KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

(Nous n’avons) pas de Nouvelles de la Saint-Valentin !

Cœur-01

De Toute Urgences…

Je parlais l’autre soir à mon psy, le nouveau que m’a conseillé ce cher Dr. Levy – celui qui suçote tout le temps son stylo en faisant des petits bruits continuels très « humides », très « sexués » (carrément gênants) – de ces gens qui vivotent difficilement au contact l’un de l’autre sans même s’en rendre compte ; qui changent peu à peu de personnalité en profondeur à cause des habitudes de vie commune qu’ils adoptent puis subissent pourtant de leur plein gré sous couvert couple ; qui tendent peu à peu à se lisser puis disparaître de glauque au contact de l’autre : tellement qu’ils ne pensent finalement plus qu’à se reproduire ou à faire « construire », espérant ainsi s’en « sortir » dignement ou y échapper, les cons…

Il m’a alors regardé sans mot dire, durant quelques longues secondes (minutes ?) puis m’a demandé ce que j’avais pensé de ma récente hospitalisation et comment je l’avais vécue en mes « chairs » intimes… l’enfoiré !

Genèse…

Ce Mardi 8 Mars, donc, comme c’était le retour de la « Journée de la Femme », je me suis arrangé avec un collègue célibataire et suis parti plus tôt du boulot. Fermement résolu à tout faire bien – contrairement à l’année précédente, vu que je l’avais carrément « oubliée » et que ça avait « chauffé »… – j’ai couru comme un dératé au travers des rues du centre-ville pour lui acheter des fleurs en bouquet, une paire de bas avec porte-jarretelles assortis (hors de prix) plus un gadget « coquin » destiné aux solitaires, juste pour elle, quoi : des petits œufs lisses comme tout prêts à se fourrer partout, partout…

Bien décidé à faire remonter ma côte d’amour, j’y ai également ajouté une belle boite de chocolats, sur laquelle j’ai dessiné un cœur à la hâte avec mon marqueur blanc (avec nos initiales dedans) et finalement happé une bonne bouteille de champagne reconnue de la qualité ! J’étais cette fois au top, rien moins.

Une fois revenu en nos foyers, j’ai vite installé un grand nombre de bougies – éclairantes et parfumées – un peu partout, entre vestibule, salon et chambre, puis disposé mes paquets (joliment enveloppés) bien en évidence sur le canapé. Connaissant ses p’tites faiblesses du « dedans », j’ai posé le dernier album de Marc Lavoine sur la chaine stéréo (malgré mes réticences légitimes de mélomane accompli) puis ai attendu fébrilement son retour : sagement assis sur la canapé et revêtu de ma plus belle chemise de soie, débordant d’espoirs très érectiles. Hélas, lorsque ma bien-aimée a franchi le seuil de notre appartement et m’a finalement vu ainsi allongé, « alanguis », lové d’attente au plus profond du cuir noir épais, nanti de mon sourire le plus large (niais ?) elle s’est mise tout d’abord à glousser, puis à rire franchement. Après s’être fendue ainsi la poire, sans se cacher, elle m’a alors lancé en pouffant, le maladroit, très maladroit, trop maladroit :

« Tu te trompes, mon pauv’ MAMOUR, tu te trompes… je t’assure! C’est pas la St Valentin, aujourd’hui… c’est juste la Journée de la FEMME ! C’est pas du tout pareil ! Et tu le sais bien… non ? En plus, en plus, ben, faut qu’tu saches que j’ai, mes… Enfin, bref, que tu peux déjà commencer par enlever ta chemise de soie pour mettre ton jogging, parce que c’est très, très ABONDANT, cette fois, en plus ! Et puis, tu sais très bien qu’demain j’ai « réunion », comme tous les vendredi ! Je suis désolée, mon pauv’ chou, mais… tu t’es vraiment donné de la peine pour rien, cette fois… ».

Elle s’est alors approchée de moi, s’est baissée et a posé doucement une bise sur le haut de mon front. Sur le FRONT, putain, moi qui n’ai jamais supporté « ça », jamais ; elle le sait très bien, c’est par trop maternel comme geste, pour que je l’accepte venant d’elle (même si ma mère n’en a jamais abusé de notre vivant commun…). Pris d’une rage rare, incontrôlée, je l’ai alors saisie par l’épaule et l’ai embrassée très fort sur la bouche, tout en caressant vigoureusement sa belle poitrine naturelle que mes vieux amis m’ont toujours envié. Inexplicablement, elle a alors tenté de se dégager puis s’est carrément énervée parce que je résistais en la maintenant serrée très fort contre mon torse, entre bras et buste, façon étau. Perdant subitement patience (et la maîtrise de ses nerfs) elle a hurlé, comme jamais : « Putain, mais lâche-moi, tu m’fais mal ! », avant que de se mettre à me mordre très fort au niveau du cou, jusqu’au sang, sans cesser un instant de hurler et se débattre. Retrouvant ses noirs instincts et le plus laid des gestes d’autodéfense (des cours offerts par mes soins pour la « protéger des salauds ! ») elle m’a finalement gratifiée d’un sec coup de genou dans les parties génitales, au moment même où je commençais enfin à relâcher un peu mon emprise initiale ! Voulant la saisir par les cheveux à la « garçon », en guise de contre attaque, parce que fou de douleur, je me suis hélas penché un peu trop vite en avant et suis parti « embrasser » de tout mon être la vitre de la petite table de bois Japonais du salon : celle-ci a instantanément explosé sous la violence du choc.

Synthèse…

Je dois dire qu’elle se sera tout de même montrée très « sport », in fine, ma Katie à moi, puisqu’elle aura eu la gentillesse de me conduire immédiatement aux Urgences de l’hôpital de La Conception ; en cet endroit très moche et qui ne sentait pas bon, des gens serviables (précis, doux et à l’écoute) auront rapidement su stopper l’impressionnante hémorragie déclarée, avant de me poser une petite cinquantaine de points de suture sur le haut du crâne. Une cinquantaine, au bas mot !

(Récit des faits passés volontairement sous « silence », vis-à-vis du psy, j’assume…)

Hôpital de La Conception, quelques minutes plus loin :

Tandis que l’on décidait finalement de me garder en « observation » pour la nuit, tout en bandant mon cou amoché et griffé, ma Katie à moi n’a pu s’empêcher de me glisser malicieusement dans le creux de l’oreille, le polémique et très pernicieux :

« Je te remercie d’avoir pensé à MOI pour la journée de la femme… mamour ! Je vais enfin pouvoir passer une nuit complète sans t’entendre RONFLER de longue comme un phacochère… juste à côté ! De quoi arriver enfin en forme à ma réunion. C’est très gentil, merci à toi, vraiment, c’est… trop Chou, mamour ! ».

Elle s’est alors éclipsée en chantonnant doucement le fameux « tes yeux révolvers… », tandis que je me mettais à sangloter doucement d’ego piétiné en regardant par la fenêtre crépiter les moches néons éclairant la rue : unique point de vue autorisé depuis les fins fonds de mon lit de fer fonctionnel…

« So, hold me close honey / Say you’re forever mine / And tell me you’ll be my lonely valentine… » (B. Springsteen : Tunnel of Love).

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Kollectiv’mode

Kollectiv’mode est une association artistique atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires qui unissent leurs forces et savoir faire autour du processus de création puis de sa matérialisation (expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales).

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