d’inattendu du quotidien, s’en vient perturber la logique implacable de ce rapport de force séculaire. Quelque chose qui heurte de plein fouet notre bourreau, jusqu’à… ».

 

 

 

 

 

La Fête à Meu-meuble!
« Parce que le voisin en fête n’est pas une femme comme les autres… ».

 

(extraits)

Réveillé, dès l’aube, par une suite d’éclats de voix aigus nantis d’un doigt malveillant littéralement scotché à la sonnette de son petit appartement, Mathieu se contenta de lancer en réaction, le très sonore et décisif : « Laissez-moi dormir, putain… » ; ce qui eut pour effet de calmer sur le champ les ardeurs assaillantes. Deux bonnes heures, plus loin, alors qu’il croisait mollement au large de sa salle de bains, cheveux en friche, sourcils soucieux, noirceurs au poing, il avisa enfin le petit papier froissé apparemment glissé sous la porte à son intention :

« C’est aujourd’hui qu’a lieu l’opération Immeubles en Fête. Le quartier et l’immeuble ayant finalement décidé de participer à l’événement, vous êtes convié à un petit apéritif improvisé. Une soirée « buffet-banquet » qui se tiendra dans la cour intérieure du bâtiment C à partir de 19 heures. Vous êtes le bienvenu, ainsi qu’une boisson ou un petit quelque chose à grignoter ! »

C’était signé : « Les copropriétaires et locataires des Floralies ».

« … Avec 10 ou 12 années de moins, elle serait plutôt pas mal, la rousse du « B » : celle du rez-de-chaussée aux tenues toujours « limites », osées, minimalistes. Elle était en tout cas toujours bien foutue, c’était plus que visible, résolument affiché, quasi offert ; pourquoi pas plus tard, en fin de soirée, s’il n’y avait rien d’autre à chasser, isoler, puis se coller sous le marcel au moment du retour à la casa ! Autre point positif, elle n’avait pas l’air d’être « contre », la gourgandine, bien au contraire, vu la façon dont elle ne cessait de le coller depuis son arrivée : faisant en permanence jouer et décroiser ses cuisses et genoux, nantie d’un seul mot d’ordre apparent : « C’est peut-être bien là que se situait l’origine du monde, mais cela n’en reste pas moins TOUJOURS d’actualité ! ».

 

« … Se surprenant à rêvasser au son de l’ambitieux Mezzanine de Massive Attack, en surfant doucettement sur la voix unique d’Horace Andy, il se préparait à se laisser happer lentement par Morphée, lorsque la sonnette d’entrée le tira quasi instantanément hors de son paddock rassérénant.

Bonne nouvelle, ça n’était jamais que Raymond – le retraité du dessus vaguement bossu, mais vivace – qui s’en venait lui rappeler, au nom de leur toute nouvelle amitié, qu’il n’était « pas encore tout à fait sourd ! », et que, par conséquent, Mathieu ferait bien de baisser le volume de sa chaîne au plus vite. Une démarche « amicale ! » (bien entendu) porteuse d’une demande impérieuse, bientôt suivie d’un commentaire bien gras de trivialité concernant la bouche pulpeuse de Violette et son passé présupposé d’avaleuse de sabres… ».

No tags

<<

>>

Kollectiv’mode

Kollectiv’mode est une association artistique atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires qui unissent leurs forces et savoir faire autour du processus de création puis de sa matérialisation (expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales).