KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

bande-Unique………………………………………………………….

Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

 

« Parce que LE désir d’Euro ne se consomme pas en communauté… ».

 

(extraits)

La cafetière fume depuis peu sur un coin de bureau, sous le regard voilé d’une paire encore absente. Suspendue depuis de longues minutes aux borborygmes étranges et hoquets subits que celle-ci laisse échapper à intervalles irréguliers, une bouche soignée se laisse aller à bâiller avec délectation, tandis qu’en contrebas, une paire de fesses alanguie fouille aimablement l’épaisseur enveloppante du cuir familier (accueillant, souple, doux au toucher, flexible à l’envi). Soudain, fendant l’espace encore vierge de tout réel labeur, deux mains s’agrippent mollement à un journal, l’ouvrent sèchement, l’effeuillent d’autorité. Mais l’actualité se débat (elle) se libère, et surgit aussitôt en un unique élan… bien décidée à tout emporter à sa suite ! (…) 

Habituellement doux, affable, et courtois, quoique rude meneur d’hommes réputé « à poigne », il sent tout de go naître en lui une petite vague porteuse d’angoisses très, très, anciennes, quasi infantiles, irraisonnées, et lâche prise en suivant sans même prendre la peine de se mettre en garde en amont. Irrité, ulcéré par la petitesse des chiffres exposés tout du long des diverses estimations et bilans, il entre dans une colère noire, et… Le téléphone sans fil s’envole sans plus tarder en direction de l’imposant bureau de bois massif « équitable » – acheté à grands frais dans un magasin d’import export en partenariat avec l’Inde, le Pakistan, ou quelque chose d’approchant – le manque, et s’en va expirer contre la cafetière pleine, qui tente sans succès d’apprivoiser le vide, se renverse dans sa chute, puis se brise illico presto sur le sol immaculé du lieu. Avisant la veste de son beau costume de lin écru, désormais dévastée par la laide coulée de café bouillant, il en profite pour rappeler à tous que la mère de la cafetière était de petite vertu et bossait tard la nuit autour des rues noires et mal famées de l’Opéra de Marseille, en « free lance » (…)

bande-OM

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– Pan ! Dans l’Étrange Lucarne…
– Je Suis le Nouveau N°2 !

Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

« Parce qu’il n’y a pas (qu’) un « Sud », mais bel et bien deux styles… »
(extraits)

« Lucarne »
Une petite historiette « locale » malicieusement attachée aux crampons (moulés) d’Antoine Maestracci : serveur au Bar des Sports des Arnavaux, mari fidèle, père aimant, grand supporter de l’OM devant l’éternel… 

LE mercredi soir en question, aux alentours des 20 h :

Après avoir patiemment et longuement lutté pied à pied avec l’antenne, notre Antoine s’installe enfin devant la petite télé portative bleue et blanche (tremblante de l’image). Bien calé contre la roche – un sandwich au poulet dans une main et dans l’autre, une bouteille de pastis DÉJÀ mélangé – il se restaure avec envie, goûte pleinement à ce dernier moment de calme en attendant le salvateur coup d’envoi arbitral donnant bientôt sur le triomphe tant attendu… 

Plus ne nous reste désormais qu’à tâcher de comprendre pourquoi le SAMU marseillais a finalement dû récupérer Antoine, quelque vingt-cinq mètres plus bas, le lendemain matin à 8 h 53 très précises ! (Heure locale)… 

« Monaco » 

Quelques semaines, auparavant, j’étais à Monaco. Une ville étrange, inédite, jurant dans le majestueux décor naturel alentour tel un énorme diamant brut juché sur une fine et blanche phalange manucurée à l’excès, qui m’a immédiatement rappelé le mythique Village carton-pâte de la série Le Prisonnier. La ville « haute », surtout. Des rues nettes, immaculées, quasi absentes de toute tension ou frénésie urbaine, sinuant mollement entre des constructions étranges,  d’architecture baroque et disparate ; le tout entouré de nombreuses caméras semblant coller aux basques de tout un chacun : touriste conquis, frontalier en goguette ou « local » costumé affairé. Des caméras postées partout, en fait. Partout, partout, PARTOUT ! 

Salle du Conseil du Palais de Monaco : 9 heures 02.

L’ambiance y est feutrée, retenue, les fenêtres et tapisseries,  séculaires, les intervenants, multiples, obséquieux, de qualité. Soudain, brisant l’atmosphère lénifiante du lieu, l’un d’eux se racle nerveusement le fond de gorge, puis se lance.

L’intervenant N°1 :

« Bonjour, Prince. Voilà, il se trouve qu’en mettant un peu d’ordre en vos nobles entrepôts, nous sommes tombés sur un volumineux stock de marbre, datant de feu le prince Rai… Votre père ! ».

Le Prince Albert (oscillant à peine du sourcil) :
« Ça fait beaucoup ? ».

L’intervenant N°1 (suant à grosses gouttes, désormais) :

« Ben… quelques menues tonnes ! Un bien beau stock, quoi, mais, un tantinet encombrant, en vérité. Et, pour tout vous dire… nous ne savons exactement qu’en faire… ».

(Le tout énoncé d’une voix plus assurée, cette fois, parce que ravi d’avoir ainsi pu réussir à capter l’attention du nouveau maître des lieux).

bande-Anes

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Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

« Parce qu’il est parfois dangereux de prendre le train (de l’amour) en marche… ».
(extraits)

Au début, il ne l’avait pas remarquée.

Que dire d’autre ?

Il l’avait à peine vue entrer et n’avait pas senti de trouble particulier lors de son arrivée. Aujourd’hui, il n’arrivait plus à la rayer de son esprit, à envisager le monde sans son regard, sans son odeur unique, forte, prometteuse (…)

C’est beau, un train ! Ça s’annonce, sans crier gare. Ça avance, sans dévier, ployer ou tituber. Ça traverse l’horizon en un clin d’œil, sans forcer ou peiner ; il suffit alors d’un bref moment d’égarement, ou que l’on se retourne juste un tout petit instant pour répondre à un vague collègue, à une ânerie quelconque, et… Ça a disparu !

Il aimait tout des trains, tout : leurs lignes et couleurs, la solidité qui en émanait, cette étrange capacité qu’ils possédaient à pouvoir se suivre sans jamais se cogner ou se toucher ; le tout allié à cette étrange façon de glisser sans jamais paraître « fatiguer » (toujours « à fond », « faciles », jamais « brisés de douleur sous le joug ») apparemment soumis à cet unique mot d’ordre : disparaître de son champ de vision avant qu’il n’ait eu le temps de mieux les détailler (…)

 

Depuis qu’ils lui étaient apparus et avaient de facto envahi son quotidien, il rêvait de les rencontrer, de communiquer avec eux, avec l’un d’entre eux, au moins, de connaître tous leurs secrets. Où vivaient-ils? Où allaient-ils? D’où venaient-ils? Qui étaient leurs maîtres? Pourquoi étaient-ils toujours pressés? Que transportaient-ils, au juste? Des sacs? Des vieilles ferrailles? Des gravats hyper lourds? D’autres choses encore inconnues, pour l’heure : énigmatiques, étranges, précieuses et fascinantes?

bande-arno

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Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
12 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 4,50€

« Parce que la maladie n’est pas une amie imaginaire… ».

 

(extraits)

À part la petite Lili et son Ergo-Ziston en peluche de Mofat (c’est de son âge !) tout le monde l’a vu. Presque tout le monde lui a parlé, l’a remercié un jour pour ce qu’il nous a donné à tous, à toutes, à tour de rôle !

Ça paraît bizarre, mais, on a fini par s’y habituer, par ne plus le redouter, à force. Les autres ont beau frimer, ça ne me gêne pas de le dire, moi, Arno, que j’avais UN PETIT PEU peur, au début…

Ça fout un petit peu la trouille, quand même, de savoir qu’un… petit garçon d’à peu près son âge traîne nuit et jour dans les couloirs du grand hôpital central : qu’il peut apparaître partout, à tout moment, où que l’on soit, pour nous aider, jouer, courir avec ceux qui le peuvent, ou nous sourire, juste, posté là, tout à côté…

C’est quand je l’ai vu prendre l’apparence du petit dragon androïde ailé de Zelyne – pour la faire rire en imitant tous ses fameux petits mouvements comiques, désordonnés – que j’ai compris ce qu’il était…

bande-gold………………………………………………………….

Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

« Parce que tout ce qui frétille n’est pas d’or… ».
(extraits)

Habituellement, ces lieux débordaient d’activités diverses et variées, de bruit et de fureur, d’insultes et harangues ; une avenue bruissant de monde, d’individus de toutes origines, confessions et ethnies : majoritairement costumés de noir, gris ou bleu, de chemises blanches ou pâles, de chaussures lustrées de frais (leur uniforme à eux !) ha, oui, et puis, sèche et praticable, surtout, la majeure partie du temps, à quelques rares déluges pluvieux, près : des débordements sur asphalte qui rentraient sagement dans l’ordre, quelques minutes, plus loin (dans l’heure qui suivait, au pire). Fort opportunément, d’ailleurs, puisque c’était là, en ces rues New Yorkaises bouillonnantes, fumeuses, glissantes, froides, glacées de verglas ou recouvertes de neige, que Mike « The Walrus » vivait depuis peu…

« Pourquoi on t’appelle « Le Morse » ? C’est par rapport à la chanson des Beatles… I’m The Walrus, c’est ça ? ».

Il ne pouvait comptabiliser le nombre de fois où on lui avait posé cette sempiternelle MÊME question, non, mais ça devait se compter en petites centaines de fois, au bas mot, pour sûr. Tout ça, parce que, lors d’une soirée d’Halloween passée dans le Bronx avec les siens, ses « semblables », il avait piqué un costume de morse à un type encore plus saoul que lui – un mou, un « gentil », une sorte d’adolescent attardé, perdu loin de son quartier – et que cela avait dégénéré par la suite. Comment ? Il ne s’en souvenait plus. Pas même le lendemain matin. Ce sont les autres, justement, qui lui avaient raconté (prunelles débordantes de fierté) comment il avait ridiculisé les flics ; comment il les avait fait tourner longtemps en bourrique avant d’être finalement embarqué ; comment il avait fini par entonner cette fameuse chanson, juché tout en haut d’un large bureau du poste : debout, « à poil »…

bande-elliott

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Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

« Parce que la réussite d’un album tient parfois à trois fois rien… »
(accessoire ? Accessoire ? Est-ce que j’ai une tête d’accessoire ?).
(extraits)

Dieu qu’il l’avait aimé, CE chapeau. C’était rien de le dire. Il l’avait repéré, s’était littéralement jeté sur lui, l’avait quasiment extirpé avec fermeté des mains tremblantes d’une sorte de Dandy allemand trop efféminé pour y croire vraiment lui-même, puis acheté : en liquide, sans même chercher à discuter ou marchander. Pas même pour le principe. L’était pourtant pas donné, cet accessoire « léopard argenté » devenu depuis peu SON indéfectible compagnon de route, recherches, prestige et doutes…

Le marché du disque était diagnostiqué comme moribond, sa mort « clinique », annoncée, quasi budgétisée, de la bouche même des maîtres duHaut Château (paradoxe ultime !) : des Majorsqui occupaient le terrain sans concurrence de taille, qui se partageaient d’avidité le maigre gâteau, postés froidement autour du futur défunt en mode tripartite – tels les alliés Français, Anglais et Américains se partageant Berlin-Ouest la vaincue au sortir de la guerre…

Encore une chance que « sa majesté » ne l’ait pas repéré avant lui. Il n’aurait pas eu l’ombre d’une chance, face à elle ; pas plus osé le lui disputer au point de se fritter à mains nues avec ses multiples gardes du corps. Une lutte âpre, sauvage et sans merci, menée entre l’un des plus éminents représentants de la monarchie vieillissante, et ce qu’elle devait au mieux considérer comme un simple bouffon, un fou, un saltimbanque de banquet corvéable à merci ; un humain de portée limitée qui se devait avant tout de continuer à frayer avec ses (dis)semblables, ou, tout du moins, de rester à SA place : tout au bas de ce fameux ascenseur social restant généralement fiché entre le rez-de-chaussée et le premier (dans le meilleur des cas)…

Kollectiv’mode

Kollectiv’mode est une association artistique atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires qui unissent leurs forces et savoir faire autour du processus de création puis de sa matérialisation (expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales).