KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

 

 

Ce vendredi 5 Juin, à l’occasion de la venue de « Sir » Paul Mc Cartney à Marseille, Kollectiv’Mode organise une JOURNÉE D’AVANT CONCERT, au(x) Mots Des Thés (92, Cours Julien / Marseille).

 

À cette occasion, entre 10 H 30 et 16 h 30, mix musical bâti autour de l’immense carrière du musicien Anglais – entre The Beatles, The Fireman Project, Wings et albums enregistrés sous son nom propre… – plats & desserts spéciaux confectionnés pour l’occasion et déballage de disques…
L’opportunité de fêter ensemble, avant départ vers le vélodrome, cette occasion UNIQUE en se posant, PAISIBLE, sur un coin de terrasse ombragée située à 3 ARRÊTS DE MÉTRO DU STADE à peine (ligne directe !).

 

« All Together Now »…

Pour tout renseignement :
kollectivmode@gmail.com
06 72 96 22 26

Jusqu’au 8 juin prochain (dû à une forte demande et des torrents de larmes déversés par les visiteurs du lieu et indénombrables fans de l’artiste) l’exposition-vente des œuvres sur Arches et papier de Lof (encres, fusain et techniques mixtes) sera prolongée au Restaurant / Salon de Thé / Lieu d’Exposition / Magasin de Disques : Les Mots des Thés ! (92, cours Julien/Marseille).

 

Nous nous ferons un réel plaisir, de vous y accueillir en nombre…
À très bientôt !

KM

 

Horaires d’ouverture :
Du mardi au samedi de 11 h 30 à 19 h (sans interruption)
Infos au : 06 12 14 18 54 (et/ou kollectivmode@gmail.com)

Juste un « rapide », afin de vous signaler, que le samedi 25 avril prochain (à partir de 20h) Kollectiv’Mode co-organisera une soirée « Dégustation/Accords Mets et Vins » au restaurant/salon de thé : Les Mots des Thés !

3 plats et 3 vins choisis au mieux pour les accompagner (ainsi qu’une bande-son appropriée choisie parmi les nombreux 33t/CD & 45t que propose également le lieu lors de ses déballages!)

25 Euros/personne
(réservation conseillée : 06 72 96 22 26 & 06 12 14 18 54).

Les Mots des Thés
Restaurant / Salon de thé / Boutique
92, cours Julien 13006 Marseille

Séance De Rattrapage À Ne Surtout Pas Manquer !

Samedi 20
& Dimanche 21 décembre

Les Mots des Thés !
92, Cours Julien / Marseille

Suite au succès de son « Vernissage + Showcase (Martin Mey) » du dimanche 7 décembre, Kollectiv’Mode en rajoute une (double) couche !

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Ultime occasion de pouvoir admirer en « vrai » (ou acheter) les œuvres originales du Peintre/Musicien New Yorkais Joseph Arthur (reconnu et exposé depuis près de 10 années entre Londres, New York, Macao, San Francisco, Los Angeles, Philadelphie, Montréal, Toronto, Mexico, Paris et… Ici !) et auteur d’albums remarqués (Big City Secrets, Nuclear Daydream, The Ballad of Boogie Christ Act 1&2) tournées mémorables et collaborations réussies (avec Ben Harper & Dhani Harrison, Michael Stipe & Mike Mills/REM, Peter Gabriel, Jeff Ament/Pearl Jam, etc.) depuis la lointaine 1997…

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Une exposition-vente incontournable, à quelques jours de Noël, accompagnée de vinyles rares et coffrets, CD & DVD, produits dérivés et livres édités par Kollectiv’Mode Ed., de bonnes choses à boire et à manger…

De quoi se réjouir l’œil et la panse, tout en faisant ses derniers achats de NOËL !!!

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PLUS D’INFOS ICI (ou au 06 72 96 22 26) :

flyer 20-21 decembre Expo Joe

http://kollectivmode.com/

http://kollectivmode.com/category/edition/

Joseph Arthur :

http://www.josepharthur.com/

http://www.museumofmodernarthur.com/exhibitions.html

http://www.museumofmodernarthur.com/

Fan(s) Site :

http://lonelyastronauts.com/news.html

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Martin Mey sera par ailleurs en concert ce vendredi 19 janvier à la Friche de la Belle de Mai pour accompagner la sortie de son bel album : Taking Off ! À ne (surtout) pas manquer !

http://www.martin-mey.com/

Time Fades Away…

Il y a une année de cela, jour pour jour, l’artiste natif d’Akron (Ohio) Joseph Arthur exposait certaines de ses œuvres à Marseille, à l’initiative de notre Kollectiv’ !

http://kollectivmode.com/category/expo/

Une série de peintures originales, dessins et lithographies, accompagnée toute la journée durant de la chaleureuse présence du plasticien-songwriter, avec, olive noire sur la coke, un showcase acoustique de près d’une heure offert (en compagnie de son bassiste Rene Lopez) aux très nombreux fans et amateurs de peinture présents à cette unique occasion.

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« Lorsque il a commencé, il y a quinze années de cela, j’ai été frappé par la force et la qualité viscérale des peintures de Joe. Elles semblaient connecter entre-elles, l’Expressionisme et l’Art Brut, Basquiat et le mouvement du Graffiti. Je me revois l’encourager à prendre la peinture très au sérieux, et ça a été un très grand plaisir, que de suivre son évolution. Joe est quelqu’un d’inhabituel, un artiste intéressant et talentueux. En matière de musique et d’art». (Peter Gabriel).

Un franc succès qui nous pousse dès aujourd’hui à remettre « ça » le 7 décembre prochain en un lieu différent et atypique, armés d’une série d’œuvres sur toiles ou papier déjà exposées lors de cette précédente occasion et d’un « assortiment » de quelques autres, inédites, elles…

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Un événement, certes privé de la présence de l’artiste (actuellement en Tournée US) mais qui bénéficiera néanmoins de la présence musicale, d’ores et déjà « signée », assurée, d’un Musicien Français de haute volée à la veille de la sortie nationale de son abouti prochain album…

Venez par bus entier assister à cet événement hors-normes et prometteur, avec, pour unique mot d’ordre, la certitude de combler quelques heures durant l’ensemble de vos sens en compagnie des trublions passionnés de Kollectiv’Mode !

Un remède anti-stress garanti à l’orée des habituelles et (en)cycliques fêtes de fin d’année…

« Je trouve la vision de l’Art qu’avait Andy Warhol, parfaite, pour moi : créer, produire de l’Art, et, pendant que les gens se demandent s’ils aiment ou pas, créer encore… » (Joseph Arthur).

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A New-Yorker in Méounes…
(L’Autre Côté…)

En marge de la sortie de l’excellent ImMortel/Universal (à sortir tout bientôt, le 15 septembre prochain) et de l’ultime show de pré-tournée donné par CharlElie et son groupe, lors du Festival de Néoules (http://www.concertandco.com/critique/concert-charlelie//48805.htm) retour sur l’interview du bonhomme réalisée ce même 17 juillet 2014 et enregistrée sur la terrasse ombragée, accueillante et salvatrice, de l’hôtel-restaurant La Source (Méounes).

Un léger voile de fraîcheur semble enfin décidé à se poser lentement sur Méounes, après une journée étouffante (34° tout du long, peu ou prou) : les cols de chemise et épidermes sèchent lentement, et les jambes… lourdes !

Verre en pognes et sourcils tendus d’expectative, l’homme happe quelques amuse-gueules en riant de communion avec ses musiciens, détend ses jambes puis s’approche benoitement de la petite table de fer prévue à cet effet. Il est en passe de boucler une première partie de tournée (un « tour de chauffe ») destiné à « roder » les chansons du très très prometteur ImMortel, produit par l’un des incontournables de la scène musicale hexagonale actuelle : Benjamin Biolay. Après quelques dates bouclées en mai, il est récemment revenu promener sa trogne au sein du landernau de la Variété Française, alors en pleine séance d’autocongratulation à l’occasion de la « trentième » des Francofolies, a donné le « top départ » de sa toute nouvelle exposition (Portraits Intérieurs) et visité quelques scènes, dont la dernière aujourd’hui, lors du Festival de Néoules ; ceci avant de repartir tout bientôt vers sa New York de ville… d’adoption. La rentrée sera en effet chaude pour lui, avec la sortie d’un nouvel album, la réédition de certains de ses disques (difficiles à trouver, aujourd’hui) et près de soixante-dix dates à assurer un peu partout, en divers points de notre planète plus très bleue…

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Afin de savoir où (qui ?) nous en sommes, il enlève ses lunettes, se soumet au rituel des « test son », plante résolument ses yeux dans les miens, me fait signe qu’il est désormais prêt, que l’on peut « y aller »…

Nous sommes à quelques semaines de la sortie de l’album : est-ce que le fait d’avoir de nouveau été « signé » par une MajorUniversal, en l’occurrence – va faire en sorte que tes disques redeviennent « visibles », redonner accès à ta discographie qu’on peine désormais à trouver en magasin ou sur le Net

CharlElie :
C’est vrai, oui mais, ça va changer. Très certainement. Universal va bientôt remettre en place des « choses » qui étaient plutôt au « calme », depuis un p’tit bout de temps…

C’est le moins qu’on puisse souhaiter, parce que, en dehors du circuit de l’« occasion », c’est devenu très difficile, voire impossible, de mettre la main sur nombre de tes albums. Parfois parmi les plus « connus » ou fondateurs, en plus…

 C (un rien fataliste) :

Tout cela est lié à une relation un peu « figée » qui s’est établie avec le « monde » en général. Ces dernières années, la relation établie avec ce que je fais, était devenue plus… distante, en fait ! Peut-être que, moi aussi…

Tu penses vraiment t’en être éloigné ? Je t’ai toujours trouvé très impliqué dans ta relation avec la musique… TA musique !

C (il lève le yeux au ciel, arbore une moue dubitative, prends le temps d’y réfléchir) :

Je ne sais pas, écoute… je reviens des Francofolies, où j’étais bien content d’y jouer mon spectacle, d’ailleurs, mais… quand j’essaie de me souvenir, lorsque j’y suis allé pour la dernière fois… c’était il y a 18 ans !

… Pour la sortie des Naïves, oui !

C : Oui, avec Les Naïves, oui : ça fait un bail, pas vrai ? Apparemment, je ne leur ai pas manqué, puisqu’à chaque fois qu’on a essayé d’y « aller »… c’était « non ! » ou bien « pas possible ! »… (moue dubitative).

J’ai lu, ici et là, au niveau des premières chroniques déjà parues à propos du futur ImMortel, que cet album était une « réussite », le « retour à quelque chose de plus abouti et digne d’intérêt ! », sous entendu « depuis longtemps ! ». D’une certaine façon, c’est un peu comme si vous n’aviez rien fait de positif ou audible depuis des années, alors que, pour ma part, j’ai beaucoup aimé New-Yorcœur et également fort apprécié Fort Rêveur… même si nous aurons été peu nombreux à en parler, à les jouer ou les diffuser sur les ondes hexagonales, au moment de leurs sorties respectives…

C (il secoue la tête, pensif) : Je ne sais pas. Peut-être que mes disques étaient…  Je me rends compte aujourd’hui, avec le nouveau, que mes disques récents étaient peut-être « difficiles » ! Là, cette fois, pour ImMortel, Benjamin (Biolay) a trouvé une sorte de commun dénominateur entre les chansons et, tout en faisant des choses diverses, il a fait en sorte que l’on puisse écouter le disque… sans même l’écouter, si je puis dire ! Enfin, on peut l’« entendre », sans avoir à l’écouter… Alors, que, si j’avais un reproche à me faire, en termes de production, je dirais que j’ai souvent exagéré les effets…

Comme avec New-Yorcœur, par exemple ?

C Oui, avec New-Yorcœur, c’est typique ! C’est un disque qui contient des chansons, qui sont toutes bien, ok, mais prises, « une par une » ! Les chansons « Rock », sont super « Rock », et les chansons « mélo », super « mélo »… Une chanson comme, Ton Jour de Gloire, par exemple, qui est douce, ironique, mais douce… si tu la compares avec Spielberg… où, là, ça pète fort, c’est demander beaucoup d’efforts aux gens, de leur demander de me suivre dans un domaine et ET dans un autre : l’amplitude est grande… Si tu t’adresse aux gens qui aiment mes disques et leur diversité dans la proposition, pas de problème, mais, pour les autres, ceux qui ne veulent pas avoir à se poser de questions et qui peuvent aimer, soit l’une, soit l’autre, de ces formules, c’est très différent… ce que j’ai compris au moment de la sortie de New-Yorcœur ! Après… j’ai fait un autre disque dont je suis très fier, le Fort Rêveur !

… Qui est superbe et homogène, vraiment !

C : Superbe, oui, et… dont les chansons étaient choisies un peu dans le même acabit, le même esprit ! Produit par un très bon producteur de la côte ouest (des Etats-Unis) d’ailleurs : Sean Flora. Mais, ce disque n’a pas trouvé d’écho au moment de sa sortie : très peu de gens ou médias ont daigné parler du disque, pour diverses raisons, autres que sa qualité. Quand tu te rends comptes que Rock & Folk n’a pas écrit UNE ligne dessus ! Pas un mot dessus… rien dans Les Inrocks, rien chez les autres… tu te dis : « j’suis qu’une merde, alors, c’est ça ? ».

Tu sais… nous avons été peu nombreux à le « jouer » ou en parler, au moment de sa sortie (2010). Je n’ai d’ailleurs jamais eu de réponse « officielle », concernant l’album… pas reçu de « promo », au niveau de la « prod », rien ; j’ai même dû l’acheter, pour pouvoir le passer en radio et en parler…

C (visiblement ennuyé) : Ouais, ouais, je sais ! C’était difficile, mais… je n’y étais pour rien ! En fait, c’qui s’est passé, quand le disque est sorti, c’est que… j’avais moi, l’sentiment, que si les CD s’étaient cassés la gueule, c’est parce qu’ils n’étaient pas « beaux » ! Que l’objet CD était trop petit et ne correspondait pas à l’aspiration « physique » que les gens ont d’un album… qu’il fallait donc faire un objet plus grand. J’ai alors conçu un disque (pour Fort Rêveur) que j’ai appelé le « 24X24 »… qui fait deux fois la taille d’un CD et qui comportait un packaging « pensé »…

… L’édition limitée est très belle, par ailleurs…

 C : Elle est magnifique ! Mais, lorsque je suis allé le proposer aux maisons de disques… celles-ci m’ont dit : « impossible ! Les disquaires n’en voudront pas ! ». Je leur ai dit : « achetez-moi le concept, alors, et faites-en d’autres ! ». On m’a dit : « vous rigolez ! On a autre chose à faire, que « ça » ! ». Comme ils n’en voulaient pas, je l’ai alors sorti sur Vente Privée. Mais, comme Vente Privée (vente-privee.com) n’était pas considérée comme une maison de disques ou un « medium » culturel… vu qu’il vendaient des habits, on m’a répondu : « on en parlera lorsqu’il sortira chez une vraie maison de disques ! ». Pourtant, lorsqu’il est sorti chez une « vraie » maison de disques, deux mois après… les médias ont répondu aux attachés de presse : « non mais attends, le disque à deux mois… on n’va pas en parler maintenant ! ». Ha, ouais, mais attendez, vous n’en avez déjà pas parlé l’aut’ fois, il y a deux mois : « ben oui, mais, y’a déjà d’autres choses qui sont sorties depuis, alors… ».

… Tu parles, ils chroniquent parfois certains disques, des mois après, chez Rock & Folk, et autres canards musicaux…

C : Exact ! J’ai eu l’impression d’avoir été grandement abandonné, quoi : j’étais qu’une merde, un « truc » dont on ne parlait pas… alors, bon, ça m’a fait de la peine, et… j’me suis alors dit que j’allais enregistrer un disque en Anglais, pour le marché Américain ! L’année d’après, donc. Il s’appelle : Be Yourself … chanté entièrement en Anglais et produit par le clavier de Patti Smith : Bruce Brody.

C’est un disque qui est entièrement « achevé », fini, mixé ?

C : Oui, il est superbe. Mais… quand la maison de disques Américaine – que j’ai approché pour le sortir, qui l’avait écouté et le trouvait « superbe ! » –  m’a demandé sur quelle « Fan Base » (potentiel de fans) on pouvait s’appuyer, j’ai répondu : « objectivement, si je vous parle de ma Fan Base, c’est plutôt en France qu’elle se trouve, pas aux États-Unis ! ». Et, vu que sur le Net, c’est majoritairement des Français qui étaient capables de s’y intéresser… ils m’ont alors répliqué que c’était en France, qu’il fallait le « sortir ! ». Mais, bon, si je l’ai fait en Anglais, c’est pas pour le marché Français !

Évidemment, sinon, où est l’intérêt ? Il en est où au fait, actuellement, ce disque ? C’est enterré, ou bien toujours une possibilité…

C : Ils m’ont alors dit : « si il venait à être utilisé dans le cadre d’une série Télé, là, peut-être qu’on pourrait s’appuyer là-dessus pour le sortir ! ».

Et, au final ?

C : À l’arrivée… Il tourne actuellement en téléchargement sur un site privé dédié entièrement aux « recherchistes » qui travaillent pour le cinéma ou les Séries Télé, à la demande du label Américain. Il n’est pas accessible autrement. Quant à moi, je ne voulais pas le sortir en France, pour ne pas que les gens me fassent la gueule ou se disent : « ha, ça y est ! Maintenant qu’il vit aux Etats-Unis, il ne chante qu’en Anglais, etc… », tu vois l’genre ? C’était en 2012/2013, et… je me suis alors dit que je ne pouvais pas sortir autre chose ici qu’en Français, et… comme ça s’était super bien passé avec Benjamin (Biolay) au moment de mon spectacle au Casino de Paris

… Il était monté sur scène à tes côtés, à cette occasion…

C : … Exact ! Alors, quand lui aussi à « fait » le Casino en févier 2013… je lui ai demandé si ça lui dirait de travailler avec-moi sur un nouvel album, ses yeux se sont allumés et il m’a immédiatement dit : « Ha ouais, super, très volontiers ! Tope-là, ça marche ! ». C’est comme ça que les choses se sont mises en route. Il a par ailleurs travaillé sur une première « séquence de travail », avant même qu’il y ait la maison de disques derrière, ce qui est quand même une preuve de confiance… et puis après, Universal ayant entendu les premiers extraits…

… Ils vous ont donc signé sur l’« idée » même de votre association, plutôt que sur un album « clé en mains » ?

C Oui, c’est ça. Universal a alors signé sur l’idée et nous sommes repartis en studio pour refaire certains trucs.

J’avais ouï dire, qu’il y aurait eu une première rencontre avec Benjamin au niveau d’un disque « hommage » consacré à tes chansons par divers artistes ou groupes Français…

C C’était avant, ça, c’était en amont. Au départ, quand je t’ai parlé du fait de « travailler » sur quelque chose ensemble, c’est que Benjamin avait accepté l’idée d’être le producteur de ce disque de « reprises » par d’autres artistes, et puis, comme ça mettait des plombes à se faire… le jour où je suis allé le voir dans sa loge, je lui ai dit : « plutôt que de perdre du temps avec un disque qui ne se fait pas, ça t’dirais pas d’avancer sur un truc qui peut se faire… et qui tiendrais la route, au moins ? »…

… Surtout que c’est toujours difficile d’arriver à fédérer divers artistes ou groupes au même moment, autour d’un même projet : niveau « agenda », tournées et disques respectifs à enregistrer ou promotionner…

C (il me regarde fixement, semble convenir et y penser) : … C’est aussi pour cette raison que ça a pu se faire, en fait !

Pourquoi ce choix très précis de Benjamin Biolay, au niveau de la production de ImMortel ? Vous êtes tout de même sur deux champs, deux univers, assez distincts… à la base. Une différence importante qui aura finalement pu servir à l’élaboration et à la réalisation de ce nouveau projet ? Est-ce que cela a fondamentalement changé votre façon de voir les choses, en termes d’enregistrement ou bien sur la façon de bâtir puis accoucher d’un album…

C (il se redresse et l’œil pétille, tandis qu’il s’avance au-dessus de la table) : Ouais ! En même temps, même s’il y en a plein, des différences… Moi, je suis un artiste, lui est un musicien, un compositeur… Il est envahi par la musique ! Il a des connaissances musicales tous azimuts, il sait beaucoup de choses… Il a une formation de musicien, et moi de plasticien. Mais, dans les deux cas, on utilise la musique, si je puis dire… Dans le cadre de cet album, j’en suis le concepteur : comme un architecte peut dessiner les plans de quelque chose, mais, hé… c’est pas l’tout de dessiner les plans, il faut encore en faire quelque chose. À ce niveau-là, la musique que l’on entend est celle de Benjamin. Faut dire, que, moi, je suis venu avec ma guitare acoustique et mon chant ; lui ai chanté les chansons, et, fort de cela, il a créé l’espace autour. Je suis arrivé nu et voulais au minimum, d’ailleurs, je ne l’ai pas fait, donner des informations ou pistes à suivre dans ce domaine ; parce qu’il savait très bien ce qu’il avait à faire. Il a d’ailleurs une capacité d’écoute qui est fascinante. C’est un gars qui, en ce moment, en tout cas, sait entendre, et « ça », c’est vraiment rassurant…

… Il est donc responsable de la totalité des arrangements de l’album et le concepteur du « son » qui le caractérise…

C : Oui, encore une fois, je suis arrivé « tout nu » devant lui et il m’a dessiné mon costume, tu vois ? C’était intimidant, d’arriver à poil, comme ça…

… Il a fallu instaurer puis gagner cette confiance…

C (il confirme, opine du chef) : Oui, mais… dès les premiers instants, j’ai eu le sentiment, que… même lorsqu’il était derrière la vitre et que j’avais ma guitare à la main… il passait à travers les fibres, quoi. Dès qu’il a ouvert la porte, à la fin de l’interprétation de la toute première chanson, pour me dire : « ça, c’était quel accord ? »… un Ré Mineur, ou un Sol, je n’sais plus, bref… comme je savais que je l’avais effectivement joué entre les « deux », cet accord, ben… c’était très rassurant de savoir qu’il y a quelqu’un qui, d’office, va le savoir, lui…

… C’est confortable…

C : Rassurant. C’est comme quand tu écris et que quelqu’un compte les lettres en même temps qu’il lit les mots. Du coup, il s’est amusé avec ce que cela lui suggérait et, moi, j’ai pu me laisser aller à l’expression pure de MON truc, sans être à la fois juge ET parti. Sur beaucoup de mes disques, j’ai tellement passé de temps à me dévaloriser, pour qu’il ne soit pas dit que MOI, je me valorisais… que, à l’arrivée, ça ne m’aura pas toujours aidé à faire ce que je souhaitais au départ. C’est ça, le charme. C’est un gars qui est très charmant, dans le sens presque « sorcier » du terme…

… C’est un magnétisme ?

C : Oui ! Il n’est pas facile, non plus… C’est pas un homme doux ou « offert », non… Du dernier jour, comme au premier, je ne savais même pas si on était « copains », mais… quand on entend le résultat, je me rends compte à quel point je l’en remercie…

… Ça n’était pas le « but » principal, de toute façon.

C (il appuie ses dires en tambourinant sur la table, avec la paume de sa main droite) : C’est ça ! Y’a des gens avec lesquels t’es très copain et… j’ai l’habitude de dire, que, quand on est un personnage public, il y a trois choses essentielles : ce qu’on est, ce qu’on fait et ce qu’on présente. Y’a des gens qui sont des gens charmants, mais qui font de la merde ! Des gens qui sont insupportables, mais qui font des choses très bien, et… des gens qui sont très « influents », alors qu’ils ne font rien ! Reste à savoir ce que l’on veut. Médiatiquement parlant, t’as des mecs qui sont importants dans les médias, alors qu’il n’y a rien « dedans », et puis, à l’inverse… etc., etc. (le tout accompagné d’un sourire énigmatique, suivi d’un léger étirement : comme pour mieux marquer le coup et se/nous laisser le temps de mettre quelque visage connu, sur certaines de ces « catégories » de personnages…).

Le show donné à Marseille en mai dernier, auquel j’ai pu assister – chronique, ici : http://www.concertandco.com/critique/concert-charlelie/le-poste-galene-marseille/48335.htm – était par ailleurs très abouti, musicalement parlant, pour un « Tour de Chauffe » : la Setlist était agrémentée de morceaux balayant quasiment l’ensemble de votre discographie et diverses périodes… le groupe semblait déjà très au point et composé de grands musiciens, tels : Karim Attoumane (guitares), et Denis Benarrosh (batterie). Une tonalité musicale très variée également, en termes de son, quoique foncièrement « Rock » et nantie de guitares très Blues… Le tout restant relativement épuré, niveau arrangements…

C : Oui, c’est vrai, oui, plutôt pas mal, et… j’ai essayé de piocher un peu partout, mais, bon… Faut dire que la présence de Denis Benarrosh à la batterie, qui a joué avec Benjamin et qui est le batteur du disque ImMortel, amène une sorte de pondération rythmique qui permet à Karim de se lâcher comme il le veut… Une belle section basse/batterie, avec Bobby Jocky à la basse ! On a commencé à tourner ensemble, sur la fin de la précédente tournée, et… c’est un très beau bassiste : beau son et belles notes ! Ce qui fait que j’ai un groupe cohérent, quoi, avec lequel j’ai plaisir à jouer… J’ai le sentiment que le tour de chant auquel tu as assisté à Marseille, c’est un récital que je pourrais faire à Rome, à Oslo, à Santiago du Chili ou à San Diego en Californie ! Sans connaître rien de ma musique, ni de ce que je suis, ça doit pouvoir faire faire un véritable voyage, quoi… voilà.

Même si cela sonne déjà très en place, carré… que l’on sent déjà que l’ensemble a une certaine « assise », j’ai eu aussi l’impression qu’il y avait des moments ou tu laissais « flotter » les choses, les laissais avancer ou suivais carrément l’inspiration du moment…

C (il sourit : manifestement ravi du compliment) : Ben… oui ! Y’a de ça aussi, oui. Tiens, l’autre soir, à La Rochelle, il y a deux jours, nous avons dû jouer un spectacle qui devait nécessairement être plus « condensé », vu qu’on n’avait droit qu’à une heure de show, et… du coup, les marques étaient forcément différentes et c’était rigolo de voir à quel point l’entrée dans les morceaux était différente, très… intéressant. C’est comme un gars qui court un 3 000 m, à qui on demande d’un coup de courir sur 1 500, tu vois…

… Oui, les repères ne sont pas les mêmes, forcément. Tout doit donc se réajuster, au fur et à mesure…

C : Les repères ne sont pas les mêmes, et, comme nous sommes au tout début de la tournée, c’était rigolo de voir comment chacun (des musiciens) réinventait les morceaux, enfin, la « relation » avec… Côté public, beaucoup ne se rendent compte de rien, mais pour nous, par contre, à l’intérieur… Et, tu verras, ce soir, on va bien s’amuser. C’est le dernier spectacle de l’été, en plus, avant d’attaquer la grande tournée de la rentrée…

Une tournée plutôt longue et qui passera un peu partout…

C : Oui, je pense surtout que ça va nous trimballer pour un bout de temps, et… que je suis reparti sur de bonnes bases… surtout.

Au niveau du public, comment est-ce que le spectacle a été accueilli, enfin, plutôt… comment est-ce que vous percevez votre relation avec ce public, dont certains semblent redécouvrir que vous êtes toujours en « activité », tandis que d’autres peuvent avoir une mémoire plutôt partielle, ou « élastique »…

C : Je crois qu’il y a un moment pour tout. C’est aussi une question de contexte. C’est important de voir, ou comprendre, pourquoi les choses ont les accepte d’untel, et pas d’un autre. Depuis que je suis à New York… Depuis que j’ai la nationalité Américaine, je peux me permettre de dire des choses qui n’étaient pas acceptables avant. Maintenant… ça fait dix ans que je me suis installé là-bas, reconstruit, sans l’aide de personne… ils peuvent dire ce qu’ils veulent…

Vous revenez avec un autre rapport aux choses, une sorte de « distance », une plus grande… sérénité ?

C : Oui ! Une plus grande sérénité et un autre regard sur moi-même. Ce que j’évoquais tout à l’heure, sur le fait que j’ai quelques fois trop souligné les effets, niveau production, et que ça m’a parfois fois nui, je crois… je ne m’en étais pas rendu compte, avant quoi, tu vois ? À New York, j’ai appris à me définir par ce que je suis. En France, on est souvent défini par les autres…

… Ou bien « classé », rangé dans un casier bien défini… à vie !

C : On te dit : « tu es ceci, tu es cela ! ». Pour moi, c’est difficile. Quand on me disait : « tu es en dehors des entiers battus ! »… Enfin, ils utilisaient souvent cette formule : « CharlElie, le Lorrain à la barbichette, à la voix nasillarde, qui continue son chemin en dehors des sentiers battus ! » ; entre dire ça et me mettre dans le fossé, y’a pas loin, enfin… c’est pareil ! Et puis que l’fossé serve de fosse septique, c’est tout comme…

…  C’est même pas réducteur, c’est quasiment mensonger et insultant. Surtout lorsque l’on exerce son talent dans divers domaines artistiques, avec succès, comme tu le fais depuis longtemps…

C : Carrément. Alors qu’aujourd’hui, c’est un peu différent. Parce que, si tu veux… j’ai continué à faire ce que j’avais à faire, sans rien demander à personne, et les gens s’en sont rendu compte. Après tout, des gens qui veulent s’installer à new York, j’peux te dire que j’en connais un paquet, de chez « paquet »… qui te disent qu’ils vont « le faire ! », mais… des gens qui le font, je peut te dire qu’il n’y en a pas beaucoup…

… Sans même parler d’arriver à y rester et y pérenniser son activité, comme vous l’avez fait avec votre galerie…

C (il sourit, semble repenser un court moment au chemin parcouru outre-Atlantique) : Et puis y rester, oui. C’est encore autre chose. Parce que, s’y installer, ça veut dire qu’il faut tout réinventer, tout : le dentiste, le médecin pour les enfants… j’suis arrivé dans l’appart’, y’avait rien : pas l’eau, pas l’téléphone, pas l’électricité… rien. Quand il faut TOUT reconstruire, et qu’à l’arrivée, nous, avec mes enfants, on s’entend bien…

… C’est vrai qu’il y a toujours des risques que cela « implose », à ce niveau, quand de tels changements se produisent…

C (visiblement fier d’avoir brillamment franchi cet écueil) : J’suis toujours avec ma femme… Ça nous a resolidifié, au contraire. Ça nous a appris à nous réinventer. Ça    m’a demandé énormément de travail, parce que, quand tu recommences ta vie à 48 balais, c’est beaucoup… mais c’est pas l’tout de l’dire, faut l’faire !

Quand je vois des gens malheureux, que je retrouve aujourd’hui, ici, dix ans après… qui sont eux, dans le même état, mais… en plus désespérés… j’me dis que j’ai vécu dix ans « difficiles », et que je suis loin d’être « arrivé », parce que… on n’est jamais arrivé nulle part, à New York, mais…

… C’est une ville où il faut sans arrêt « avancer », ne jamais se retourner ou prendre le temps de se « poser » pour regarder en arrière…

C : Oui ! La plus grande différence entre les Etats-Unis et la France, c’est la relation au « présent » : est-ce que le présent, c’est le sommet de quelque chose… d’un sommet, d’une expérience, d’un passé, d’un savoir ou de l’accumulation de tout ce qui fait que tu en es là aujourd’hui, en ce moment très précis… ou est-ce que le présent est juste la base de quelque chose à venir ? C’est là, toute la différence. En France, on considère le présent comme le sommet d’une montagne, d’une expérience, d’un savoir et de tout le reste ; alors qu’aux Etats-Unis, c’est juste la base d’une falaise ! C’est dur, une falaise, et puis, il faut la gravir ! T’en es toujours responsable, toujours à zéro, toujours en bas, c’est épuisant, et puis… que tu aies dix-mille employés, ou que tu sois tout seul… t’es toujours au bas de la falaise… alors qu’en France, t’es toujours au « sommet » d’une expérience. Mais, en même temps, quand tu es au sommet de quelque chose, tu es rempli d’angoisses… et t’entends les gens qui te disent : « avant, c’était bien, oui, avant, c’était bien ! On parle pas d’aujourd’hui, hein, aujourd’hui, c’est la merde ! Et demain ? De quoi tu me parles, demain ? ça n’existe pas, demain ! ».

… Alors que là-bas, c’est une sorte de pousse au cul permanent auquel tu ne peux échapper sans lâcher prise… ou échouer !

C : À New York, par exemple, t’es dans une ville où rien n’est jamais acquis ! Du coup, dès que t’as trouvé un « truc », il faut aller plus loin, et puis plus loin encore, et, quand t’es plus loin, ça ne fait rien de plus, vraiment, t’es toujours au début, en fait… Lorsque j’ai fait écouter le nouveau disque à mon pote Bob, un poète Américain qui m’avait donné certains types de conseils, sur ce même disque, il m’a dit : « c’est super ! Et le prochain, c’est quoi ? » (rires partagés)… attends, attends, il vient tout juste d’arriver, il est même pas « sec », encore, attends deux minutes, profitons-en ! « Oui, oui, d’accord, mais, pour le prochain, t’as une idée, déjà ? ». Rien à faire, non ! Immanquablement, tu es obligé de vivre avec « ça », parce que ça t’entraîne…

C’est pareil au niveau de la peinture ? Cette galerie que tu as ouvert là-bas, la ReGallery NYC, elle est pérenne, aujourd’hui ?

C : C’est quelques chose qui est important dans ma vie, oui, la peinture. Ça fait quatre ans que j’ai cette galerie, qui m’a permis de rencontrer le « monde entier »… qui franchit la porte de ma galerie. Quand la porte est ouverte, j’en vois quinze par jour, en moyenne ! Çinq, quand la porte est fermée. Des chinois, des polonais… des gens venus du Chili, du Mexique, de tous les côtés des Etats-Unis, parce que New York est une ville de convergence, dans laquelle on rencontre des gens qui viennent de partout. Et, quand ils s’expriment, ils s’expriment d’une manière spontanée, sans rien savoir de « qui » je suis…

… Ce qui doit être « confortable », pour toi… de n’être jugé qu’au travers de l’œuvre elle-même : sans avoir d’à priori, sans idées préconçues…

C : C’est très excitant et ça m’a permis de faire, si je puis dire, de gros progrès sur mon travail. Il m’est arrivé plusieurs fois de mettre en vitrine des œuvres qui n’étaient pas encore « sèches »… et, en terme d’artiste, c’est génial de pouvoir immédiatement avoir un « écho »,  de se dire : « est-ce que je suis dans le bon sens, ou pas ? ». C’est super stimulant. Est-ce que j’aurais pu avoir cette même galerie, atelier-galerie, à Paris ? Non, sûrement pas.

Parce que, pour que ça se fasse, il faut aussi que je puisse vendre des pièces souvent, et que ça ne soit pas seulement une réalité immatérielle et culturelle, mais aussi… tangible, qui me permette de payer mon loyer, parce que je ne suis pas riche ! À ce niveau-là, New York est aussi une ville de défi permanent.

Et là, cet été, vu que je suis venu donner des concerts en France, il a fallu que je trouve quelqu’un pour tenir ma galerie, et que je le paie, en plus du loyer… Ce que je fais ici, en ce moment, va me permettre, grosso modo, de payer mes frais… Mais bon… tu y es tout le temps pris à la gorge, et…

… Mais, c’est pour cela que tu y es allé, à la base, non ?

C : Oui ! C’est ce qui me permet d’avancer, et… ça se ressent au niveau des œuvres que j’expose actuellement à Perpignan, au Centre d’Art : À Cent Mètres du Centre du Monde (Portraits Intérieurs, jusqu’au 28 septembre 2014), ou bien à Guilvinec, avec Lorant Méthot (jusqu’au 19 septembre 2014) j’aime bien cette idée d’exposer à deux… comme à Marseille, en octobre dernier avec Jak Espi, chez mon ami David Pluskwa (Espace 53), une expo qui a très bien marché, d’ailleurs…

… Il va bientôt y avoir une rétrospective de ton œuvre à Nancy, également…

C : Oui, en toute fin d’année, ce sera ma première grande exposition « rétrospective ». Mais, aux Etats-Unis aussi… j’ai actuellement quelque chose qui se monte à Chicago… une autre à LA, et aussi en Alabama. J’expose aussi à Chelsea, cet automne… Toutes des choses qui n’auraient pas été possibles à monter ou mettre en place, si j’étais juste resté en France (un large sourire semble prendre forme, un rien retenu). En plus, mon travail, dans la vérité de celui-ci, a grandi de façon internationale, ça ne se discute pas aujourd’hui. Je sais désormais à qui et où je diffuse mes tableaux… qui m’ont permis, juste, sans m’enrichir, de pouvoir continuer à travailler, continuer…

… À fournir de nouveau la « machine » au quotidien ?

C : C’est ça, oui… Grosso modo, j’suis à « zéro »… aujourd’hui.

Toujours au bas de la fameuse « falaise », donc… au bon endroit, celui où il faut être, en somme…

C : Oui. Tout cela n’existerait pas, si je n’avais pas été à New York, et je sais gré à cette ville de m’avoir donné cette « autorité » sur moi-même…

Tout en continuant à bavasser paisible sur terrasse, à propos du show du soir, de la tournée à venir, du truculent One Man Show monté récemment par son frère Tom Novembre (Le Récital : https://www.facebook.com/TomNovembre ), de sa relation avec les médias hexagonaux ou le landernau de la Variété Française, je repense à ces quelques lignes, extraites de New-Yorcœur (Emmerdeur) : « je suis un emmerdeur, un libre penseur / Pas vraiment média provocateur / Je vis ma vie d’homme libre, je m’invente une route / Sur le carte du cœur… ».

Cet homme aurait pu se contenter de donner un petit frère à Comme Un Avion Sans Ailes, tous les deux ou trois ans, tourner « avec » puis monter un plan avec la SACEM pour obtenir une rente à vie, sans forcer ou s’épuiser jamais (comme nombre de ses glorieux contemporains). À contrario, il est allé voir au pays des wallabies, s’il y était (Melbourne Aussie/90 & Victoria Spirit/91), a élargi sa palette à l’aide du sublime Les Naîves (94), pris des risques « multimédias » avec le Downtown Project (95), parti signer sous d’autres « cieux » avec Soudé Soudés (99), et jamais cessé, depuis, de produire de la qualité tout en ayant les couilles de réinventer entièrement sa vie – ou la boucler ? Quoi de plus naturel, que de devenir artiste peintre, lorsque l’on est diplômé des beaux-arts… – au sein de la dure et tentaculaire Ville Qui Ne Dort Jamais !

Phénix et ImMortel à la fois, en somme…

Pour plus de renseignements et tout connaître (ou, pas loin) sur l’actu de CharlElie au quotidien :

http://www.charlelie-officiel.com/

https://twitter.com/CharlElieNYC

Infos/Expos :

http://www.acentmetresducentredumonde.com/fr/expositions/inner-portraits-de-charlelie-couture

http://www.leguilvinec.com/public/pages/officedetouri_expos2011.php

https://www.facebook.com/events/754273397930909/?source=1

 

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A New Yorker in Néoules…
(En attendant Septembre)

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KM-IMG_9687KM-IMG_9534KM-IMG_9410KM-IMG_9767KM-IMG_9549KM-IMG_9674KM-IMG_9612KM-IMG_9707KM-IMG_9747BlancC’est toujours délicat de revenir sur un musicien déjà chroniqué de Live quelques semaines auparavant – paraît-il ! – comme quoi, contrairement à l’artiste, le scribouillard ne serait pas capable (enclin) de se renouveler suffisamment et donc peser de tout son poids sur l’épaule déjà marquée/affaissée du lecteur et/ou Fan en attente légitime de « nouveauté ».

En conséquence de quoi, celles et ceux qui auraient déjà consulté mon premier effort livré au mois de Mai, peuvent d’ores et déjà passer leur tour, le relire (http://www.concertandco.com/critique/concert-charlelie/le-poste-galene-marseille/48335.htm) ou se jeter sur les comptes-rendus de festivals qui pullulent actuellement sur les écrans comme les révélations autour de la bouillante marmite UMP, de plus en plus semblable au Tonneau des Danaïdes de la légende…

Quant aux autres, sachez que ce papier (nostalgie, quand tu nous tiens…) sera agrémenté d’extraits d’une Interview EXCLUSIVE, réalisée quelques paires d’heures avant le show (ne le répétez surtout pas à ceux qui auront lâchement « déserté » ces lieux, cinq lignes auparavant…).

À l’instar de ses « congénères » estivaux, le Festival de Néoules permet, trois soirées durant, de déplacer une foule compacte et curieuse en des endroits méconnus (ou extrêmes) de notre territoire ; d’emmener ces centaines de braves humains en attente à jeter une oreille vierge sur de multiples groupes en devenir (ou pas), de redécouvrir des artistes moins exposés que par le passé ou confirmer qu’il faudra compter avec d’autres (aux dents longues) au cours des années/étés à venir.

Celui-ci ne faisait d’ailleurs pas exception, puisque accueillant un panel large et varié de tout ce qui aura été décrit céans en amont (François Hadji-Lazaro, Oai Star, Danakil, Yaniss Odua, Général Levy, Congo Natty Crew, Avis de Bâtard…).

Points Positifs : la vigne et les arbres, l’accueil, les stands jetés un peu partout autour en mode « environs de Woodstock », l’espace Arts Plastique sous forme Work In Progress, les deux scènes (correctement éclairées et bien sonorisées) permettant un enchaînement rapide des artistes.

Points Négatifs : le pain mou cherchant à étouffer les merguez (et… nous, donc !), certains spectateurs ayant plutôt tendance à confondre « nuit de biture extrême en mode férias » et plaisir d’écoute (participative) ou joie de la découverte (en minorité, comme toujours, mais bruyants et « pètes quenouilles », comme… à chaque fois !).

Entré du bond pied sur Appel à L’aide (Les Peurs) et les cendres encore fumantes des voisins de Oai Star, le sieur CharlElie semble décidé à faire taire ses prédécesseurs (qui viennent de traiter ses Fans à lui de « vieux écroulés ! ») ; à rallier derrière son Casque Nu les spectateurs en attente massés d’envie devant la grande scène. Une entrée en matière dense, compacte, qui ne peut que nous faire regretter que le disque dont il est extrait (Double Vue) ait très peu rallié les suffrages en son temps (2004) fait écho ou obtenu nul satisfecit, de la part de nos masses média parfois lestées de préjugés : « Je me rends compte aujourd’hui, que mes disques récents étaient peut-être « difficiles » ! Là, cette fois, pour ImMortel, Benjamin (Biolay) a trouvé une sorte de commun dénominateur entre les chansons et, tout en faisant des choses diverses, il a fait en sorte que l’on puisse écouter le disque… sans même l’écouter, si je puis dire ! Enfin, on peut l’« entendre », sans l’écouter… Alors, que, si j’avais un reproche à me faire, en termes de production, je dirais que j’ai souvent exagéré les effets… Comme avec New Yorcœur, par exemple, qui contient des chansons qui sont toutes bien, ok, mais prises, « une par une » ! Les chansons « Rock », sont super « Rock », et les chansons « mélo », super « mélo »… Une chanson comme, Ton Jour de Gloire, par exemple, qui est douce, ironique, mais douce… si tu la compares avec Spielberg… où, là, ça pète fort, c’est demander beaucoup d’efforts aux gens, de leur demander de me suivre dans un sens ET dans un autre : l’amplitude est grande… si tu t’adresse aux gens qui aiment mes disques et leur diversité, pas de problèmes, mais, pour les autres, ceux qui ne veulent pas avoir à se poser de questions et qui peuvent aimer, soit l’une, soit l’autre, de ces formules, c’est très différent… ce que j’ai compris au moment de la sortie de New Yorcœur… » (CharlElie/Méounes/17-7-14). (NDLR : une explication qui en vaut une autre, cette diversité-là faisant souvent la marque de fabrique de très grands albums et New Yorcœur restant un bel album, plus que recommandable…).

Une fois l’espace maîtrisé et le son en place, le quintet se lance tout de go dans une paire de rythmiques Bluesy et charnues – La Musique des Villes, Le Menteur de Métier – qui font immédiatement suer les « présents » en abondance et tester la solidité des tendons dressés ici sur terre et cailloux : genoux, hiboux, pou-pou, pidou… poux ?

Ce qui est rassurant, avec le gars CharlElie (mais souvent inquiétant pour d’autres, dont je tairai ici le nom) c’est que les nouvelles chansons extraites de l’album ImMortel à sortir (16 septembre 2014) sonnent déjà comme des classiques de son genre : capables, sans déranger ou entacher, de s’insérer de facilité et d’écriture de qualité au sein de bon nombre de grands albums passés et récents, dont il aura été coutumier (Quoi Faire ?, Art & Scalp, Melbourne Aussie, Solo Boys & Girls, Les Naïves, New Yorcœur, Fort Rêveur) ; c’est le cas de Comédienne (Bipolaire) et de Be An Artist : dont le solo très Hendrixien de Karim Attoumane, tout en maîtrise (pas d’esbroufe, nope !) permet au show de pendre son rythme de croisière avant même que l’on ne s’en rende compte ou fasse un état de lieux précis des morceaux joués. Cette dernière étant entièrement écrite en Anglais, ce qui me paraît déstabiliser un rien la dame d’à côté, ayant un peu trop vu, sur le houblon, sa bouche forcer :

« Comme à la sortie de Fort Rêveur, très peu de gens ou médias ont daigné parler du disque, pour diverses raisons, autres que sa qualité… Rock & Folk n’a pas écrit une ligne dessus, les Inrocks n’en ont pas parlé, rien chez les autres… Je me suis alors dit que j’allais enregistrer un disque en Anglais pour le marché Américain ! Il s’appelle Be Yourself, chanté entièrement en Anglais et produit par le clavier de Patti Smith, Bruce Brody… Il tourne actuellement en téléchargement sur un site privé dédié entièrement aux « recherchistes » qui travaillent pour le cinéma ou les Séries Télé, à la demande du label Américain que j’ai approché ! Il n’est pas accessible autrement. Quant à moi, je ne voulais pas le sortir en France, pour ne pas que les gens disent « ha, ça y est ! Maintenant qu’il vit aux Etats-Unis, il ne chante qu’en Anglais, etc… », tu vois l’genre ? » (CharlElie/Méounes/17-7-14).

– Intermède didactique, un rien démagogique

Celles et ceux qui pourraient parfois se laisser aller à penser que le talent s’attrape et se véhicule comme un virus, ou que la réussite vient (principalement) du hasard, ou du bon timing, seront bien avisés de noter qu’au cours des deux mois écoulés, le groupe se sera bonifié, qu’il est encore plus en « place » et que les versions proposées auront visiblement bénéficié du travail de fond entrepris, des efforts effectués depuis la première partie de tournée offerte en Mai.

Fin de l’intermède –

Ce qui saute aux pavillons, ce soir, c’est que la section rythmique, formée de Denis Benarrosh et Bobby Jocky, est un ciment solide (et prompt à la fois) sur lequel s’appuyer pour avancer dans la direction musicale choisie, et/ou se laisser aller à digresser à l’occasion : comme sur l’extrait choisi du très abouti Melbourne Aussie : La vague (« Un Wombats me regarde en se grattant le front »… d’incrédulité ou de jalousie ?). Impression confirmée, un solo de Wah-Wah plus loin, par une magistrale version de Keep On Moving (Esmeralda 2nd) toute en pleins et déliés, en moments forts et aérés, finalement exécutée d’un solo meurtrier, par le Child du Voodoo en personne aux commandes incontesté du Mojo à six cordes parfait…

Durant celle-ci, je passerais pas mal de temps à me laisser porter en fixant mon regard sur l’autoportrait du maître, nanti d’une barbiche blanche (posé derrière Karim) que je verrais alors s’animer puis tournoyer sans fin devant mes yeux, tel un derviche en transe qui ne sait/fait que monter, monter, monter encore, en intensité, au fur et à mesure des mesures avalées.

« Faut dire, que le présence de Denis Benarrosh à la batterie, qui a joué avec Benjamin et qui est le batteur du disque ImMortel, amène une sorte de pondération rythmique qui permet à Karim de se lâcher comme il le veut… une belle section basse/batterie, avec Bobby Jocky à la basse ! On a commencé à tourner ensemble, sur la fin de la précédente tournée, et… c’est un très beau bassiste : beau son et belles notes ! Ce qui fait que j’ai un groupe cohérent, quoi, avec lequel j’ai plaisir à jouer… » (CharlElie/Méounes/17-7-14).

La Dernière Heure est de nouveau un reggae (y’en aura eu pas mal, depuis le début) qui, contrairement aux images d’Épinal de cette musique soi-disant « festive » et « chaleureuse », revient sur LA chose angoissante par excellence pour l’humain voué à la disparition : les derniers instants « médicalisés » d’une vie humaine, le moment de boucler la boucle, les derniers instants d’un souffle unique et singulier, finalement dénoué à l’aide de cette phrase glaçante, qui écrase plexus et pensées d’une même chape : « La Dernière Heure Est La Plus Longue ». Un amer constat ? Une peur inscrite au fond de chacun d’entre-nous et « vous » à partager ensemble d’irrémédiable, ou bien encore… LE moyen d’y penser en l’appréhendant au mieux ? Enfin, en tâchant de le faire, plus précisément ; vraisemblablement une façon comme une autre d’exorciser cette vision suffocante qui tranche singulièrement ici avec les « boulègue, collègue ! », que lance à son adresse, à intervalles réguliers, mon voisin sous casquette et favoris posté juste derrière : où et quand, finesse d’écriture, rime avec… citron pressé sous biture ?

Tandis que la phrase « est-ce un message mystique, ou un flash sans raison ? » (Le Vieil Homme) me taraude instamment le « dedans » du moi en proie au doute estival né de la promiscuité, je me rends compte que l’on vient de plonger en l’épastrouillant Under Control (TC Brother) : une interprétation un tantinet différente de celle ouïe au Poste À Galène de Marseille, il y a deux mois et quelques, ce me semble, à moins que ma mémoire ne joue tout bonnement des tours à ma vieille trogne égratignée puis froissée par les 33° subis sans discontinuer depuis l’aube… qui sait ?

Tandis que CharlElie égrène consciencieusement son intro destinée à pointer les divers éléments (ingérables et incontrôlés) ayant un jour contribué à faire de la chanson à venir, SON plus grand succès, je cesse de me demander pourquoi certains « grands » ont accepté le fait de ne plus s’exprimer dans les grandes largeurs, ou peu, en mode « festival » : tandis que l’une arrose sa camarade en tentant de la « ramener » à elle, un autre lance le très emmerdant et inexpugnable « Rock’n’Roll ! » : accompagné du fou rire aviné d’un troisième larron occupé à palper sans pudeur les rondeurs d’une (future) conquête en sueur qui dodeline doucement de la tête, yeux dans l’vague sur bouche molle…

C’est fou comme les grandes chansons peinent à s’user à l’usage : je ne saurais dire combien de fois (en milliers, s’entend) je l’aurais entendue, cette petite merveille d’émotion et feeling à partager de serré – dans toutes les conditions, états et positions – qu’est, a été, et restera à jamais Comme Un Avion Sans Ailes ; lors, je ne puis m’en lasser, c’est un fait avéré : celui qui me permet encore et toujours aujourd’hui, d’écouter, sans rechigner ni me plaindre : Whiter Shade of Pale (Procol Harum), The House Of The Rising Sun (The Animals), Wild World (Cat Stevens) Many Rivers To Cross (Jimmy Cliff), No Woman, No Cry (Bob Marley), Hotel California (The Eagles), Stairway To Heaven (Led Zeppelin), Hey Jude (The Beatles), If I Were A Carpenter (Tim Hardin), Ballade de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), C’est Extra (Léo Ferré), Say It Ain’t So Joe (Murray Head), The Sounds of Silence (Paul Simon), ou… Solitary Man (Neil Diamond) !

Un mystère toujours épais, au demeurant, même si la version de ce soir ne figurera pas au niveau des plus abouties : un trio de donzelles ayant décidé de la massacrer tout du long en donnant de la voix (chacune à une hauteur différente, mais toutes fausses, néanmoins). « Lui », sur scène, à l’opposé, la chante sans débander ni renoncer, fidèle et concentré, agenouillé (yeux frits) à son chevet.

Après le futur mais actuel L’Amour au Fond (et son clip vidéo plutôt malin et poétique, qu’il est conseillé d’aller mirer sur site) il sera plus que temps de rappeler au parloir, l’antique Jacobi (inséré au sein des Naïves, dix-huit années plus tôt : date de sa dernière apparition aux Francofolies de La Rochelle, manifestation qui vient enfin de se souvenir de son existence pour l’afficher cette année à ses côtés) pour conclure le set en beauté, en mode posture de recueil : lumières de bronze, crâne lisse de bonze, phalanges Soudées, Soudées d’éternité et cou qui ploie d’humilité.

« Du nord à l’est, du sud à l’ouest, Jacobi cherchait le paradis ! » : nul ne saurait affirmer, sinon le principal intéressé, s’il l’aura jamais trouvé, lui, depuis dix années, de l’autre côté de l’Atlantique, mais nul autre que lui ne saurait le contester jamais, ou s’y risquer :

« La plus grande différence entre les Etats-Unis et la France, c’est le rapport au « présent » : est-ce que le présent, c’est le sommet de quelque chose… d’un sommet, d’une expérience, d’un passé, d’un savoir ou de l’accumulation de tout ce qui fait que tu en es là aujourd’hui, en ce moment très précis… ou est-ce que le présent est juste la base de quelque chose à venir ? C’est la toute la différence. En France, on considère le présent comme le sommet d’une montagne, d’une expérience, d’un savoir et de tout le reste ; alors qu’aux Etats-Unis, c’est juste la base d’une falaise !  C’est dur, une falaise, et puis, il faut la gravir ! T’en es toujours responsable, toujours à zéro, toujours en bas, c’est épuisant, et puis… que tu aies dix-mille employés ou que tu sois tout seul… t’es toujours au bas de la falaise… À New York, par exemple, t’es dans une ville où rien n’est jamais acquis ! Du coup, dès que t’as trouvé un « truc » il faut aller plus loin, et puis plus loin… Lorsque j’ai fait écouter le nouveau disque à mon pote Bob, un poète Américain qui m’avait donné certains types de conseils, sur ce même disque, il m’a dit « c’est super ! Et le prochain, c’est quoi ? » (rires partagés)… attends, attends, il vient tout juste d’arriver, il est même pas « sec », encore, profitons-en ! Mais, non ! Immanquablement, tu es obligé de vivre avec « ça », parce que ça t’entraîne… » (CharlElie/Méounes/17-7-14).

Quelques minutes plus tôt, durant un épique Oublier (Poèmes Rock) les sieurs Karim et CharlElie auront longuement croisé solo et notes, avant que les doigts du premier nommé ne tirent de la corde à donf, afin que de rappeler au présent(s) du passé antérieur (à sa venue) que le gars Alice (Botté) avait de fait trouvé un successeur à qui parler (jammer ?)…

 

 

Setlist/Néoules/17-07-2014 :

Appel à L’aide (Les Peurs)

La Musique des Villes

Le Menteur de Métier

Comédienne (Bipolaire)*

Be An Artist*

Quand Les Nuits Sont Trop Longues

La Vague

Keep On Moving (Esmeralda 2nd)

La Dernière Heure*

L’Autre Côté* 

Le Vieil Homme*

Under Control (TC Brother)

L’Histoire du Loup Dans La Bergerie

Oublier

Comme Un Avion Sans Elle

L’Amour Au Fond*

Jacobi Marchait

 

*Extraits du disque ImMortel/Universal (sortie le 16 septembre prochain).

 

Les « mots » de CharlElie accompagnant ce compte-rendu, sont extraits d’une Interview à venir tout bientôt sur ce même site : enregistrée sur la terrasse ombragée de l’hôtel-restaurant La Source, à Méounes, le 17 juillet 2014.

 

 

Les artisteries de lof
ici

Les facéties de Jacques 2 Chabannes

Critiques de concerts

Radio : Serial losers

Radio : La vie est un Je

Radio : Entre deux

 

 

mythologie def

2010 : exaspérés par l’émergence de la télé-réalité et les scores insensés réalisés par la diffusion de la coupe du monde de la FIFA en short, les dieux décident de reprendre la main… ballon aux pieds !

 

Extraits tirés de :
« Et Pourtant Elle Tourne… Rond ! »
(Et Rond, Et Rond, Petits-Ponts, Crampons !).
Nouvelle écrite en « temps réel » autour de la Coupe du Monde de Football (en short)
2006, en Allemagne !

 

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La Pathologie Du Mythe
(Dieux Au « Ballon », Et Demis-Ronds).

Déçus, déstabilisés, et pour tout dire jaloux de l’importance démesurée prise par la Coupe du Monde de la FIFA 2006, les dieux décident de reprendre la main, d’organiser leur propre rencontre au sommet. Légitimement énervés par le statut de star, voire de « demi-dieu »,  accordé à certains joueurs humains, ceux-ci tempêtent, éructent, s’échauffent la bile, et les éclairs volent bas, pour la saison…

Rabroués par les multiples médias approchés, les différents sponsors et équipementiers sportifs estampillés « FIFA », ils décident de filmer eux-mêmes leurs futurs exploits puis de vendre les bandes au plus offrant par la suite.

Bien décidés à ne pas revivre l’échec de leur dernière tentative – la faillite des « Héros » et

« Géants » alors présents sur le pré Athénien – ils boudent franchement la sous-traitance et décident cette fois de s’y coller eux-mêmes. Depuis l’Olympe, ils envoient une délégation en Asgard (lieu de retraite des dieux nordiques) afin que de leur proposer un affrontement en deux rencontres « aller-retour » ; celles-ci élisant alors l’équipe « Championne des Dieux Champions ».

Afin de mieux comprendre leur attitude, il nous faut préciser ici qu’à l’Antiquité, la dernière rencontre en question avait tourné plus que court.

Un match entre Héros Antiques et Géants Nordiques, définitivement interrompu à la 56e minute de jeu, alors que les Nordiques menaient par 5 buts à 3 !

L’unique motif de cette légendaire interruption : Hercule ! L’homme le plus fort de la terre, connu pour ses colères brusques, incontrôlées, pour sa capacité à se déchaîner sans retenue. Un dérapage sans précédent, loin de toute action de jeu, qui aurait poussé l’arbitre (venu de l’Atlantide) à accompagner le joueur Grec hors des limites du terrain. Une violente manchette sur son adversaire direct Gunnlöd, en fait, qui (selon ses propres termes) l’aurait traité de :

« tu vas encore te cacher dans les toges de ta mère, la pute d’Homère ? ».

Les Grecs ayant jeté l’opprobre – et Zeus un éclair – sur l’arbitre, l’incident se serait rapidement mué en bataille rangée. Mêlé malgré-lui à l’incident, un des grands prêtres de l’Atlantide (garant du feu sacré) y aurait succombé en chutant malencontreusement depuis sa loge, happé par une main anonyme vengeresse. Une consternante disparition qui aurait provoqué l’éradication de l’île peu de temps après, aux dires de certains.

Une île mystérieuse, mythique, qui, selon les indiscrétions et rumeurs de l’époque, ce serait en fait sabordée en suivant comme la flotte Française en son Port de Toulon, quelques menus siècles plus tard…

Le défi est précautionneusement organisé en un temps record, grâce à la rapidité du messager

Hermès : celui-ci passant d’un camp à l’autre, d’une exigence à l’autre, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’exprimer, contester ou ciller.

Histoire d’éviter tout problème insurmontable, ou difficultés d’interprétations, des règles précises sont patiemment instaurées, élaborées en commun avec l’assentiment des deux parties. Il y est spécifié que les participants ne devront pas faire usage de leurs dons

« spéciaux », mais qu’ils pourront, par contre, faire étalage de leurs « prédispositions » naturelles. Subtile nuance…

Très vite, une décision est prise. Le match « aller » se tiendra en Asgard, le 30 juin (veille de

France-Brésil) et le « retour » sur l’Olympe, le 7 juillet (à deux jours de la finale terrienne). Une date choisie avec soin, les montages et résumés des matches auront alors été reçus au préalable, deux jours avant la finale « humaine », par les médias du monde entier : afin que d’éclipser celle-ci et finalement minimiser son importance toute relative.

Quasi instantanément, les candidatures affluent en nombre, du côté Grec : chacun voulant participer à la fête et tuer ainsi l’ennui relatif né de l’immortalité (et de la disgrâce humaine) à grands renforts de coups de génies, courses folles et gestes techniques rares.

Hélas, conscient de la cohue engendrée par l’échéance à venir – et ne voulant surtout pas revivre les conflits internes générés par la Guerre de Troie en son temps – Zeus doit se résoudre à donner lui-même la liste des sélectionnés en vue de l’ultime affrontement. Ne connaissant que trop la susceptibilité de ses (presque) semblables, il dresse également une liste « cachée » et la garde bien au chaud : en cas de retrait non justifié ou départ fulminant de dernière minute.

Précis, connaisseur, fin tacticien, il dresse minutieusement la liste qui suit : Poséidon (Neptune), Hadès (Pluton), Hestia (Vesta), Héra (Junon), Arès (Mars), Apollon, Aphrodite (Vénus), Hermès (Mercure), Artémis (Diane), Héphaïstos (Vulcain) et Pallas Athéna (Minerve) bien entendu, sa création, sa favorite ! Enfin, il prend garde de ne surtout pas minimiser son importance et s’intronise capitaine de l’équipe (pour une fois qu’il pouvait y participer, il n’allait pas s’en priver !).

Côté Nordiques, Odin fit triste mine en voyant la composition définitive de l’équipe des

« poseurs méditerranéens d’en face » (comme il se plaisait à les appeler) que du très haut niveau !

Chez ses compatriotes, par contre, il n’y avait point pléthore de demandes ; sans compter qu’à la base, déjà, en temps normal, ils étaient carrément moins nombreux que les « sudistes » susnommés. Aussi, lorsqu’il communiqua à son tour la liste des sélectionnés, il décida d’opter audacieusement pour la mixité ; non pas, en y adjoignant des femmes – celles-ci devant vaquer comme de coutume à leurs occupations quotidiennes, réparatrices et nobles – non, en y mêlant, contre toute attente, dieux historiques et héros légendaires incontournables. Plusieurs raisons, il y avait, à la réalité de ce mélange bancal qui promettait d’être fort détonnant en termes de future cohabitation. La plus courue, tout d’abord, étant qu’un grand nombre de ces divinités reconnues s’était décidé à rester devant la télé pour y mirer passionnément les

« vrais » footballeurs ; d’autres, quant à « soi », désiraient tout simplement profiter de l’été pour festoyer égoïstement au frais ; d’autres encore, plus engagés, préféraient lutter contre la disparition de la couche d’Ozone, l’amincissement de la banquise et la déforestation exponentielle de l’Amazonie. « Une bande de francs-tireurs, rien de plus ! Renoncer à cet évènement unique pour si peu… Quel non sens ! » (une amère constatation, empreinte d’un fort dépit et lestée de divine incompréhension).

Par la force des choses, il fit donc don, via Hermès, de la missive suivante :

« Voici ma liste définitive, « Z ». Tu noteras que j’ai été obligé de faire quelques aménagements, côtés divinités… Je n’avais pas d’autre choix, tu t’en doutes bien ! Pour une fois, je t’envie ; enfin, jusqu’au jour du match seulement : celui de notre première et nette victoire ». Une liste de dieux resserrée, mais néanmoins impressionnante : Loki, Hoder, Thor, Baldr, Bragi, Freyr, Heimdall, et Tyr. Quant aux héros, ils étaient au nombre de quatre : Sigurd, Gunnar, Sigmund et Sinfiotli.

« Pourvu qu’il n’y ait pas de casse… C’est que je n’ai pas beaucoup de réserves… Moi ! » (se répétait-t-il alors à l’envi, regard vide sur doigts croisés d’anxiété légitime).

Auto-promu capitaine, Odin se devait de tout mettre en œuvre pour que la cohésion se fasse finalement entre ces divers caractères de cochon ; ces individualités peu habituées à la notion de collectif, peu en phase avec la réalité du groupe, peu empreintes à se sacrifier naturellement l’une pour l’autre.

La pièce ayant désigné Asgard, comme étant le théâtre de cette première passe d’armes sur pré, Odin eut peu de temps pour se lamenter, suite à un premier entraînement plutôt poussif, il fallait organiser le banquet au plus vite et éloigner les valkyries d’Apollon, les hommes en rut d’Aphrodite, ou d’Héra.

« Et puis tiens, puisque je suis chez-moi, je m’en vais tous et toutes les appeler par le nom que leur donnaient les Romains ! Je sais que ça les agace toujours et qu’ils n’apprécieront pas le futur résumé du match, quand celui-ci sera monté puis diffusé ! Leur défaite n’en sera que plus amère ! » (Odin, une coupe à la main, se fendant franchement la poire d’ébriété, tel un vulgaire humain en soirée estivale trop arrosée, au bar du camping).

29 juin : 23 h 30

Malgré un début de rixe vite maîtrisé, au moment des digestifs – œuvre de Vénus, comme souvent – les siens s’étaient plutôt bien comportés au final, niveau banquet d’avant-match, contrairement à ces frimeurs d’Hellènes qui annonçaient déjà leur victoire à venir sur le score peu flatteur de 17 à 1 !

Vendredi 30 juin : 20 h 55 (Asgard : lieu mythique, et nordique).

La température est douce, le temps sec, idéal, pour un match de cette importance. La pelouse est belle, régulière, tondue de frais, et la tension présente, quasi palpable.

À l’occasion de cette première manche, l’arbitre choisi par Odin le grand, est l’Italien Pier-Luigi Collina. Un choix qui aura fait sortir Zeus de ses gonds, le capitaine des « visiteurs » se demandant comment un être humain arriverait à suivre un tel match, son rythme effréné et ses multiples « particularités ».

Vendredi 30 juin : 21 h

Intimidé, mais surtout décidé à ne pas s’en laisser compter, l’arbitre libère les 22 acteurs de l’histoire, d’un coup de sifflet strident, appuyé, énergique.

1e minute de jeu :

Victime d’un tacle, à peine appuyé, Mars se roule au sol en couinant durant de longues minutes. Voyant qu’il n’obtient pas de carton jaune pour son adversaire direct Heimdall (habituellement gardien de Bifröst, le pont arc-en-ciel qui mène à Asgard) il se relève et repart se placer dans sa moitié de terrain en bougonnant.

3e minute :

Le premier but du match, œuvre des Grecs, surprend participants et spectateurs. Un premier centre tendu de Mercure, venu de la droite – anodin en apparence – que ne peut curieusement maîtriser Hoder, promu gardien de but au tout dernier moment ! Un choix étrange, la cécité d’Hoder étant connue de tous (même des Grecs) qui pousse Odin à remanier d’ores et déjà son « onze de départ ». Malmené par sa femme Frigga, qui avait insisté pour qu’Hoder fasse partie de l’équipe, malgré son handicap, Odin le remplace par Heimdall, un habitué du poste. Fier de son réaménagement tactique, il exile illico Hoder sur l’aile droite : « Au moins, même s’il ne sert à rien, là-bas, il ne pourra pas non plus nous en coûter un autre ! » (annonce notre dieu contrarié, élégamment drapé dans son manteau de nuages gris, mais mal à l’aise dans ses chaussures à crampons moulés).

Très vite, si le jeu s’équilibre ou tend parfois à s’annihiler, les occasions de but ne manquent pas. Il est à noter que les deux équipes évoluent en « 4-3-3 », avec Odin et Zeus placés délibérément en chefs de la défense : à la relance constante du jeu, aux remarques acerbes et gueulantes sonores.

17e minute :

Croyant marquer dans le but vide, Tyr à la mauvaise surprise de voir sa reprise repoussée sur la ligne, comme par magie ! S’apercevant immédiatement de la supercherie, Odin demande officiellement à Pluton (promu gardien de but des Grecs) de retirer son casque… Celui-ci ayant la particularité de rendre invisible, quiconque le revêt.

Prenant ses responsabilités, M. Collina siffle un penalty en faveur de l’équipe locale. Une courageuse décision qui s’avère pourtant être la dernière du genre : Minerve l’assommant en suivant d’une baffe sonore et destructrice…

Très vite, c’est la cohue dans la surface : Zeus ne supportant pas que l’on s’en prenne en réaction à Minerve, sa création à lui, et « alignant » Loki d’un court éclair bien mal placé !

Après un long temps mort, et l’intronisation au débotté de Ganesh (venu pourtant céans, en simple spectateur) dans le rôle de l’arbitre, la partie peut finalement reprendre.

Le penalty est néanmoins confirmé. Thor le tire alors en force, au centre, et trompe Pluton parti du mauvais côté. Le dieu des métaux (et du royaume des morts) écope d’un carton jaune au passage, pour s’être à nouveau servi du casque… Qui lui est retiré, séance tenante !

Dopé par cette égalisation, les Nordiques se ruent à l’attaque et marquent de nouveau par Sigurd, profitant d’une mauvaise passe en retrait de Junon, sur la remise en jeu !

Les Grecs sont sur les nerfs et Venus se demande tout d’abord, à haute voix, ce que Zeus peut bien lui trouver à cette « dinde mal attifée ». Puis, cynique, elle l’invite publiquement à venir se noyer à Cythère, dès leur retour peu glorieux au pays !

Sous les rires gras des Nordiques, Zeus demande solennellement une pause : afin que de séparer au plus vite ses deux déesses qui roulent toutes deux au sol, chacune fermement agrippée aux tresses de l’autre !

Le score est toujours de 2 buts à 1 en faveur des « locaux », et l’hydromel coule désormais à flot : porté à bout de bras par les accortes valkyries…

(Courte intermission menée sous degrés)

« Et une, et deux, et trois cornes, plus tard » : tout ce beau monde se retrouve sur le pré, bien décidé à en découdre de nouveau de la plus fraternelle des façons.

Seul petit changement à noter, effectué par Zeus, histoire de calmer tout son monde, la rentrée de Vulcain au poste d’arrière droit en lieu et place de Junon, profondément marquée par les récentes critiques (et les ongles) de Vénus !

L’œil soupçonneux, Neptune darde son ténébreux regard vers Ganesh, alors en grande conversation – rires à l’appui – avec Odin ; totalement décontracté, lui, comme quand on mène au score…

25e minute :

La partie s’anime, « boostée » par les déboulés supersoniques d’Hermès, plutôt en verve, sur son côté droit. Une rapidité hors normes, des crochets fulgurants, qui font souffrir le martyre au beau Baldr (si beau d’apparence et si blanc, qu’il en est lumineux, selon la légende).

27e minute :

Malgré la rare capacité d’Odin à boucher les trous et se multiplier en défense, ce qui devait arriver, arrive, et les Grecs égalisent. Un centre d’Hermès « au cordeau », repris de la tête – du trident, aux dires de Heimdall – par Neptune, qui catapulte la balle au fond des filets Nordiques

Carton jaune à Heimdall, pour contestation !

28e minute :

Pendant que les « visiteurs » se congratulent et chantent un hymne créé pour l’occasion, faisant « Odin » et « eau de boudin » rimer, la remise en jeu est rapidement effectuée. Bragi en profite alors pour redonner l’avantage aux « locaux » à la suite d’un tir tendu de plus de quarante-cinq mètres ! Les images ne permettent toujours pas de savoir où était passé Pluton à ce moment très précis, mais on le soupçonne de s’être fait coincer sous l’amas de joueurs (et remplaçants) en liesse, suite à l’égalisation… De l’histoire ancienne, désormais !

Rien à signaler de notable avant la fin de la première mi-temps. Les deux équipes passant plus de temps à régler leurs problèmes en « externe », qu’à véritablement s’occuper du ballon et de son éventuelle utilisation. À ce jeu, ce sont les Grecs qui l’« emportent », Mars étant sorti du terrain à la suite d’un tacle, puis d’un coup de trident appuyé de Neptune : excédé par les simagrées, plongeons et simulations perpétuelles du joueur Thrace, mais néanmoins partenaire…

Déçu, dépassé par la tournure prise par les évènements, Ganesh décide de mettre fin aux hostilités… avec dix bonnes minutes d’avance !

La mi-Temps est sifflée sur le score de 3 buts à 2 en faveur de l’équipe des Nordiques.

Les divers belligérants en profitent pour happer une corne de plus, la déguster en commun et se remémorer le bon temps « antique-jadis ». Tous se souviennent avec précision de la partie « Antique », de « l’incident Hercule », de la provocation de l’arbitre et de la bagarre qui suivit alors… Se rappelant, à cette occasion, que lorsque Hercule se calmait, et qu’il se reprenait, il montrait un repentir désarmant et acceptait humblement toute punition infligée. Il lui arrivait également de se punir lui-même, lorsque les autres inclinaient à l’absoudre (ce qui fait beaucoup rire Vénus, qui manque de s’étouffer littéralement dans sa corne en suivant).

Seconde Mi-temps !

De nouveau aux commandes, Ganesh souffle de sa trompe avec vivacité et les deux équipes reprennent la partie. Dès le début, on sent confusément que les Hellènes peinent à se remettre des effets de l’hydromel.

Malgré les efforts de Vesta – LE milieu récupérateur par excellence, le porteur d’eau classique – les dieux renâclent à la course et s’invectivent de nouveau à chaque erreur ou oubli défensif.

Lassé d’avoir à courir après un ballon qui lui échappe sans cesse, Diane stoppe soudainement son action. Apollon la rejoint, s’assied aux abords de la ligne médiane, agrippe sa lyre et vocalise avec grâce, au son du bienvenu Ars longa, vita brevis ! (L’Art Est Long, La Vie Est

Courte !). Attiré par la douce mélopée, Bragi (dieu de la poésie) se coule à leurs côtés et improvise, rivalisant de rimes riches et vers inspirés :

« Cythère est notre destin

Prométhée moi de bien le vivre

Plantons le soc, brisons le roc

Dansons le Rock, brassons la bière

De notre coeur éloignons Ragnarok !

Et s’il… ».

Une envolée brisée tout net par le manche de la hache de Thor !

Sentant que son « tour » est arrivé, Apollon fait mine de s’évanouir, immédiatement entouré (protégé ?) par une nuée de valkyries en émoi…

Inquiets, Odin et Zeus se concertent du regard : baffes et éclairs fusent alors de toutes parts et les dieux (et déesses) s’enfuient en couinant aux quatre coins du terrain. Visiblement excédé, Ganesh craque soudainement et inonde le terrain de ses larmes… Comme elle lui paraît loin, désormais, son Inde natale ! Zeus déclenche alors les éléments et dirige ses éclairs sur les belligérants : la pluie est dense, torrentielle, ce qui a le don de noyer sur le champ les ardeurs de tout un chacun !

Lorsque le match reprend enfin, les rangs sont clairsemés, des deux côtés.

Exit Baldr, Bragi, et Hoder (côté Nordiques) de même qu’Apollon, Vénus et Neptune, au rayon « divinités d’en face… ».

Profitant des espaces ainsi créés, les deux camps se rendent soudainement coup pour coup.

67e minute :

Thor et Loki remontent le terrain en petites passes courtes. Arrivé à hauteur de la surface de réparation, Loki dribble Minerve, qui, très en retard, le fauche avec dureté. Celui-ci s’effondre lourdement et reste étendu sur le sol en hurlant (cheville gauche émargeant désormais au rayon « pièce de musée »). Il est amicalement pris en charge par Apollon, qui, il y a bien longtemps, apprit l’art de la médecine aux hommes. Celui-ci ne peut que constater l’étendue des dégâts et le raccompagne définitivement sur le banc. Le coup franc qui suit est magnifiquement enroulé par Odin, « soi-même », de l’intérieur du pied gauche : une balle qui contourne le mur puis s’en va se ficher dans la lucarne de Pluton, sans que celui-ci n’ait pu esquisser le moindre geste.

4 à 2 désormais : ça commence à « chambrer » sévère, du côté des Gunnar, Freyr, ou Thor !

71e minute :

Bien décidé à ne pas en rester là, Mercure relance la machine. Il fait jouer les ailes de ses sandales et déboule sur le flanc droit. Habile, il crochète puis centre au deuxième poteau en direction de Vulcain, monté aux avant-postes, qui s’élève dans les airs et frappe le ballon avec détermination : celui-ci frappe la transversale et retombe… « derrière la ligne ! » (d’après Vulcain). « Non, non, devant ! », semble lui signifier Heimdall du geste, qui s’empare prestement de la balle et la dégage au loin !

Ganesh est alors pris à partie par Zeus, Minerve et Mars : tous trois furieux, en rage, flirtant carrément avec la ligne jaune. Face à son refus obstiné – celui de valider le but – ils en appellent au jugement des dieux : l’arbitrage vidéo !

C’est à ce moment que, profitant de la confusion générale, les Elfes et les Nains envahissent franchement le terrain. Objectif  déclaré : une hausse de leurs rémunérations, la fin de la flexibilité et une plus grande sécurité de l’emploi. C’est la cohue, puis la débandade.

D’un commun accord, les dieux décident d’en rester là pour se concentrer sur le match retour qui décidera seul du vainqueur.

Sur le court résumé de la partie, monté à la hâte par Odin, quelques heures plus loin, on peut y voir clairement Vénus, dans un coin, interroger les nains sur leurs dimensions intimes (geste à l’appui) puis s’éclipser, goguenarde, en compagnie de trois d’entre eux !

 

Desinit in piscem ! (Finit en queue de poisson !).

 

WebHuit courtes années plus loin, à peine, voilà que « ça » recommence, niveau antiques « relations » tissées avec le continent Africain. Retour sur LE précédent par excellence : LE France-Togo de 2006 !

Extraits tirés de :
« Et Pourtant Elle Tourne… Rond ! »
(Et Rond, Et Rond, Petits-Ponts, Crampons !).
Nouvelle écrite en « temps réel » autour de la Coupe du Monde de Football (en short)
2006, en Allemagne !

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1er Tour : Vendredi 23 juin à Cologne.

Togo-France : 0-2

La pression est trop forte ici-bas. Tout le monde effectue un consternant retour vers le passé : capable des pires humeurs, option geysers de bile inondant les parois stomacales en interne.

Effrayés à l’idée de revivre le traumatisme de la Coupe du Monde en Corée et au Japon de

2002 (l’élimination des Bleus au premier tour) les gens ouvrent puis effeuillent des volailles, achètent des amulettes, multiplient ou empilent les colifichets « Bleu, Blanc, Rouge ».

Tête basse, ils s’accrochent au moindre signe positif, ravivent le fantôme des fameuses et honnies épopées coloniales : « les Togolais jouent en France, sont payés par nos clubs, habitent ici, profitent de nos avancées démocratiques et médicales, de notre modernité, ils sont à nous, à nous, à NOUS ! ».

Autre signe positif, à n’en pas douter, Zidane ne sera pas là cette fois et il ne peut décemment finir sa carrière comme cela. Quant aux Danois, eux (les Togolais de l’époque) ils étaient grands, blonds, autonomes, et jouaient en rouge. En rouge. Que du bon en perspective, donc.

Ayant décidé de souffler un peu, de fuir sur le champ analyses et angoisses médiatiques castratrices, j’opte pour un thé à prendre en terrasse, en centre ville Massilien.

Là, bien malgré moi – et à mon corps défendant – je dresse l’oreille et me recroqueville de douleur sur ma chaise : dévasté par un dialogue de bas étage attaché à la couleur « pas tricolore » de nos « gens de couleur ». En notre « onze », en somme, point de bruns et blonds, ou autres roux plus rares, non, que nenni, rien que du marron sale, du sombre et puis du noir… Étonnant non ?

Après une longue course éprouvante, menée au travers des ruelles, rues et avenues phocéennes, je finis par me réfugier au sein d’un magasin familier afin que d’y reprendre ma respiration en musique. C’est pourtant là qu’y résonnera, le pitoyable et bas du front : « Y’a trop de noirs dans l’équipe. C’est nous, le Togo ! D’ailleurs, comment ils vont faire pour se reconnaître ou savoir qui est avec qui. Tu leur mets le même maillot, et, à part Barthez, Sagnol ou Ribéry, tu sais plus qui joue avec qui ! ».

Alors que l’ensemble de mon épiderme enfle de dix bons centimètres, voilà que ça re-belote sans retenue : « En plus, y’en a pas un pour chanter La Marseillaise. Des mercenaires, je te dis, tout juste bons à toucher leur chèque, d’ailleurs… y’en a pas un qui joue en France ! Je t’assure que, s’ils ne sortent pas des poules, je débouche le champagne, oui, et du bon, tu me connais ! ».

Je m’approche lentement, espérant que cela freinera leurs ardeurs détestables, mais non, c’est pire encore et ça dévie même carrément pour tourner à l’aigre avec une insinuation des plus glauques concernant les tendances ou le « goût » présupposé de Domenech pour les « nègres » : « déjà en « espoirs », quand c’était lui qui entrainait, on n’arrivait pas à les compter tellement y’en avait ! ».

Je repars dans l’autre sens, reviens sur mes pas puis bifurque au tout dernier moment afin de ne (surtout) pas être suivi : zigzaguant de dextérité entre moches poubelles qui débordent et odorants tas d’immondices. Je finis par me trouver un espace, un interstice d’empathie en terrasse, pour y souffler un peu et reprendre lentement mes esprits chamboulés. Lors, voilà que ça recommence, que les bons mots fusent de toutes parts en fustigeant la galopante

« Togolisation » de notre équipe nationale. Avec, pour finir le travail entamé en amont, la mise en abîme finale : avec le côté « propre », « blanc », « beau et classe », des footballeurs Italiens, comparés à nos « gorilles » à nous, bien sûr, avec leurs « casquettes sur le côté », et tout le lourd et gras tralala habituel (dispensable, céans).

Fortement marqué par ces conversations successives, pourtant maintes fois entendues en ce coin d’Hexagone, mais qui me touchent encore et toujours comme au premier jour – au plus profond, au plus nauséeux à chaque fois – je décide de laisser tomber ma nouvelle pour devenir acteur, de cet événement planétaire :

« J’en fais le serment, je ferais tout ce qui sera en mon pouvoir ! Tout ce que je pourrais, pour les aider à aller le plus loin possible ; à la gagner, même, cette coupe, si besoin est ! ».

Mes talents de footballeur étant comparables à ceux d’un éléphant d’Asie juché au réveil sur des skis, je décide d’œuvrer tout autrement à la réussite de mes Français à moi.

Intègre et droit en mes tongs, je me refuse pourtant à me parjurer, à succomber au mal pour rejoindre, puis tomber, dans les filières parallèles : rites vaudous, envois de colis piégés, fortes sommes d’argent déposées sur des comptes anonymes afin que d’êtres ultérieurement distribuées aux arbitres, joueurs complaisants ou proches dans le besoin.

Refusant également l’embauche de femmes « faciles » destinée à ternir la réputation de certains joueurs adverses mariés ou fiancés, je creuse au plus profond de mes neurones en surchauffe. Penchant pour l’exécution d’une danse de la pluie à destination de la surface de réparation togolaise, au moment le plus (in)opportun, je me dois néanmoins de renoncer au tout dernier moment en mirant le ciel azur, parfait, dégagé (en dépit de mes efforts acharnés) et mes limites, en la sorcière matière…

Concentré comme jamais sur le Togo, je sens les idées naître et se presser, en fais l’inventaire, les répertorie méthodiquement.

Ces bons Français de souche voient encore très certainement les noirs (et autres peuples indigènes) au travers de la fameuse série des Tarzan tournée au début du siècle dernier.

Une époque où les blancs partent toujours à l’aventure nantis de l’équivalent d’une ville, niveau porteurs, pisteurs et traducteurs, mais finissent quoi qu’il arrive par rallier leur point de départ en petit comité, comblés et intacts, malgré les conditions pour le moins extrêmes, de leur folle embardée.

Tandis que, côté « blancs », ils s’en reviennent quasi, comme ils sont partis, à un ou deux personnages près – le méchant et le gentil le moins important pour la bonne poursuite du scénario – côté « nègres », c’est le plus souvent l’hécatombe, l’éradication pure et simple de la ville « levée » en amont, option génocide de masse. Peu ou presque plus de porteurs et guides ; juste le strict minimum, en somme, pour arriver à ramener à bon port les choses les plus pesantes, essentielles ou précieuses.

En y regardant de plus près, à la limite, cela pourrait ressembler à une sorte de rite initiatique pour « enfant blanc de bonne famille venu se déniaiser le système dans la jungle Africaine ».

L’équivalent du campement scout, de la « colo » ou des camps d’ados d’aujourd’hui, pour faire simple. Du côté des autochtones, par contre – écrasés par les éléphants, écrabouillés par des gorilles, avalés de vide ou transpercés par les flèches acérées des (encore) plus sauvages qu’eux – c’est tout de même l’interrogation qui prime. Ces « locaux » passent une grande partie du film à mettre le blanc en garde contre les multiples dangers de l’Afrique, mais finissent invariablement (bêtement) par y succomber eux-mêmes… Pathétique, non ?

Le point d’orgue de la série étant atteint au cours de cette scène de grimpette hallucinante, où, ployant sous les quartiers de roche lancés par des gorilles hargneux, les porteurs noirs tombent, les uns après les autres (en petites grappes fines, fines, fines) pour finir par s’écraser durement tout au bas de la montagne « sacrée ».

Une suite de chutes affreuses, qui n’émeut personne : ni les héros blancs, ni les gorilles ; pas même l’ensemble des autres porteurs ou l’œil précis, investigateur et gourmand, de la caméra qui filme tout (elle) dans les moindres détails. Pas plus que nous, donc, qui continuons à les regarder puis qualifier l’ensemble de « culte » !

Si les footballeurs de l’Équipe de France (les Bleus, donc) effectuaient le même type de culbute fatale – étant finalement remplacés sur le pré par les mêmes qu’eux, mais blancs, eux – c’est à se demander si cela ne ferait pas plaisir à certains de nos contemporains situés à la droite, de la droite, de la droite, de la droite, de notre électorat !

De plus en plus révolté, décidé à piétiner puis ventiler à jamais la fourmilière ainsi exhumée, je m’organise dans le calme, prépare la riposte.

Inspiré comme jamais, je phosphore longuement et triomphe dans la foulée. Je recouvre alors mes parties génitales de « tricolore », puis scanne mon intimité de la plus précise, de la plus chirurgicale, des façons. Ensuite, utilisant au mieux l’éventail sans limites de nos actuelles technologies, je décide d’en agrandir les dimensions sur ordi, jusqu’à l’innommable, jusqu’à l’insupportable – côté taille ET circonférence – puis envoie le tout par mail aux joueurs Togolais en me faisant passer pour un Blanc Bleu de la bande à Zizou !

Interloqués, perturbés (effrayés ?) par les dimensions hors du commun de mon engin

FRANÇAIS de séduction massive, ceux-ci s’effondreront, puis se rendront finalement sans affrontement, ou presque. Une heure et demie durant, ils courront aux quatre coins du terrain, tête basse et peur vrillée au ventre : cherchant uniquement à découvrir « qui », parmi nos Bleus à nous, pourrait bien être l’heureux propriétaire de cet organe de concours ô combien castrateur ! Ce faisant, lorgnant sans discontinuer sur Barthez, ou contenant les rares assauts de Franck Ribéry, Willy Sagnol et David Trezeguet – concentrés uniquement sur ce quatuor de pas « bronzé » – ils laisseront le champ libre à Patrick Viéra et Thierry Henry, qui en profiterons, eux, pour qualifier magnifiquement la France !

Épilogue :

Comblé, fier de mon œuvre, le soir, une fois le Vieux Port rallié, je parlerais à tort et à travers. Expliquant au monde en liesse, tout autour, quelle aura été la grandeur de mon unique exploit, et me vantant d’être LE stratège de l’équipe, je passerais ainsi, de table en table, bombant le torse en racontant mon histoire jusqu’à plus soif. Atteint au plus profond de ma chair par les rires gras et moqueurs qui fuseront alors de toutes parts, en provenance directe des gosiers alentour, je regagnerais finalement mon immeuble dans la nuit en rasant les murs, humilié, incompris et blessé.

Le lendemain matin, toujours meurtris, mais requinqué – quoique, manquant singulièrement de tact – je finirais par me brouiller, après avoir « tout avoué », avec mon plus vieil (et fidèle) ami africain ; pour une sordide histoire, de : « propos stupides, inconsidérés, s’appuyant sur de vielles légendes indignes de ta personne éduquée… mais digne, par contre, des vielles traditions colonialistes de la France et de ses pires excès passés ! Je ne te félicite pas, non,  jamais j’aurais cru ça de toi… » (sic).

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Kollectiv’mode

Kollectiv’mode est une association artistique atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires qui unissent leurs forces et savoir faire autour du processus de création puis de sa matérialisation (expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales).