KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

McCartney au Vélodrome

 

Sir Paul McCartney performs at The Joint inside the Hard Rock Hotel & Casino April 19, 2009 in Las Vegas, Nevada.

De LUI, à NOUS…

(Pré)Face A

 

Every Night…

« Le poil pousse, mais l’animal reste le même ! » : un proverbe antédiluvien qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à la récente « mue » de l’UMP-RPR en Les Républicains, à la réélection houleuse de Sepp Blatter à la tête de la FIFA-MAFIA, qu’à notre musicien-rosbif préféré de Liverpool – une nouvelle fois en tournée pour y défendre (sans acharnement aucun, il faut bien le préciser) le très médiocre, non, plutôt, sans « saveur » : NEW !

Le plus dur restant ici d’arriver à retranscrire au mieux ce qui doit l’être (mais ne peut l’être ?) a posteriori et au plus proche de l’impartialité. Comment arriver à analyser froidement ce moment rare et précieux, cette respiration en apnée menée hors des multiples vicissitudes nées de notre société liberticide, castratrice et angoissée de son (mal)propre présent ; cette enclave dans le temps censée balayer de souvenirs, personnages et mouvements, flashes et images, plus de cinquante années de notre histoire humaine occidentale commune ?

Ce pourquoi, ce qui suit, ne sera jamais qu’une (longue) suite de pensées jetées sur papier sur le moment, réflexions, attitudes, interrogations, réactions (épidermiques ou sanguines) largages de neurones menés loin du réel et démêlés de moult fils, liens et solides attaches, noués, accumulés, au fil des années, révolutions et avancées ; sans aucune volonté de se montrer jamais ici « précis », pertinent, clair, impartial ou partisan, assassin ou encenseur, polémique et opportuniste, ou bien, nostalgique de profession…

 

Face B

 

Paul Is (A)Live…

22h : le show vient d’opérer un premier point de bascule ; de trouver enfin son rythme après un départ plus que poussif et brinqueballant du nerf… auditif. Curieusement, c’est grâce à un obscur morceau, Temporary Secretary, jamais joué sur scène avant l’actuelle tournée (« une première pour la France ! », dixit son créateur) extrait du trop souvent décrié ou conchié, mais putain d’original et culotté McCartney II, que la magie opère enfin. Un album faisant alors écho au séminal et « Beatles-icide » McCartney I, créé de brick et de broc sur les cendres encore fumantes des alors déifiés Fab Four. Un second album « Wings-icide », donc, cette fois, entièrement composé enregistré et joué en mode « solo », qui contient une foultitude de grands morceaux, tels : Waterfalls et One Of These Days (ballades imparables), les « NéoRockabillyBricolo » On The Way et Bogey Music, le « BluesyGarageFifties » Nobody Knows, les instrumentaux Front Parlour et Frozen Jap (en « hommage » à sa courte incarcération pour détention de Marijuana au Japon) ou bien encore LE morceau qui aura sans nul doute poussé un jour Damon Albarn à créer puis capitaliser sur Gorillaz : Darkroom ! (avant de tordre du nez et se moquer, allez donc l’écouter et vous verrez, tout y est déjà, tout, tout… tout !). Une performance magistrale, que ce Temporary Secretary, boostée par un écran vidéo inventif soudain branché en mode Kraftwerk, côté univers graphique. Un morceau dense et reconstruit pour l’occasion qui cède alors la place à l’irremplaçable Let Me Roll It (accompagné de sa désormais habituelle « redescente Foxy Lady », durant laquelle le Paul se plaît à rendre hommage au défunt Hendrix, qui avait lui-même initié le mouvement en reprenant Sgt. Peppers sur le mythique album Live In The West !). Un duo majeur, couronné d’une belle version du pourtant très lointain Paperback Writer : moment plus que parfait pour rappeler que les Beatles étaient avant tout un groupe à Riffs, thèmes et gimmicks imparables, en sus des mélodies hors normes, instruments inattendus et inventions sonores majeures vantées du quotidien depuis…

Un trio de choc qui rassérène après le, pas en place du tout, Eight Days A Week, le dispensable Save Us, le carrément raté de la rythmique et de la voix : Listen To What The Man Said ; sans oublier les nappes de synthé pataudes ayant auparavant plombé/massacré l’importantissime extrait de Revolver : Got To Get You Into My Life (déjà autrefois exécuté de laid par Johnny « j’en frémis » Hallyday…).

Ticket To Ride…

En dépit des prix pratiqués céans (bien moins cher que le Stade de France à venir) des promos, jeux divers et tickets « offerts », le Stade Vélodrome sonne creux par endroits (des pans entiers de tribunes et une bonne quinzaine de mètres de no man’s land au niveau de la désormais incontournable « Pelouse Or », pour près de 15 000 absents au final !). Idéalement placé à une vingtaine de mètres, droit face au micro du Mac, je suis tout bonnement bluffé par la qualité intrinsèque du son, l’extrême netteté des voix et instruments (toutes et tous !) la possibilité de me passer des écrans pour regarder ce qu’il fait et comment il joue. Ailleurs (higher ?) par contre, les avis auront été tout autres : son tourbillonnant et aigus sous distorsion, visibilité (hors écrans) moyenne, quasi impossible ou lamentable : les grands classiques de la vie Live en stade, le tout agrémenté du désormais fameux : « gobelet de plastique souvenir du jour + bière = 8 Euros ! », et vive la crise… Impression « pigeons » confirmée par le tarif prohibitif des T-shirts, proposés ce soir à trente-cinq euros, la pièce !

Sans oublier que l’avant concert aura été pénible : nombre de reprises des Beatles, tout d’abord (dont une grande partie du génial coffret reggae Trojan Sings The Beatles, Nina Simone et autres artistes Soul) puis un long mix musical des chansons des Beatles (si, si !) opéré des mains expertes du DJ officiel de la tournée (qui se fera sèchement siffler en passant d’horribles reprises des Beatles par la risible scène « Yé-Yé » Française) avant qu’un très beau montage graphique, agrémenté de photos, ne remonte l’ensemble de la carrière du « visiteur du soir », depuis l’enfance du héros attendu et de ses acolytes, jusqu’à nos jours, ou presque, le tout sur fond de musique des Beatles (encore !) des Wings ou de Mc Cartney en solo. De quoi se montrer « saturé » avant même le début des hostilités Live, ou de décider sur le champ de ne plus en écouter avant une bonne paire de mois, au moins.

Bien calé sur mon coin doré de pelouse, je repense à tout ceci tandis qu’il chante l’horrible et convenue « pop jazzy guimauve piano bar » My Valentine, composée et jouée en l’honneur de sa dernière compagne en date : Nancy Shevell – un morceau « meuble », doté en sus d’un solo de guitare acoustique mièvre au possible, qui voit alors mon majeur s’étendre tout raide vers la scène en guise de sourde protestation. Fort heureusement, il enchaîne illico avec deux grandes chansons, avant que de dédier l’épastrouillant Maybe I’m Amazed à celle qui avait dans le temps inspiré sa composition : Linda Eastman (McCartney) ; d’un tout autre calibre (amour ?) assurément…

Beatles For Sale…

C’est tout de même, sur ce point très précis, qu’il nous faut aussi nous arrêter un temps ; cette capacité qu’à notre homme, depuis moult années, à bien maîtriser l’exercice difficile de la Setlist du soir. Cette habilité rarement vantée à contenter tout le monde (lui et ses musiciens, compris) sans pour autant tomber dans le racolage, se compromettre ou cachetonner. Contrairement à pas mal de groupes ou sommités du Rock, contemporaines du gars de Liverpool, il n’enchaîne pas juste les Hits et vielles scies en se contentant d’en recueillir/recevoir les effets immédiats (niveau ego & portefeuille), ne joue pas les mêmes, encore et encore, jusqu’à plus faim, en mode Rolling Stones (depuis 1973, en gros…) ou bien évite de se caricaturer façon Roger Daltrey : qui refuse, contrairement à Robert Plant du Zeppelin, d’admettre que sa voix a changé et baissé au fil des ans (alors que Pete Townsed/The Who reste une formidable machine à envoyer du lourd derrière, sur scène !) finissant ainsi trop souvent par massacrer de façon éhontée les beautés rares créées en amont (il est loin d’être le seul dans ce cas, nope).

Pour chaque Blackbird ou Yesterday joué, il y aura donc un 1985 ou un Hi, Hi, Hi ; pour chaque Let It Be, un Lovely Rita, pour chaque sommet de nostalgie gravi – Eleanor Rigby ou And I Love Her – une paire de Another Day ou All Together Now, ressurgis de nulle part…

De toute façon, il paraît presque impossible (voire, criminel ?) de rater un show lorsque l’on possède comme lui une telle somme quasi interchangeable de « pépites » dispo ou jouables à l’envi ; entre les différentes périodes, projets et formules – The Beatles, Wings, Rockestra, BO, Mc Cartney ou The Fireman – il possède en effet plus d’une bonne centaine de chansons aptes à réjouir tout un chacun sans que pour autant la qualité d’ensemble ne baisse ou ne chute dangereusement. C’est un fait. Difficile à accepter ou challenger pour la concurrence, soit, mais avéré néanmoins. Il peut ainsi se permettre de NE PAS jouer Love Me Do, She Loves You, All My Loving, I Want To Hold Your Hand, Drive My Car, Day Tripper, Penny lane, Magical Mystery Tour, Get Back, The Fool On The Hill, Sgt. Peppers, Hello Goodbye, We Can Work It Out, I’ve Got A Feeling, Oh ! Darling, I Will, Yellow Submarine, When I’m 64, Birthday, With A Little Help From My Friendsou ses tubes en solo, de type The Back Seat Of My Car, Junior’s Farm, Jet, My Love, C Moon, Silly Love Songs, With A Little Luck, No More Lonely Nights, Goodnight Tonight, Say, Say, Say, My Brave Face, Ebony & Ivory, Coming Up, Let Em In, London Town, Getting Closer, Tug Of War, Jenny Wren, Hope Of Deliverance, Once Upon A Long Ago, Dance Tonight, Où Est Le Soleil… non, pas celle-là, non, fort heureusement (même si j’aurais eu peur qu’il ne la joue spécialement pour nous, vu les conditions climatiques « avantageuses » sur la ville et le Vélodrome…).

Un « Paul aux Œufs d’Or » qui eut grandement inspiré la fable de légende, s’il n’était né quelque années plus tard après… Jean de La Fontaine, assurément !

Something New…

Contrairement aux décennies passées, durant lesquelles le gars aura toujours su/pu pondre du « lourd », du quasi immortel ou tout du moins d’excellente facture, le dernier NEW en date pousse peu à la gaudriole, nope. Une suite de chansons (et productions) qui peine à ravir les pavillons et/ou émouvoir, juste. Du banal, en somme, bien loin de ses réelles capacités, qui nous oblige à remonter jusqu’à la lointaine 2005 (Chaos & Creation In The Backyard : magnifiquement produit/drivé par Nigel Godrich et joué dans son intégralité par le multi-instrumentiste Paul) pour trouver trace d’un album réussi dans sa quasi intégralité et fort d’une suite de beaux ou grands morceaux (How Kind Of You, Jenny Wren, English Tea, Fine Line…).

C’est donc, fort logiquement, que nous n’aurons droit qu’à trois extraits du « nouveau » de service sorti en toute fin d’année 2013 : Save Us, New & Queenie Eye. Pas les plus mauvais, pas les plus désagréables, non plus, non, mais les moins « pires », à tout prendre, parmi les douze titres agencés puis sortis avant tournée. Fort heureusement, pendant ces deux derniers, l’inventivité ou la perspicacité des images compilées derrière sur écran permet d’attendre bien sagement de passer à… Lady Madonna, All Together Now, puis Michelle ! Histoire que de bien nous démontrer que l’on puis au moins se montrer patient ou magnanime avec l’auteur de ces sommets. Un peu dans l’genre : « ok, j’enregistre ces p’tites choses vaines aujourd’hui, c’est vrai, qui sonnent un peu comme une tentative modérée de vous convaincre que je suis encore au niveau d’antan, ce qui ne fonctionne pas très bien, je l’avoue, mais, bon… n’oubliez pas que j’ai écrit celles-ci, aussi, ok ? ». Il en profite d’ailleurs dans la foulée pour nous surprendre avec une rare et superbe interprétation de Lovely Rita, avant que de nous achever un court instant plus loin à l’aide du baroque, psychédélique et envoûtant Being For The Benefit Of Mr. Kite (autre extrait de l’encensé/insensé Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band) : morceau durant lequel on espère, l’espace d’un instant, que l’ensemble du groupe va se lâcher pour aller défricher des espaces encore vierges et improviser à « donf ». En vain. Ce serait trop vite oublier que le groupe présent sur scène ce soir n’a pas écrit une note de ces chefs d’œuvre, et se contente donc logiquement de les respecter et de respecter les desiderata de son auteur avant tout. Sachant que l’ensemble tient parfaitement la route et que le Paul semble veiller au grain en permanence, rien à regretter au final, que nenni.

I’ve Got A Feeling…

Présents depuis près de quinze années aux côtés de Sir Paul, le quatuor formé de Paul Wix Wickens (claviers, guitares, harmonica et accordéon : le plus ancien de la bande, en place dès 1989 !), Rusty Anderson (guitares & voix), Brian Ray (basse, guitares & voix), et Abe Laboriel Jr. (batterie, percussions & chœurs) fonctionne à merveille et fait le job ; parfois sans génie ou fioritures, soit, mais doté d’une technique hors norme et d’une grande capacité d’adaptation – même si certaines relectures fonctionnent « limite », parfois : Another Girl, Can’t Buy Me Love, Eight Days A Week, Ob-La-Di, Ob-La-Da, ou Listen To What The Man Said – qui permet à l’ambassadeur numéro un de la basse Hoffner dans le monde, de pouvoir dormir sur ses deux oreilles de concours la veille des shows. Sans nul doute qu’il gagnerait parfois à se séparer de « l’idole liftée des coiffeurs de Los Angeles » nommée Brian Ray (à la chevelure blonde bouclée et aux rangées de dents dévoilées/affichées en permanence, « façon » proue) ou de son alter ego brun Rusty Anderson – tous deux excellents musiciens de studio mais manquant souvent de « feeling » jusqu’à plomber parfois le morceau initial. Hélas, ce n’est pas à presque 73 printemps Anglais (ça conserve visiblement mieux que sous nos latitudes) que le Mac a intérêt à tout changer ; d’autant que ceux-ci en connaissent un rayon, niveau répertoire appris/joué et capacité d’adaptation/apprentissage. Dommage, cela permettrait parfois à certaines chansons d’être abordées différemment et/ou « déflorées » d’envie AVEC apport personnel. Niveau tambours de guerre (ou de galère !) rien à reprocher au sieur Laboriel Jr. ; d’autant que celui-ci a su affiner/enrichir son jeu au fil des tournées et qu’il possède en lui, en sus de sa science des fûts, toute une galerie de chœurs ou voix de soutien des plus justes. Ce qui semble lui donner (outre la connexion naturelle liant généralement batteurs et bassistes) une proximité réelle d’avec la voix de son maître… Wix Wickens, quant à lui, se montre également un arrangeur et un directeur musical hors pair, qui font de lui le ciment, le pivot, le compagnon incontournable et gardien du sanctuaire Live depuis le lointain Tripping The Live Fantastic ! (1990). Les deux à garder à tout prix en cas de subite réduction de budget ou crise de remplissage des tournées, c’est d’ores et déjà à acter. Par contre, s’il pouvait germer sous le crâne de cet écossais de chanteur, l’idée de casser un peu plus sa sacrosainte tirelire – récemment mise à mal par un divorce douloureux ! – afin de s’acheter un trio de CUIVRES, ou bien de convoquer çà et là un quatuor à CORDES sur scène, écouter Got To Get You Into My Life, The Long & Winding Road, Live and Let Die, ou Eleanor Rigby, permettrait de toucher de nouveau au sublime ; comme quoi, les légendes et rumeurs ont parfois la peau dure, et les oursins, eux, toujours profondément nichés au fond des poches des habitants de la région du Kyntire…

La Nostalgie, Camarade…

Sachant que nous fêtons actuellement le cinquantenaire de la Beatlemania, la Setlist du soir est majoritairement axée sur les chansons pondues par le groupe entre 1962 et 1970, huit années qui auront changé à jamais la face de la musique occidentale, dite « Pop ». Outre les magnifiques I’ve Just Seen A Face (très réussi), Back In The USSR (très dense et énergique), Let It Be (classique et appliquée), ou Hey Jude (bien en deçà de l’originale, à jamais plombée par les « Naaa-Na-Na-Na-Na-Na-Naaaaa ! » chantés à l’unisson par le public et orchestrés finement par son auteur !) les hommages aux deux grands disparus seront également poignants et impeccables.

Après un très beau Blackbird (toujours costaud du picking et placé de la voix) joué en solo sur la partie avant de la scène, qui s’élève soudain à quelques 5 mètres au-dessus du public, les images de John Lennon envahissent les écrans, et son « double de composition » lui rend grâce avec juste ce qu’il faut d’émotion dans la voix, avant de délivrer une version nickel de Here Today : écrite juste après la mort de John Lennon, imaginée comme une conversation avec l’esprit du disparu et présent sur Tug Of War (1982) ; un album « descendu » (comme souvent avec la carrière solo de Macca) par la presse dès sa sortie, et pourtant plus que défendable, ne serait-ce que pour sa première face, quasi parfaite, formée de : Tug Of War, Take It Away, Somebody Who Cares, What’s That You’re Doing, et… Here Today ! Hélas, comme souvent (presque à chaque fois) ce disque sera vilipendé et les disques solo de Lennon accueillis avec enthousiasme, dans le même temps, alors que deux seulement méritent l’appellation d’album « réussi » du côté du gars John (Imagine et Plastic Ono Band), les autres ne contenant chacun que quelques putains de bonnes chansons ou singles, mais jamais aboutis totalement de l’ensemble, son et fond, compris. Souffrant de l’image du « gars gentil genre gendre », face au « révolté arty politiquement conscient », Paul sera CELUI qui laissera derrière-lui un patrimoine plus que conséquent et de qualité, que ce soit avec ou sans Wings, d’ailleurs. Il est, était et reste, LE musicien du groupe des « Fab » : celui qui travaillait encore et encore ses parties instrumentales (jusqu’à exaspérer ses pairs) qui ramenait toujours avec envie, et des idées nouvelles, le reste du groupe en studio, celui qui expérimenta beaucoup, celui qui eut le courage d’embarquer dans un Van avec son groupe dès la fin des Beatles pour s’en aller parcourir le pays et défendre les chansons de son album McCartney1 dans des petites salles et universités, tandis que John, lui, sauvait le monde de son côté…

Le Something d’Harrison sera bien évidemment dédié à « mon petit frère George ! », commencé en solo au Ukulélé, puis très travaillé avec le reste du groupe, pour un très beau final ; une chanson que le « parrain du New Jersey » Franck Sinatra chantera d’ailleurs à la mémoire de John Lennon peu après la mort de celui-ci, parce sans nul doute incapable d’imaginer qu’un tel sommet eut pu être composé par le placide Harrison

Sir James… Paul McCartney !

Lorsque l’on glisse un œil sur l’écran géant qui le capte en gros plan, on se surprend à être surpris par son actuelle splendeur : le dernier lifting en date est « bien en place », désormais, et le gars ne fait aucunement ses bientôt soixante-treize années – sûr que le fait de vivre de sa passion et à son rythme, de ne pas avoir de soucis financiers ou de survivance au quotidien, le tout ajouté à une belle hygiène de vie et un suivi médical de premier plan, ça aide, pour sûr. Reste, que, il est toujours en forme et affuté, semble prendre un rare plaisir à jouer ses créations ou communiquer avec le public (en « Marseillais » dans le texte : « Allez l’OM ! », « Ils sont Fadas ! », « Escagassés ? ») avec ses musiciens et fans, et donne de sa personne, comme… personne !

Quant à sa voix, s’il a fallu quelques morceaux avant qu’elle ne soit bien en place, il sait en jouer en orfèvre, l’économiser quand il le faut ou bien se lâcher lorsque l’envie lui prends (1985, Let Me Roll It, Hi, Hi, Hi, Band On The Run, Maybe I’m Amazed) relativement impressionnant, là aussi ; suffit pour cela de le regarder sauter comme un gamin et arracher de férocité le premier morceau de Hard Rock jamais répertorié (1968) Helter Skelter, pour se souvenir que c’était déjà lui, à l’époque, qui enregistrait la plus belle reprise du Long Tall Sally de Little Richard ; pas Lennon, non, pourtant considéré comme LA voix « Rock » du groupe (et également nanti d’un organe hors normes). Outre les habituelles et abondantes « flammes et pétarades » plongeant le stade tout entier dans un déluge pyrotechnique, sur Live & let Die (on se croirait presque à la mi-temps Live du Superbowl, l’espace d’un instant) le dernier rappel sera impeccable, dense et puissant, mélodieux et euphorisant, puisque composé du trio final d’Abbey Road (dernier enregistrement officiel des Scarabées) : Golden Slumbers/Carry That Weight/The End.

Imparable et beau à la fois, de quoi habiller musicalement nos rêves pour les jours et mois à venir, en somme… de lui à nous, définitivement !

« Est-ce que tu seras dans mes rêves, ce soir ?

Au bout du compte/L’amour qu’on prends est égal à celui qu’on fait… » (The End).

Marseille/Vélodrome/5 Juin 2015 : Chansons Jouées

1 Eight Days A Week
2 Save Us
3 Got To get You Into My Life
4 Listen To What The Man Said
5 Temporary Secretary
6 Let Me Roll It/Foxy Lady
7 Paperback Writer
8 My Valentine
9 1985
10 The Long And Winding Road
11 Maybe I’m Amazed
12 I’ve Just Seen A Face
13 We Can Work It Out
14 Another Day
15 Hope For The Future
16 And I Love Her
17 Blackbird (solo acoustique)
18 Here Today (solo acoustique)
19 New
20 Queenie Eye
21 Lady Madonna
22 All Together Now
23 Michelle
24 Lovely Rita
25 Eleanor Rigby
26 Being For The Benefit Of Mr. Kite
27 Something
28 Ob-La-Di, Ob-La-Da
29 Band On The Run
30 Back In The USSR
31 Let It Be
32 Live & Let Die
33 Hey Jude

Rappel

34 Another Girl
35 Hi, HI, Hi
36 Can’t Buy Me Love
37 Yesterday
38 Helter Skelter
39 Golden Slumbers
40 Carry That Weight
41 The End

 

CRÉDITS PHOTOS :
FANART.TV
https://fanart.tv/artist/ba550d0e-adac-4864-b88b-407cab5e76af/mccartney-paul/

Pirlouiiiit (pour Live in Marseille)
À voir ici :
http://www.concertandco.com/critique/concert-paul-mc-cartney/stade-velodrome-marseille-8eme/50251.htm

 

 

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Kollectiv’mode est une association artistique atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires qui unissent leurs forces et savoir faire autour du processus de création puis de sa matérialisation (expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales).