KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

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Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
12 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 4,50€

« Parce que la maladie n’est pas une amie imaginaire… ».

 

(extraits)

À part la petite Lili et son Ergo-Ziston en peluche de Mofat (c’est de son âge !) tout le monde l’a vu. Presque tout le monde lui a parlé, l’a remercié un jour pour ce qu’il nous a donné à tous, à toutes, à tour de rôle !

Ça paraît bizarre, mais, on a fini par s’y habituer, par ne plus le redouter, à force. Les autres ont beau frimer, ça ne me gêne pas de le dire, moi, Arno, que j’avais UN PETIT PEU peur, au début…

Ça fout un petit peu la trouille, quand même, de savoir qu’un… petit garçon d’à peu près son âge traîne nuit et jour dans les couloirs du grand hôpital central : qu’il peut apparaître partout, à tout moment, où que l’on soit, pour nous aider, jouer, courir avec ceux qui le peuvent, ou nous sourire, juste, posté là, tout à côté…

C’est quand je l’ai vu prendre l’apparence du petit dragon androïde ailé de Zelyne – pour la faire rire en imitant tous ses fameux petits mouvements comiques, désordonnés – que j’ai compris ce qu’il était…

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Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

« Parce que tout ce qui frétille n’est pas d’or… ».
(extraits)

Habituellement, ces lieux débordaient d’activités diverses et variées, de bruit et de fureur, d’insultes et harangues ; une avenue bruissant de monde, d’individus de toutes origines, confessions et ethnies : majoritairement costumés de noir, gris ou bleu, de chemises blanches ou pâles, de chaussures lustrées de frais (leur uniforme à eux !) ha, oui, et puis, sèche et praticable, surtout, la majeure partie du temps, à quelques rares déluges pluvieux, près : des débordements sur asphalte qui rentraient sagement dans l’ordre, quelques minutes, plus loin (dans l’heure qui suivait, au pire). Fort opportunément, d’ailleurs, puisque c’était là, en ces rues New Yorkaises bouillonnantes, fumeuses, glissantes, froides, glacées de verglas ou recouvertes de neige, que Mike « The Walrus » vivait depuis peu…

« Pourquoi on t’appelle « Le Morse » ? C’est par rapport à la chanson des Beatles… I’m The Walrus, c’est ça ? ».

Il ne pouvait comptabiliser le nombre de fois où on lui avait posé cette sempiternelle MÊME question, non, mais ça devait se compter en petites centaines de fois, au bas mot, pour sûr. Tout ça, parce que, lors d’une soirée d’Halloween passée dans le Bronx avec les siens, ses « semblables », il avait piqué un costume de morse à un type encore plus saoul que lui – un mou, un « gentil », une sorte d’adolescent attardé, perdu loin de son quartier – et que cela avait dégénéré par la suite. Comment ? Il ne s’en souvenait plus. Pas même le lendemain matin. Ce sont les autres, justement, qui lui avaient raconté (prunelles débordantes de fierté) comment il avait ridiculisé les flics ; comment il les avait fait tourner longtemps en bourrique avant d’être finalement embarqué ; comment il avait fini par entonner cette fameuse chanson, juché tout en haut d’un large bureau du poste : debout, « à poil »…

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Un conte moderne de Jacques 2 Chabannes

Format 10×21 cm
20 pages sur 110 g
Couverture sur Iris Vivaldi 240 g
+ Mini-pince fantaisie
Prix : 7,50€

« Parce que la réussite d’un album tient parfois à trois fois rien… »
(accessoire ? Accessoire ? Est-ce que j’ai une tête d’accessoire ?).
(extraits)

Dieu qu’il l’avait aimé, CE chapeau. C’était rien de le dire. Il l’avait repéré, s’était littéralement jeté sur lui, l’avait quasiment extirpé avec fermeté des mains tremblantes d’une sorte de Dandy allemand trop efféminé pour y croire vraiment lui-même, puis acheté : en liquide, sans même chercher à discuter ou marchander. Pas même pour le principe. L’était pourtant pas donné, cet accessoire « léopard argenté » devenu depuis peu SON indéfectible compagnon de route, recherches, prestige et doutes…

Le marché du disque était diagnostiqué comme moribond, sa mort « clinique », annoncée, quasi budgétisée, de la bouche même des maîtres duHaut Château (paradoxe ultime !) : des Majorsqui occupaient le terrain sans concurrence de taille, qui se partageaient d’avidité le maigre gâteau, postés froidement autour du futur défunt en mode tripartite – tels les alliés Français, Anglais et Américains se partageant Berlin-Ouest la vaincue au sortir de la guerre…

Encore une chance que « sa majesté » ne l’ait pas repéré avant lui. Il n’aurait pas eu l’ombre d’une chance, face à elle ; pas plus osé le lui disputer au point de se fritter à mains nues avec ses multiples gardes du corps. Une lutte âpre, sauvage et sans merci, menée entre l’un des plus éminents représentants de la monarchie vieillissante, et ce qu’elle devait au mieux considérer comme un simple bouffon, un fou, un saltimbanque de banquet corvéable à merci ; un humain de portée limitée qui se devait avant tout de continuer à frayer avec ses (dis)semblables, ou, tout du moins, de rester à SA place : tout au bas de ce fameux ascenseur social restant généralement fiché entre le rez-de-chaussée et le premier (dans le meilleur des cas)…

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De Toute Urgences…

Je parlais l’autre soir à mon psy, le nouveau que m’a conseillé ce cher Dr. Levy – celui qui suçote tout le temps son stylo en faisant des petits bruits continuels très « humides », très « sexués » (carrément gênants) – de ces gens qui vivotent difficilement au contact l’un de l’autre sans même s’en rendre compte ; qui changent peu à peu de personnalité en profondeur à cause des habitudes de vie commune qu’ils adoptent puis subissent pourtant de leur plein gré sous couvert couple ; qui tendent peu à peu à se lisser puis disparaître de glauque au contact de l’autre : tellement qu’ils ne pensent finalement plus qu’à se reproduire ou à faire « construire », espérant ainsi s’en « sortir » dignement ou y échapper, les cons…

Il m’a alors regardé sans mot dire, durant quelques longues secondes (minutes ?) puis m’a demandé ce que j’avais pensé de ma récente hospitalisation et comment je l’avais vécue en mes « chairs » intimes… l’enfoiré !

Genèse…

Ce Mardi 8 Mars, donc, comme c’était le retour de la « Journée de la Femme », je me suis arrangé avec un collègue célibataire et suis parti plus tôt du boulot. Fermement résolu à tout faire bien – contrairement à l’année précédente, vu que je l’avais carrément « oubliée » et que ça avait « chauffé »… – j’ai couru comme un dératé au travers des rues du centre-ville pour lui acheter des fleurs en bouquet, une paire de bas avec porte-jarretelles assortis (hors de prix) plus un gadget « coquin » destiné aux solitaires, juste pour elle, quoi : des petits œufs lisses comme tout prêts à se fourrer partout, partout…

Bien décidé à faire remonter ma côte d’amour, j’y ai également ajouté une belle boite de chocolats, sur laquelle j’ai dessiné un cœur à la hâte avec mon marqueur blanc (avec nos initiales dedans) et finalement happé une bonne bouteille de champagne reconnue de la qualité ! J’étais cette fois au top, rien moins.

Une fois revenu en nos foyers, j’ai vite installé un grand nombre de bougies – éclairantes et parfumées – un peu partout, entre vestibule, salon et chambre, puis disposé mes paquets (joliment enveloppés) bien en évidence sur le canapé. Connaissant ses p’tites faiblesses du « dedans », j’ai posé le dernier album de Marc Lavoine sur la chaine stéréo (malgré mes réticences légitimes de mélomane accompli) puis ai attendu fébrilement son retour : sagement assis sur la canapé et revêtu de ma plus belle chemise de soie, débordant d’espoirs très érectiles. Hélas, lorsque ma bien-aimée a franchi le seuil de notre appartement et m’a finalement vu ainsi allongé, « alanguis », lové d’attente au plus profond du cuir noir épais, nanti de mon sourire le plus large (niais ?) elle s’est mise tout d’abord à glousser, puis à rire franchement. Après s’être fendue ainsi la poire, sans se cacher, elle m’a alors lancé en pouffant, le maladroit, très maladroit, trop maladroit :

« Tu te trompes, mon pauv’ MAMOUR, tu te trompes… je t’assure! C’est pas la St Valentin, aujourd’hui… c’est juste la Journée de la FEMME ! C’est pas du tout pareil ! Et tu le sais bien… non ? En plus, en plus, ben, faut qu’tu saches que j’ai, mes… Enfin, bref, que tu peux déjà commencer par enlever ta chemise de soie pour mettre ton jogging, parce que c’est très, très ABONDANT, cette fois, en plus ! Et puis, tu sais très bien qu’demain j’ai « réunion », comme tous les vendredi ! Je suis désolée, mon pauv’ chou, mais… tu t’es vraiment donné de la peine pour rien, cette fois… ».

Elle s’est alors approchée de moi, s’est baissée et a posé doucement une bise sur le haut de mon front. Sur le FRONT, putain, moi qui n’ai jamais supporté « ça », jamais ; elle le sait très bien, c’est par trop maternel comme geste, pour que je l’accepte venant d’elle (même si ma mère n’en a jamais abusé de notre vivant commun…). Pris d’une rage rare, incontrôlée, je l’ai alors saisie par l’épaule et l’ai embrassée très fort sur la bouche, tout en caressant vigoureusement sa belle poitrine naturelle que mes vieux amis m’ont toujours envié. Inexplicablement, elle a alors tenté de se dégager puis s’est carrément énervée parce que je résistais en la maintenant serrée très fort contre mon torse, entre bras et buste, façon étau. Perdant subitement patience (et la maîtrise de ses nerfs) elle a hurlé, comme jamais : « Putain, mais lâche-moi, tu m’fais mal ! », avant que de se mettre à me mordre très fort au niveau du cou, jusqu’au sang, sans cesser un instant de hurler et se débattre. Retrouvant ses noirs instincts et le plus laid des gestes d’autodéfense (des cours offerts par mes soins pour la « protéger des salauds ! ») elle m’a finalement gratifiée d’un sec coup de genou dans les parties génitales, au moment même où je commençais enfin à relâcher un peu mon emprise initiale ! Voulant la saisir par les cheveux à la « garçon », en guise de contre attaque, parce que fou de douleur, je me suis hélas penché un peu trop vite en avant et suis parti « embrasser » de tout mon être la vitre de la petite table de bois Japonais du salon : celle-ci a instantanément explosé sous la violence du choc.

Synthèse…

Je dois dire qu’elle se sera tout de même montrée très « sport », in fine, ma Katie à moi, puisqu’elle aura eu la gentillesse de me conduire immédiatement aux Urgences de l’hôpital de La Conception ; en cet endroit très moche et qui ne sentait pas bon, des gens serviables (précis, doux et à l’écoute) auront rapidement su stopper l’impressionnante hémorragie déclarée, avant de me poser une petite cinquantaine de points de suture sur le haut du crâne. Une cinquantaine, au bas mot !

(Récit des faits passés volontairement sous « silence », vis-à-vis du psy, j’assume…)

Hôpital de La Conception, quelques minutes plus loin :

Tandis que l’on décidait finalement de me garder en « observation » pour la nuit, tout en bandant mon cou amoché et griffé, ma Katie à moi n’a pu s’empêcher de me glisser malicieusement dans le creux de l’oreille, le polémique et très pernicieux :

« Je te remercie d’avoir pensé à MOI pour la journée de la femme… mamour ! Je vais enfin pouvoir passer une nuit complète sans t’entendre RONFLER de longue comme un phacochère… juste à côté ! De quoi arriver enfin en forme à ma réunion. C’est très gentil, merci à toi, vraiment, c’est… trop Chou, mamour ! ».

Elle s’est alors éclipsée en chantonnant doucement le fameux « tes yeux révolvers… », tandis que je me mettais à sangloter doucement d’ego piétiné en regardant par la fenêtre crépiter les moches néons éclairant la rue : unique point de vue autorisé depuis les fins fonds de mon lit de fer fonctionnel…

« So, hold me close honey / Say you’re forever mine / And tell me you’ll be my lonely valentine… » (B. Springsteen : Tunnel of Love).

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