KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

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Harmonies Mars…iennes !

(Enfin) De retour en nos terres sudistes après de trop longues années « sans » – passage de Jipé excepté, au moment de la sortie de son accompli, euphorisant et plus que jamais conseillé Clair ! – Les INNOCENTS resserrés en mode duo (Le susnommé Jipé et son comparse et co-auteur Jean-Cri) ont attisé les nombreux regrets le 11 mai dernier au Théâtre du Moulin, au bout du bout d’un show emballant, riche en harmonies vocales entrelacées et accords de guitares chiadés.

Une performance dense et tendue, saupoudrée de bons mots et rires partagés (leur autre marque de fabrique, depuis la lointaine 1985…) assise sur une Setlist habile, mélangeant, pêle-mêle, leurs grands hits hexagonaux – Un Monde Parfait, Le Cygne, Un Autre Finistère, Jodie, Mon Dernier Soldat, Un Homme Extraordinaire – ainsi que des « oubliés » des hits ou morceaux moins exposés (mais tout aussi impeccables) tels : Danny Wilde, Les Cailloux, Dentelle ou Himalaya. 

Autres grands moments de cette belle soirée riche en visages souriants et chœurs poussés à l’unisson, les extraits du tout dernier Mandarine – album logiquement récompensé d’une Victoire de La Musique en février dernier ! – amplement au niveau de ses illustres prédécesseurs (100 Mètres Au ParadisFous À LierPost-Partum ou Les Innocents) à l’instar des Souvenirs Devant Nous, de J’ai Couru, des Philharmonies Martiennes, ou de l’épastrouillant, incontournable, addictif et plus que parfait : Love Qui Peut…

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Compte-rendu détaillé et photos de Lof à découvrir ci-après :
http://www.concertandco.com/critique/concert-innocents//50996.htm

 

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Après avoir passé de longs moments à signer, échanger ou se faire prendre en photos au contact de leurs fans, en fin de soirée, le duo a insisté pour poser avec quelques exemplaires variés de nos créations littéraires « made in » Kollectiv’Mode !

Des nouvelles originales ou musicales, à découvrir ou commander, via ce même site :
http://kollectivmode.com/category/edition/

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Site officiel du groupe :
http://www.lesinnocents.fr/

Facebook du groupe :
https://www.facebook.com/lesinnocentsofficiel/

Consonnes et voyelles agencées d’envie par Jacques 2 Chabannes
Photos de ces moments rares et précieux by Lof

(La) passion n’est pas un mot ordinaire…
Passion Is No Ordinary Word ! (Graham Parker)

Parker+Naulleau

 

 

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Passionné par l’œuvre (ample et aboutie) du musicien Anglais Graham Parker, le chroniqueur télé, écrivain et éditeur, Éric Naulleau, s’est depuis peu fendu d’une édition augmentée de son initial et recommandé Parkeromane.

Désirant pousser la gageure un peu plus loin, encore, il a récemment décidé de prendre la route en sa compagnie puis de se produire carrément sur scène à ses côtés… entre lecture (extraits) et chansons jouées de Live.

« Comment évoquer un artiste dont les chansons servent de bande originale à votre existence depuis trois décennies ? » : point de (Naulleau) départ littéraire d’une balade à deux qui aura ravi les « présents » en l’Espace Provence de Saint-Cyr, ce samedi 29 janvier : entre verve et gouaille, passion et (ir)révérence, rires et sourires, morceaux rares et/ou versions chiadées d’envie…

Une initiative, pas gagnée d’avance, mais conseillée, qui gagnerait à ne pas rester « fille unique »…

 

Récit/Compte-rendu de cette prestation, à suivre, ci-après :
http://www.concertandco.com/critique/concert-graham-parker-eric-naulleau//50759.htm

 

 

Éric Naulleau visiblement séduit
par nos productions littéraires « maison » (Kollectiv’Mode Ed.)
au point d’insister pour poser avec…

 Naulleau+nouvelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mystery glue

 

 

 

 

 

Graham Parker
Graham Parker & The Rumour : Mystery Glue/Universal-Cadet Concept/LP-CD

Parkeromane

 

 

 

 

 

Éric Naulleau
Parkeromane (Belfond Ed.)

 

Texte J2C / Photos Lof

The Soundtrack Of Our Lives (Me & Mr. Jones !)

Initial painting by Joseph Arthur

La Musique & L’Art
Encore & Toujours Au Centre de Toute Chose…

Tout ce que nous avons pris pour douce habitude de célébrer en ces pages Web, ces dernières années, ou bien longtemps auparavant, de coucher sur papier – le plaisir pris en réunion, l’envie, le partage, la convivialité, la créativité, la curiosité, la découverte, l’accès à d’autres cultures (peuples et histoires), la célébration de toute forme d’art ; sans oublier CE lien inusable, tangible, quoique indéfinissable, qui nous a toutes et tous un jour attirés puis fait plonger au sein de ce vecteur à rêves, à rébellion, indépendance, rapprochement et amour, ce réacteur à orgasmes divers, accomplissement de soi, voyages et évolution personnelle, qu’est la MUSIQUE ! – vient de vaciller sur ses bases au sortir de la tuerie basse du front du Bataclan (et autres lieux Parisiens endeuillés d’horreur).

Pour un très court instant, juste ; celui de rendre hommage aux disparus, à ces frères de passion commune couchés d’aveugle par des minus, des petites mains désormais étrangères à toute célébration de (source de ) vie et création : cette piétaille obtuse, cette chair à explosifs évidée de tout libre arbitre, que l’on envoie à la mort, que l’on fait monter au créneau sous couvert de religion pour accomplir de vils desseins économiques et géopolitiques axés uniquement sur la domination de « l’autre par l’autre » ; la (toujours) temporaire (et vaine) et antique suprématie d’un « clan » sur l’autre – puis de l’autre sur le précédent, jusqu’à l’apparition d’un autre (tout nouveau, tout beau, ou laid) et puis d’un autre, d’un autre encore, d’un… autre. Toujours, et à jamais. C’est de ceci que nous sommes faits. Le plus dur restant de l’accepter ou de surtout, surtout, se résigner.

Dès le lendemain soir, samedi 14 novembre, nous avons repris notre appareil-photos et notre carnet de pèlerin Rock à notes, pour nous poser au pied d’une scène proche d’Avignon (Elliott Murphy & NAS) – comme tant d’autres, et d’autres encore à venir, ou…  depuis ! – quelle autre réponse apporter à ce déni total de vie, que de la vivre…

Il est plus facile de détruire, que de créer ! Ces gens – que je ne nommerai pas ici pour les dénier d’identité, humanité – et tous leur piteux prédécesseurs, au fil des millénaires, siècles précédents et décennies (issus de toutes religions, obédiences, ethnies, sectes et partis) existent, agissent dans le seul but de nous le rappeler au quotidien et nous conchier de frustration.

À nous de les renvoyer au plus profond des noirceurs dont ils sont issus, en restant au plus proche de ce que nous sommes, vibrons et célébrons : l’agenda des shows, expositions et manifestations culturelles, regorge en permanence de possibilités, d’une offre de qualité, variée, quasi exponentielle ; s’en priver, serait… abdiquer !

Autrefois, j’ai su comment marcher sur l’eau…

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It Takes A Worried Man !

Ce samedi 14 novembre 2015, deux heures durant, Elliott Murphy (accompagné des « mythiques » Normandy All Stars) aura su éloigner, pour un temps, de nos têtes empesées, le fantôme noir et aveugle de l’odieux massacre Parisien de la veille.

« Baisse ta vitre / Tes pleurs ont tout embué / Baisse ta vitre / Ce n’est pas aussi désespéré que tu sembles le croire / Tu es bien trop jeune pour avoir assisté à cela / Désormais, ta vision des choses est trop mâture et bien trop claire / Tu sais, je suis familier de cette noirceur que tu viens juste de découvrir… » (Elliott Murphy/Caught Short In The Long Run/Just A Story From America).

Moins de 24H après cette sordide soirée – une de plus, au niveau de l’histoire tragique et ensanglantée de notre immuable et antique autoproclamée « humanité » ! – ils auront su faire, d’un coin de scène un rien paumé du Vaucluse (Le Thor) une clairière ensoleillée et fraîche,  ruisselante de plaisir, verdeur, innocence et passion.

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Une performance à saluer, complète et variée, vu ce contexte très laid ; une balade musicale balayant les genres et années (depuis 1973 la lointaine, jusqu’au très récent Aquashow Deconstructed) sachant, aux moments opportuns, laisser nos jambes se lâcher d’envie (Hangin’Out, Sweet Honky Tonk, Green River, And… General Robert E. Lee !), nos cœurs se serrer (On Elvis Presley’s Birthday), nos sens se glacer au souvenir de la fuite du fratricide originel Caïn (Blissed Out In The Land of NOD) ; nos larmes couler au son du très beau et très de circonstance Ground Zero (chanté à la fois en Français & Anglais, grâce au soutien émérite de son guitariste et « vieux » compère de route Olivier Durand), puis nos âmes lestées de doutes et interrogations s’élever enfin pour communier de vie (How’s The Family) pour mieux… retomber ?

Il est toujours plus facile de détruire, que de créer, ou bien, se… reconstruire ?

« Je me tiens assis-là / Anticipant les bonnes choses que nous sommes capables de faire ensemble / Essayant juste de ne pas penser à toi / Ne T’en vas pas… » (Elliott Murphy/Don’t Go Away/Aquashow).

Merci encore pour ce (très beau) moment, cette profonde respiration…

Lien vers Ground Zero (Elliott Murphy & NAS live) : https://www.youtube.com/watch?v=ZyKpIBw0lYA

NB : La direction de l’Auditorium Jean Moulin s’étant opposée à ce que nous prenions des photos, avant, pendant & après le spectacle, nous aurons pu illustrer l’article grâce à la gentillesse d’une spectatrice (merci Christine !) qui aura pu « shooter » tout du long à l’aide de son mobile (elle), à l’instar d’une petite centaine d’autres (Smartphones bardés de pixels et nombreux Iphones) de trois photographes et du photographe attitré du lieu, dans lequel il exposait par ailleurs ses clichés en marge du concert du soir…

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« Une Journée Particulière Avec Elliott Murphy ! »

Merci ! Un GRAND merci à toutes (et tous) celles (et ceux) qui seront venu(e)s assister/participer à ce bel événement musical & artistique, aux abords du Cours Julien (Marseille) ce vendredi 23 octobre 2015.

Pour faire simple, mais informatif, (in)complet, mais passionné :

L’assistance se montra enthousiaste et convaincue face aux superbes photos de Elliott Murphy & NAS shootées de Live puis affichées par Lof ! (exposition-vente en place chez EasyO & Lucky Experience – 92, Cours Julien : du mardi au samedi de 10h30 à 19h – jusqu’au samedi 7 novembre (inclus).

Vous fûtes nombreux à vous presser auprès de la table d’Elliott afin de le rencontrer pour échanger, papoter, acheter ses éditions rares ou récentes (puis les faire signer) se faire prendre en photo avec, ou… LE prendre en photo ! Sans que jamais celui-ci ne soit avare d’un sourire, geste attentionné ou mot amical…

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Nombreux à assister, à quelques pas à peine, au showcase d’une légende du Rock (toujours vivace et motivée, en activité) qui aura su convaincre et toucher, faire rire et enjouer, piocher sans retenue au sein de son vaste catalogue musical (entre Aquashow/1973 & Aquashow Deconstructed/2015) transformer le lieu en un espace de plaisir musical et poétique, à nul autre pareil… enclave, vous avez dit enclave ?

Nombreux à visiter d’envie la belle cave à vinyles – CD, DVD, livres, raretés et autres produits dérivés – estampillée Lucky Experience & Kollectiv’Mode Editions… puis à visiter les divers coins et recoins bardés de modèles de lunettes originaux, du EasyO lieu.

Une grande et belle soirée qui vit les participants la quitter à regrets (soit) quoique nantis d’une large et belle « banane », plutôt rare, de nos jours : à même, à elle seule, de repousser les avancées grises du temps et son lot quotidien de peurs, frustrations, crises diverses et légitimes frustrations.

Rien que pour « ça », il fallait être « là »…

« There’s The Last Of The Rock Stars / And Me and You… »

Kollectiv’Mode
J2C (bla-bla)
Lof (photos)

 

La chronique de la soirée sur Concert & Co : ici

Elliott Murphy

 

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Un Mey de Choix À l’Heure de l’Apéro !

18 h 58 : Le soleil cogne encore sur le théâtre Silvain, qui bruisse d’avant show…

Tandis que le lieu à ciel ouvert se remplit doucettement et qu’une sauvage double queue s’organise sur le côté de la scène pour tenter d’aller quérir une bouteille de bière en « édition limitée » (l’emballage, malheureusement, pas la bière !) ou une boutanche de rosé « acide du boyau » à 20 Euros, le premier groupe programmé de la soirée investi prestement son espace adhésif, pensé et enrubanné de main(s) de maître en compagnie du collectif Berlinois Tape Over !

Guidé par une guillerette « boîte à sons qui rythme », et introduit, le trio sait qu’il n’aura pas de temps à perdre (vu la programmation de l’événement et les orages annoncés en fin de soirée) et opère donc une rapide et réelle montée en puissance, tout du long du très abouti, rythmé et ambiancé : Loner / Prisoner ; un morceau nanti d’une belle retombée très « Progressive Rock 70’s », nimbée de claviers et fûts martelés, avant expiration finale (qui manque juste d’un largage de rubans encore plus affirmé ou d’une guitare agressive qui tricote et triture en orfèvre). Un début à cocher à la case « réussite », qui semble à la fois fédérer immédiatement au sein de gradins plutôt attentifs (et déjà garnis d’attente) et dénouer la logique boule d’angoisse nichée logiquement derrière chaque musicien et/ou voix au moment du historiquement casse-gueule « premier morceau du set » : « J’étais un solitaire, un prisonnier / Me sens perpétuellement effrayé, même si j’en ai oublié la raison / Effrayé à l’idée de rire, partager, aimer, protéger… ». Une énergique mise à nu, de la part de son auteur Martin Mey, suivie du non moins structuré et dense Apart : second extrait du récent et plus que recommandé à donf : Taking Off ! (Naïve/Differ-Ant/2014).

Depuis son passage hivernal à la « Friche in Massilia » (19/12/14) l’ensemble s’est produit un peu partout au sein de notre hexagone (y compris au fameux Printemps de Bourges, très prisé des gens du métier du disque et medias) et sonne désormais comme un véritable groupe, uni et sur la même longueur d’ondes ; aussi, Hugo Maillet (basse + claviers + espadrilles vintage sous jeans remonté & voix) semble aujourd’hui faire partie intégrante du grand « tout » formé au moment du précédent EP Never Go Down, alors annonciateur de la formule (actuelle) à venir. En phase avec lui-même (ça commence toujours de cette façon, en gros…) Martin (claviers/guitares/boucles et voix principale) perpétue cette façon particulière qu’il a (toujours eue) d’accompagner les temps du plat de la main entre cœur et plexus ; pendant qu’il tapote en silence, paupières mi-closes, Laurent Tamagno (batterie & chœurs) marque franchement le break et agresse du fût sans ménagement aux yeux et conduits auditifs de toutes et tous ; un tripoteur de baguettes qui emmène ici un peu de poils (au menton, un peu genre barbe) au reste du collectif qui en manque cruellement : entre le look très « New Wave 80’s » du susnommé Hugo, et celui de quasi premier communiant du leader en chef (songwriter, parolier et arrangeur) taillé très court du cuir chevelu, portant petite chemisette estivale et pantalon assorti, et… baskets blanches vintage du plus bel effet !

Quelques mesures plus loin (plus tard ? Les deux fonctionnent, en fait) le show semble prêt à basculer vers tout autre chose, encore (higher, ailleurs ?) surfant sur l’épastrouillant One Time, Too Many, nanti ici d’un solide mur de basse-batterie propice à laisser aller nos corps (meurtris par de récentes et handicapantes poussées de chaleur) à bouger et suer de nouveau tout en fermant les yeux d’abandon ou bien en laissant errer nos regards de plaisir entres pins fournis postés juste derrière, avant que de se perdre dans l’inamovible azur méditerranéen posté de placide au-dessus de l’assistance (sur fond, de : « Le matin arrive, et je me sens raide / J’ai toujours été une abeille travailleuse / Cette fois, je ne reviendrais pas / Cette fois, c’est la fois de trop ! Cette fois, je ne reviendrais pas / Cette fois, c’est la fois de trop ! »).

Quoique déjà présent sur le séminal EP Get Out And Live, en une tout autre version, Running Child convainc encore et toujours, en dépit d’un trio de notes, façon gimmick, me rappelant fort inopportunément les remugles passés du Disco honni (par mes feux) des années 80 ! Impression initiale confirmée par un échange « basse-batterie » chassant sans vergogne sur les terres des défunts sanctuaires du genre autrefois nommés Le Palace, Les Bains-Douches, La Scala, ou le… Studio 54 ! Lors, une partie de mon cheptel neuronal ne peut m’empêcher de m’glisser que ce morceau bien bâti « mérite bien mieux, niveau arrangements ! », pendant que l’autre partie, elle, semble trouver que cela « fonctionne plutôt pas mal ! »…

« C’est tellement beau, ici, que j’en perds ma voix ! C’est pourquoi je vais maintenant vous faire un morceau bâti sur vocalises… sans voix ! » (M. Mey : sourire mutin en coin et pince sans rire).

Introduit, donc, par un trio de voix placé à l’unisson, Never Go Down (accompagné au moment de sa sortie d’une malicieuse et joyeuse vidéo) doté sur le CD d’un antique Mellotron, et également morceau phare du précédent EP éponyme, s’est depuis considérablement « épaissi » en dépit d’une batterie un tantinet en retrait par rapport à la version initiale une première fois gravée en février 2014 sur… rien, en fait ! Ce fût alors une putain de sortie « digitale », recommandable en diable, soit, mais encore dématérialisée de l’existence, à c’t’heure : « Naître ou ne pas être ! », en somme…

Un morceau qui me semble empreint d’une âme très Gospel, un style déjà pas mal défloré par Martin lors du second EP Out Of My Loops (2011) à l’aide de morceaux nommés Nobody’s Fault But Mine, Satisfied Mine, ou… Wade In The Water : « Si je marche jusqu’à un mile d’ici, je trouverai la rivière / Si je marche jusqu’à dix miles d’ici, je trouverai la mer… » (Never Go Down).

Entracte pas obligatoire, certes, mais informatif au sens technique :

Pour celles et ceux qui seraient intéressées par un rien d’histoire de la musique, le Mellotron est un échantillonneur polyphonique sur bande magnétique créé au début des années soixante, issu d’un instrument similaire nommé le Chamberlain, et, euh, bref… c’est l’instrument qui introduit le Strawberry Fields des Beatles, le In The Court Of The Crimson King de King Crimson, le Stairway To Heaven de Led Zep (non, non, ce n’étaient pas des flûtes, non, non, non et… nope !) et, quelques milliers d’autres « petites choses » gravées çà et là sur disque, depuis.

Fin de l’entracte et reprise de l’article écrit au fil du show…

Sur fond d’intro oscillant entre comptine et ronde, Seed Song semble placée ici pour rappeler (ou faire découvrir) à toutes et tous, que l’homme de belle taille désormais installé derrière le micro central taquine délicatement de l’acoustique ; un beau moment de respiration, et ce, même si l’énergie (et le partage) créé en amont semble refluer quelque peu ou s’atténuer un brin en dépit des ronds arpèges, très classiques de la construction, distillés en orfèvre – une des multiples facettes de la boule (à zéro ?) Martin, définitivement !

Après avoir jeté tous les remerciements d’usage, en stock, le trio, de nouveau « serré serré », revisite d’envie le Song 2 de Blur et en livre une version des plus déstabilisantes (lorsque l’on est fan invétéré de Damon Albarn & Graham Coxon, bien évidemment). Une première fois gravée sur EP (Out Of My Loops/2011) et régulièrement changée des arrangements en Live, elle semble être à jamais liée au parcours musical du gars et se pare ce soir de boucles et attraits très Electro, quoique boostée d’une suite de montées et attaques de caisse claire qui ramène immanquablement vers de toutes autres contrées… ce qui semble ne troubler aucunement le « héros première partie » du soir, bien décidé à passer à loisir d’une ambiance et d’un (présupposé) style à l’autre ; sachant très bien, qu’à terme, que l’on taxe sa musique (et divers projets passionnants ou parallèles menés de concert en étroite collaboration avec d’autres artistes, structures et collectifs) d’Electro-Pop, Pop-Électro, Indé-Électro-Pop, ou autres ridicules ou circonstancielles appellations, rien ne comptera plus au final que d’avoir marqué l’ensemble de ses travaux de son empreinte/ADN perso et fait en sorte que son talent sue puis transparaisse pleinement au travers de chaque note, écrite, jouée ou chantée tout du long de sa (nous l’espérons) belle carrière encore à bâtir puis consolider de notoriété à ce jour ; le talent, quant à lui, étant d’ores et déjà présent ou sous-jacent à chaque « Martin » instant…

Tandis qu’il quittait la scène, je me suis plu à penser que cela aurait pu (dû) durer plus longtemps, afin de pouvoir convaincre mieux chaque spectateur de la nécessité qu’il y aura désormais à le suivre et l’écouter, ou le soutenir sans compter…

Impression confirmée par la suite à l’écoute du groupe/duo suivant, plus particulièrement. Les sœurs jumelles de Ibeyi, en l’occurrence. Elles ont beau toutes deux (nées du même œuf) s’avérer agréables à regarder, faire le buzz et compter (en très peu de temps) une véritable pléiades d’articles élogieux et interviews dociles, toutes nées de la sortie de leur album éponyme, les écouter minauder et feindre carrément d’arborer le « melon » qui semble les chapeauter, devient très vite irritant et désagréable ; ceci ajouté au fait que leur patrimoine génétique musical – à défaut du folklore Yoruba revendiqué et de la réalité de leur géniteur (percussionniste chez Buena Vista Social Club, entre autres choses et projets) – me semble être en grande partie « hérité », « influencé par » ou « emprunté » à une autre héritière d’une grande tradition musicale, la belge Marie Daulne ! Originaire de la République Démocratique du Congo, cette vocaliste hors-normes aura fondé les polyphonique et inventives Zap Mama (premier album enregistré intégralement a capella) travaillé plus profond la formule, joué avec Higelin, avant que de poursuivre sa route en solo et aller retrouver ses « roots » Africaines musicales au sein d’albums inventifs tels Adventure in Afropea, Seven (un sommet), À Ma Zone, Ancestry in Progress, Supermoon et… ReCreation ! Une suite de créations qui lui auront permis, toute une vie musicale durant, de mêler hardiment les voix du passé en provenance du berceau de l’humanité, les instruments traditionnels, le Trip-Hop, Nu Soul, Rap, Reggae, Jazz, Pop et Soul… Pour un résultat décoiffant à (re)découvrir au plus vite. J’y pense fortement lorsque le duo gémellaire s’introduit sur avant-scène, nanti uniquement d’une paire de voix montée sur talons et énergie. Loin de moi l’idée de chercher à les diminuer, artistiquement parlant, elles font plutôt pas mal le job, assurent leurs parties vocales et instrumentales et le public sans mémoire semble être prêt à les River adopter illico… reste que, elles manquent cruellement d’inventivité, arrangements RÉELLEMENT originaux et mélodies costaudes ou à tomber ! Et arrivent de fait (en retard) après de nombreuses autres ayant déjà révolutionné le genre, par le passé.

Tandis que l’une (Naomi) tamponne du Cajon, que la seconde (Lisa-Kainde) caresse les ivoires de son piano avec passion et que leurs deux voix s’« unissonent », je ne peux m’empêcher de penser aux géniaux Lo’Jo Triban, puis de me demander si ces gamines seront encore là (où elles sont actuellement) dans un an ou deux (allez, trois !) à l’image de nombre de « produits estampillés world » poussés depuis des années par les Inrockuptibles, Libé, Nova, et autres (nombreux) consorts (complices) du milieu…

Tout en leur souhaitant réellement de progresser et passer prochainement à autre chose, jusqu’à trouver LEUR réelle identité/originalité musicale. Après tout, elles n’ont jamais que 20 printemps… et un été !

Pour passer le temps, j’imagine tout d’abord Martin Mey revenir sur scène à la demande générale pour y interpréter le très beau Snowing On School Days (repris en chœur par une foule attentive et concernée) avant que d’enchaîner avec le délicat Elephant, puis Live. Porté par une foule en délire qui l’implore de ne surtout pas (re)partir, il se fendra alors d’une reprise apaisée du splendide Lady Grinning Soul (David Bowie) tournera autour du The Twist de Klaus Nomi (histoire de montrer à tous qu’il possède une belle série d’aigus), revisitera goulûment The Model (Kraftwerk). Radieux, comme délesté d’un poids trop longtemps porté, il viendra alors s’asseoir doucement sur le rebord de la scène, nanti de son acoustique, pour y détricoter The One I Love (REM), puis une paire royale formée de Out Of Time (Blur) et In The Sun (Joseph Arthur).

Je sais, je sais, on en a « interné » pour bien moins que ça, j’suis au courant. Reste, que, le temps passe beaucoup plus vite lorsque l’on occupe son esprit, le laisse vagabonder sans retenue ou rêve les yeux ouverts… surtout lorsque l’on attends de pouvoir passer à LA suite !

Toujours dans le cadre de L’Edition Festival, donc, une troisième personnalité (de renom, elle) était attendue de nos/mes feux au coin de la scène du Silvain : la troublante Neneh Cherry. Une Américano-Suédoise bondissante au pedigree racé (fille du trompettiste Don Cherry) qui avait su en son temps trouver SON puis UN plus large public à l’aide d’une musique exigeante et inventive, mais festive. Dès l’année 1989, et l’emballant Raw Like Sushi, elle avait fait feu de tous bois : Buffalo Stance (imparable et dansant), Manchild (malin et mélodieux), Kisses In The Wind (poppy et rond). Un Homebrew plus loin (perclus de sommets tels Move With Me, Sassy, Peace In Mind, ou l’inclassable Trout, chanté avec Michael Stipe/REM et bâti sur le riff de guitare du génialissime The Pusher de Steppenwolf…). Massacré d’attitude par certains de ses premiers amoureux pour avoir accouché d’un album plus que solide nommé Man, en 1996 – un album contenant pourtant Woman, Trouble Man, Feel It, Hornbeam, Kootchi, Everything, et… 7 Seconds (enregistré avec Youssou N’Dour) – elle opérera un mouvement de retraite temporaire, avant de se fondre en divers collectifs, plus ou moins « justifiables et nécessaires » (CirKus/The Cherry Thing) jusqu’au très récent Blank Project (2014) ; un album plutôt accompli, étonnant et sensé (avec du sens dedans, quoi…) assis sur une base rythmique tarabiscotée et une recherche de son ambitieuse, qui interrogeait légitimement au moment du passage à l’« acte » scénique.

Après avoir observé le manège incessant et troublant des garçons et « filles » – toutes mieux lookées ou apprêtées, les unes que les autres ! – se dirigeant en bande vers les toilettes du lieu pour y satisfaire aux besoins de dame nature, après une belle suite de bières ou descentes rapides de rosé plus ou moins frais, le noir envahissait enfin l’arène plus que remplie.

Si les premiers morceaux joués m’auront alors paru emballants et super bien bâtis, sur le moment, je me dois d’avouer de piteux ici, que cela n’aura duré qu’un temps, désolé…

Certes, la complexité des rythmiques, boucles, samples et réelles parties de batterie interprétées par ses deux compères, a de quoi séduire (Blank Project, Weightless, l’épastrouillant Cynical) voire pousser à danser et s’exprimer dans l’arène, l’on ne peut s’empêcher néanmoins de ressentir un certain sentiment de répétition, de déjà vu ou/et entendu au fil des morceaux.

La faute à qui ? Pas à la dame, nope : elle donne de sa personne comme jamais, semble bourrée d’une énergie quasi inépuisable, danse et bouge comme au bon vieux temps de sa jeunesse des 90’s… et possède toujours un bel organe… vocal. Il n’en reste pas moins que, vu le côté réduit des effectifs de RocketNumberNine (un Ben raide, penché en permanence sur ses claviers et « machine à sons », un Tom de batteur absorbé par sa tâche herculéenne et l’absolue nécessité d’être en place tout du long, vu qu’ils ne sont jamais que deux musicos en tout et pour tout !) la pauvreté des effets spéciaux, l’absence de vidéos ou projections et un éclairage des plus sommaire, la recette/formule a tendance à vite s’essouffler pour tourner à l’ennui (au niveau de votre serviteur/scribouillard). Seule solution, se laisser emporter et danser sans jamais penser à autre chose ou cérébraliser, ce que je n’aurais pas réussi totalement à faire, devenant très très vite un simple spectateur attentif, plutôt déçu et hors du truc, qu’un conquis de service, pour tout dire.

Sentiment partagé par une belle frange de l’assistance venue pour tout autre chose et qui décarrera au plus vite dès que les premières (énormes et serrées) gouttes de pluies se seront invitées à la fête. Une débandade quasi générale (hormis le public massé/dansant devant) sur fond de Buffalo Stance, qui sonnera très vite le glas de cette mitigée soirée de samedi soufflant le chaud et le froid, le bon (Mey) et le superfétatoire (Ibeyi), le projet Blank, et la pluie venue résolue de la mer pour tout nettoyer d’autorité…

Merci à Pirlouiiiit pour ses photos
http://www.flickr.com/photos/Pirlouiiiit

 

Sir Paul McCartney performs at The Joint inside the Hard Rock Hotel & Casino April 19, 2009 in Las Vegas, Nevada.

De LUI, à NOUS…

(Pré)Face A

 

Every Night…

« Le poil pousse, mais l’animal reste le même ! » : un proverbe antédiluvien qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à la récente « mue » de l’UMP-RPR en Les Républicains, à la réélection houleuse de Sepp Blatter à la tête de la FIFA-MAFIA, qu’à notre musicien-rosbif préféré de Liverpool – une nouvelle fois en tournée pour y défendre (sans acharnement aucun, il faut bien le préciser) le très médiocre, non, plutôt, sans « saveur » : NEW !

Le plus dur restant ici d’arriver à retranscrire au mieux ce qui doit l’être (mais ne peut l’être ?) a posteriori et au plus proche de l’impartialité. Comment arriver à analyser froidement ce moment rare et précieux, cette respiration en apnée menée hors des multiples vicissitudes nées de notre société liberticide, castratrice et angoissée de son (mal)propre présent ; cette enclave dans le temps censée balayer de souvenirs, personnages et mouvements, flashes et images, plus de cinquante années de notre histoire humaine occidentale commune ?

Ce pourquoi, ce qui suit, ne sera jamais qu’une (longue) suite de pensées jetées sur papier sur le moment, réflexions, attitudes, interrogations, réactions (épidermiques ou sanguines) largages de neurones menés loin du réel et démêlés de moult fils, liens et solides attaches, noués, accumulés, au fil des années, révolutions et avancées ; sans aucune volonté de se montrer jamais ici « précis », pertinent, clair, impartial ou partisan, assassin ou encenseur, polémique et opportuniste, ou bien, nostalgique de profession…

 

Face B

 

Paul Is (A)Live…

22h : le show vient d’opérer un premier point de bascule ; de trouver enfin son rythme après un départ plus que poussif et brinqueballant du nerf… auditif. Curieusement, c’est grâce à un obscur morceau, Temporary Secretary, jamais joué sur scène avant l’actuelle tournée (« une première pour la France ! », dixit son créateur) extrait du trop souvent décrié ou conchié, mais putain d’original et culotté McCartney II, que la magie opère enfin. Un album faisant alors écho au séminal et « Beatles-icide » McCartney I, créé de brick et de broc sur les cendres encore fumantes des alors déifiés Fab Four. Un second album « Wings-icide », donc, cette fois, entièrement composé enregistré et joué en mode « solo », qui contient une foultitude de grands morceaux, tels : Waterfalls et One Of These Days (ballades imparables), les « NéoRockabillyBricolo » On The Way et Bogey Music, le « BluesyGarageFifties » Nobody Knows, les instrumentaux Front Parlour et Frozen Jap (en « hommage » à sa courte incarcération pour détention de Marijuana au Japon) ou bien encore LE morceau qui aura sans nul doute poussé un jour Damon Albarn à créer puis capitaliser sur Gorillaz : Darkroom ! (avant de tordre du nez et se moquer, allez donc l’écouter et vous verrez, tout y est déjà, tout, tout… tout !). Une performance magistrale, que ce Temporary Secretary, boostée par un écran vidéo inventif soudain branché en mode Kraftwerk, côté univers graphique. Un morceau dense et reconstruit pour l’occasion qui cède alors la place à l’irremplaçable Let Me Roll It (accompagné de sa désormais habituelle « redescente Foxy Lady », durant laquelle le Paul se plaît à rendre hommage au défunt Hendrix, qui avait lui-même initié le mouvement en reprenant Sgt. Peppers sur le mythique album Live In The West !). Un duo majeur, couronné d’une belle version du pourtant très lointain Paperback Writer : moment plus que parfait pour rappeler que les Beatles étaient avant tout un groupe à Riffs, thèmes et gimmicks imparables, en sus des mélodies hors normes, instruments inattendus et inventions sonores majeures vantées du quotidien depuis…

Un trio de choc qui rassérène après le, pas en place du tout, Eight Days A Week, le dispensable Save Us, le carrément raté de la rythmique et de la voix : Listen To What The Man Said ; sans oublier les nappes de synthé pataudes ayant auparavant plombé/massacré l’importantissime extrait de Revolver : Got To Get You Into My Life (déjà autrefois exécuté de laid par Johnny « j’en frémis » Hallyday…).

Ticket To Ride…

En dépit des prix pratiqués céans (bien moins cher que le Stade de France à venir) des promos, jeux divers et tickets « offerts », le Stade Vélodrome sonne creux par endroits (des pans entiers de tribunes et une bonne quinzaine de mètres de no man’s land au niveau de la désormais incontournable « Pelouse Or », pour près de 15 000 absents au final !). Idéalement placé à une vingtaine de mètres, droit face au micro du Mac, je suis tout bonnement bluffé par la qualité intrinsèque du son, l’extrême netteté des voix et instruments (toutes et tous !) la possibilité de me passer des écrans pour regarder ce qu’il fait et comment il joue. Ailleurs (higher ?) par contre, les avis auront été tout autres : son tourbillonnant et aigus sous distorsion, visibilité (hors écrans) moyenne, quasi impossible ou lamentable : les grands classiques de la vie Live en stade, le tout agrémenté du désormais fameux : « gobelet de plastique souvenir du jour + bière = 8 Euros ! », et vive la crise… Impression « pigeons » confirmée par le tarif prohibitif des T-shirts, proposés ce soir à trente-cinq euros, la pièce !

Sans oublier que l’avant concert aura été pénible : nombre de reprises des Beatles, tout d’abord (dont une grande partie du génial coffret reggae Trojan Sings The Beatles, Nina Simone et autres artistes Soul) puis un long mix musical des chansons des Beatles (si, si !) opéré des mains expertes du DJ officiel de la tournée (qui se fera sèchement siffler en passant d’horribles reprises des Beatles par la risible scène « Yé-Yé » Française) avant qu’un très beau montage graphique, agrémenté de photos, ne remonte l’ensemble de la carrière du « visiteur du soir », depuis l’enfance du héros attendu et de ses acolytes, jusqu’à nos jours, ou presque, le tout sur fond de musique des Beatles (encore !) des Wings ou de Mc Cartney en solo. De quoi se montrer « saturé » avant même le début des hostilités Live, ou de décider sur le champ de ne plus en écouter avant une bonne paire de mois, au moins.

Bien calé sur mon coin doré de pelouse, je repense à tout ceci tandis qu’il chante l’horrible et convenue « pop jazzy guimauve piano bar » My Valentine, composée et jouée en l’honneur de sa dernière compagne en date : Nancy Shevell – un morceau « meuble », doté en sus d’un solo de guitare acoustique mièvre au possible, qui voit alors mon majeur s’étendre tout raide vers la scène en guise de sourde protestation. Fort heureusement, il enchaîne illico avec deux grandes chansons, avant que de dédier l’épastrouillant Maybe I’m Amazed à celle qui avait dans le temps inspiré sa composition : Linda Eastman (McCartney) ; d’un tout autre calibre (amour ?) assurément…

Beatles For Sale…

C’est tout de même, sur ce point très précis, qu’il nous faut aussi nous arrêter un temps ; cette capacité qu’à notre homme, depuis moult années, à bien maîtriser l’exercice difficile de la Setlist du soir. Cette habilité rarement vantée à contenter tout le monde (lui et ses musiciens, compris) sans pour autant tomber dans le racolage, se compromettre ou cachetonner. Contrairement à pas mal de groupes ou sommités du Rock, contemporaines du gars de Liverpool, il n’enchaîne pas juste les Hits et vielles scies en se contentant d’en recueillir/recevoir les effets immédiats (niveau ego & portefeuille), ne joue pas les mêmes, encore et encore, jusqu’à plus faim, en mode Rolling Stones (depuis 1973, en gros…) ou bien évite de se caricaturer façon Roger Daltrey : qui refuse, contrairement à Robert Plant du Zeppelin, d’admettre que sa voix a changé et baissé au fil des ans (alors que Pete Townsed/The Who reste une formidable machine à envoyer du lourd derrière, sur scène !) finissant ainsi trop souvent par massacrer de façon éhontée les beautés rares créées en amont (il est loin d’être le seul dans ce cas, nope).

Pour chaque Blackbird ou Yesterday joué, il y aura donc un 1985 ou un Hi, Hi, Hi ; pour chaque Let It Be, un Lovely Rita, pour chaque sommet de nostalgie gravi – Eleanor Rigby ou And I Love Her – une paire de Another Day ou All Together Now, ressurgis de nulle part…

De toute façon, il paraît presque impossible (voire, criminel ?) de rater un show lorsque l’on possède comme lui une telle somme quasi interchangeable de « pépites » dispo ou jouables à l’envi ; entre les différentes périodes, projets et formules – The Beatles, Wings, Rockestra, BO, Mc Cartney ou The Fireman – il possède en effet plus d’une bonne centaine de chansons aptes à réjouir tout un chacun sans que pour autant la qualité d’ensemble ne baisse ou ne chute dangereusement. C’est un fait. Difficile à accepter ou challenger pour la concurrence, soit, mais avéré néanmoins. Il peut ainsi se permettre de NE PAS jouer Love Me Do, She Loves You, All My Loving, I Want To Hold Your Hand, Drive My Car, Day Tripper, Penny lane, Magical Mystery Tour, Get Back, The Fool On The Hill, Sgt. Peppers, Hello Goodbye, We Can Work It Out, I’ve Got A Feeling, Oh ! Darling, I Will, Yellow Submarine, When I’m 64, Birthday, With A Little Help From My Friendsou ses tubes en solo, de type The Back Seat Of My Car, Junior’s Farm, Jet, My Love, C Moon, Silly Love Songs, With A Little Luck, No More Lonely Nights, Goodnight Tonight, Say, Say, Say, My Brave Face, Ebony & Ivory, Coming Up, Let Em In, London Town, Getting Closer, Tug Of War, Jenny Wren, Hope Of Deliverance, Once Upon A Long Ago, Dance Tonight, Où Est Le Soleil… non, pas celle-là, non, fort heureusement (même si j’aurais eu peur qu’il ne la joue spécialement pour nous, vu les conditions climatiques « avantageuses » sur la ville et le Vélodrome…).

Un « Paul aux Œufs d’Or » qui eut grandement inspiré la fable de légende, s’il n’était né quelque années plus tard après… Jean de La Fontaine, assurément !

Something New…

Contrairement aux décennies passées, durant lesquelles le gars aura toujours su/pu pondre du « lourd », du quasi immortel ou tout du moins d’excellente facture, le dernier NEW en date pousse peu à la gaudriole, nope. Une suite de chansons (et productions) qui peine à ravir les pavillons et/ou émouvoir, juste. Du banal, en somme, bien loin de ses réelles capacités, qui nous oblige à remonter jusqu’à la lointaine 2005 (Chaos & Creation In The Backyard : magnifiquement produit/drivé par Nigel Godrich et joué dans son intégralité par le multi-instrumentiste Paul) pour trouver trace d’un album réussi dans sa quasi intégralité et fort d’une suite de beaux ou grands morceaux (How Kind Of You, Jenny Wren, English Tea, Fine Line…).

C’est donc, fort logiquement, que nous n’aurons droit qu’à trois extraits du « nouveau » de service sorti en toute fin d’année 2013 : Save Us, New & Queenie Eye. Pas les plus mauvais, pas les plus désagréables, non plus, non, mais les moins « pires », à tout prendre, parmi les douze titres agencés puis sortis avant tournée. Fort heureusement, pendant ces deux derniers, l’inventivité ou la perspicacité des images compilées derrière sur écran permet d’attendre bien sagement de passer à… Lady Madonna, All Together Now, puis Michelle ! Histoire que de bien nous démontrer que l’on puis au moins se montrer patient ou magnanime avec l’auteur de ces sommets. Un peu dans l’genre : « ok, j’enregistre ces p’tites choses vaines aujourd’hui, c’est vrai, qui sonnent un peu comme une tentative modérée de vous convaincre que je suis encore au niveau d’antan, ce qui ne fonctionne pas très bien, je l’avoue, mais, bon… n’oubliez pas que j’ai écrit celles-ci, aussi, ok ? ». Il en profite d’ailleurs dans la foulée pour nous surprendre avec une rare et superbe interprétation de Lovely Rita, avant que de nous achever un court instant plus loin à l’aide du baroque, psychédélique et envoûtant Being For The Benefit Of Mr. Kite (autre extrait de l’encensé/insensé Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band) : morceau durant lequel on espère, l’espace d’un instant, que l’ensemble du groupe va se lâcher pour aller défricher des espaces encore vierges et improviser à « donf ». En vain. Ce serait trop vite oublier que le groupe présent sur scène ce soir n’a pas écrit une note de ces chefs d’œuvre, et se contente donc logiquement de les respecter et de respecter les desiderata de son auteur avant tout. Sachant que l’ensemble tient parfaitement la route et que le Paul semble veiller au grain en permanence, rien à regretter au final, que nenni.

I’ve Got A Feeling…

Présents depuis près de quinze années aux côtés de Sir Paul, le quatuor formé de Paul Wix Wickens (claviers, guitares, harmonica et accordéon : le plus ancien de la bande, en place dès 1989 !), Rusty Anderson (guitares & voix), Brian Ray (basse, guitares & voix), et Abe Laboriel Jr. (batterie, percussions & chœurs) fonctionne à merveille et fait le job ; parfois sans génie ou fioritures, soit, mais doté d’une technique hors norme et d’une grande capacité d’adaptation – même si certaines relectures fonctionnent « limite », parfois : Another Girl, Can’t Buy Me Love, Eight Days A Week, Ob-La-Di, Ob-La-Da, ou Listen To What The Man Said – qui permet à l’ambassadeur numéro un de la basse Hoffner dans le monde, de pouvoir dormir sur ses deux oreilles de concours la veille des shows. Sans nul doute qu’il gagnerait parfois à se séparer de « l’idole liftée des coiffeurs de Los Angeles » nommée Brian Ray (à la chevelure blonde bouclée et aux rangées de dents dévoilées/affichées en permanence, « façon » proue) ou de son alter ego brun Rusty Anderson – tous deux excellents musiciens de studio mais manquant souvent de « feeling » jusqu’à plomber parfois le morceau initial. Hélas, ce n’est pas à presque 73 printemps Anglais (ça conserve visiblement mieux que sous nos latitudes) que le Mac a intérêt à tout changer ; d’autant que ceux-ci en connaissent un rayon, niveau répertoire appris/joué et capacité d’adaptation/apprentissage. Dommage, cela permettrait parfois à certaines chansons d’être abordées différemment et/ou « déflorées » d’envie AVEC apport personnel. Niveau tambours de guerre (ou de galère !) rien à reprocher au sieur Laboriel Jr. ; d’autant que celui-ci a su affiner/enrichir son jeu au fil des tournées et qu’il possède en lui, en sus de sa science des fûts, toute une galerie de chœurs ou voix de soutien des plus justes. Ce qui semble lui donner (outre la connexion naturelle liant généralement batteurs et bassistes) une proximité réelle d’avec la voix de son maître… Wix Wickens, quant à lui, se montre également un arrangeur et un directeur musical hors pair, qui font de lui le ciment, le pivot, le compagnon incontournable et gardien du sanctuaire Live depuis le lointain Tripping The Live Fantastic ! (1990). Les deux à garder à tout prix en cas de subite réduction de budget ou crise de remplissage des tournées, c’est d’ores et déjà à acter. Par contre, s’il pouvait germer sous le crâne de cet écossais de chanteur, l’idée de casser un peu plus sa sacrosainte tirelire – récemment mise à mal par un divorce douloureux ! – afin de s’acheter un trio de CUIVRES, ou bien de convoquer çà et là un quatuor à CORDES sur scène, écouter Got To Get You Into My Life, The Long & Winding Road, Live and Let Die, ou Eleanor Rigby, permettrait de toucher de nouveau au sublime ; comme quoi, les légendes et rumeurs ont parfois la peau dure, et les oursins, eux, toujours profondément nichés au fond des poches des habitants de la région du Kyntire…

La Nostalgie, Camarade…

Sachant que nous fêtons actuellement le cinquantenaire de la Beatlemania, la Setlist du soir est majoritairement axée sur les chansons pondues par le groupe entre 1962 et 1970, huit années qui auront changé à jamais la face de la musique occidentale, dite « Pop ». Outre les magnifiques I’ve Just Seen A Face (très réussi), Back In The USSR (très dense et énergique), Let It Be (classique et appliquée), ou Hey Jude (bien en deçà de l’originale, à jamais plombée par les « Naaa-Na-Na-Na-Na-Na-Naaaaa ! » chantés à l’unisson par le public et orchestrés finement par son auteur !) les hommages aux deux grands disparus seront également poignants et impeccables.

Après un très beau Blackbird (toujours costaud du picking et placé de la voix) joué en solo sur la partie avant de la scène, qui s’élève soudain à quelques 5 mètres au-dessus du public, les images de John Lennon envahissent les écrans, et son « double de composition » lui rend grâce avec juste ce qu’il faut d’émotion dans la voix, avant de délivrer une version nickel de Here Today : écrite juste après la mort de John Lennon, imaginée comme une conversation avec l’esprit du disparu et présent sur Tug Of War (1982) ; un album « descendu » (comme souvent avec la carrière solo de Macca) par la presse dès sa sortie, et pourtant plus que défendable, ne serait-ce que pour sa première face, quasi parfaite, formée de : Tug Of War, Take It Away, Somebody Who Cares, What’s That You’re Doing, et… Here Today ! Hélas, comme souvent (presque à chaque fois) ce disque sera vilipendé et les disques solo de Lennon accueillis avec enthousiasme, dans le même temps, alors que deux seulement méritent l’appellation d’album « réussi » du côté du gars John (Imagine et Plastic Ono Band), les autres ne contenant chacun que quelques putains de bonnes chansons ou singles, mais jamais aboutis totalement de l’ensemble, son et fond, compris. Souffrant de l’image du « gars gentil genre gendre », face au « révolté arty politiquement conscient », Paul sera CELUI qui laissera derrière-lui un patrimoine plus que conséquent et de qualité, que ce soit avec ou sans Wings, d’ailleurs. Il est, était et reste, LE musicien du groupe des « Fab » : celui qui travaillait encore et encore ses parties instrumentales (jusqu’à exaspérer ses pairs) qui ramenait toujours avec envie, et des idées nouvelles, le reste du groupe en studio, celui qui expérimenta beaucoup, celui qui eut le courage d’embarquer dans un Van avec son groupe dès la fin des Beatles pour s’en aller parcourir le pays et défendre les chansons de son album McCartney1 dans des petites salles et universités, tandis que John, lui, sauvait le monde de son côté…

Le Something d’Harrison sera bien évidemment dédié à « mon petit frère George ! », commencé en solo au Ukulélé, puis très travaillé avec le reste du groupe, pour un très beau final ; une chanson que le « parrain du New Jersey » Franck Sinatra chantera d’ailleurs à la mémoire de John Lennon peu après la mort de celui-ci, parce sans nul doute incapable d’imaginer qu’un tel sommet eut pu être composé par le placide Harrison

Sir James… Paul McCartney !

Lorsque l’on glisse un œil sur l’écran géant qui le capte en gros plan, on se surprend à être surpris par son actuelle splendeur : le dernier lifting en date est « bien en place », désormais, et le gars ne fait aucunement ses bientôt soixante-treize années – sûr que le fait de vivre de sa passion et à son rythme, de ne pas avoir de soucis financiers ou de survivance au quotidien, le tout ajouté à une belle hygiène de vie et un suivi médical de premier plan, ça aide, pour sûr. Reste, que, il est toujours en forme et affuté, semble prendre un rare plaisir à jouer ses créations ou communiquer avec le public (en « Marseillais » dans le texte : « Allez l’OM ! », « Ils sont Fadas ! », « Escagassés ? ») avec ses musiciens et fans, et donne de sa personne, comme… personne !

Quant à sa voix, s’il a fallu quelques morceaux avant qu’elle ne soit bien en place, il sait en jouer en orfèvre, l’économiser quand il le faut ou bien se lâcher lorsque l’envie lui prends (1985, Let Me Roll It, Hi, Hi, Hi, Band On The Run, Maybe I’m Amazed) relativement impressionnant, là aussi ; suffit pour cela de le regarder sauter comme un gamin et arracher de férocité le premier morceau de Hard Rock jamais répertorié (1968) Helter Skelter, pour se souvenir que c’était déjà lui, à l’époque, qui enregistrait la plus belle reprise du Long Tall Sally de Little Richard ; pas Lennon, non, pourtant considéré comme LA voix « Rock » du groupe (et également nanti d’un organe hors normes). Outre les habituelles et abondantes « flammes et pétarades » plongeant le stade tout entier dans un déluge pyrotechnique, sur Live & let Die (on se croirait presque à la mi-temps Live du Superbowl, l’espace d’un instant) le dernier rappel sera impeccable, dense et puissant, mélodieux et euphorisant, puisque composé du trio final d’Abbey Road (dernier enregistrement officiel des Scarabées) : Golden Slumbers/Carry That Weight/The End.

Imparable et beau à la fois, de quoi habiller musicalement nos rêves pour les jours et mois à venir, en somme… de lui à nous, définitivement !

« Est-ce que tu seras dans mes rêves, ce soir ?

Au bout du compte/L’amour qu’on prends est égal à celui qu’on fait… » (The End).

Marseille/Vélodrome/5 Juin 2015 : Chansons Jouées

1 Eight Days A Week
2 Save Us
3 Got To get You Into My Life
4 Listen To What The Man Said
5 Temporary Secretary
6 Let Me Roll It/Foxy Lady
7 Paperback Writer
8 My Valentine
9 1985
10 The Long And Winding Road
11 Maybe I’m Amazed
12 I’ve Just Seen A Face
13 We Can Work It Out
14 Another Day
15 Hope For The Future
16 And I Love Her
17 Blackbird (solo acoustique)
18 Here Today (solo acoustique)
19 New
20 Queenie Eye
21 Lady Madonna
22 All Together Now
23 Michelle
24 Lovely Rita
25 Eleanor Rigby
26 Being For The Benefit Of Mr. Kite
27 Something
28 Ob-La-Di, Ob-La-Da
29 Band On The Run
30 Back In The USSR
31 Let It Be
32 Live & Let Die
33 Hey Jude

Rappel

34 Another Girl
35 Hi, HI, Hi
36 Can’t Buy Me Love
37 Yesterday
38 Helter Skelter
39 Golden Slumbers
40 Carry That Weight
41 The End

 

CRÉDITS PHOTOS :
FANART.TV
https://fanart.tv/artist/ba550d0e-adac-4864-b88b-407cab5e76af/mccartney-paul/

Pirlouiiiit (pour Live in Marseille)
À voir ici :
http://www.concertandco.com/critique/concert-paul-mc-cartney/stade-velodrome-marseille-8eme/50251.htm

 

 

 

 

Ce vendredi 5 Juin, à l’occasion de la venue de « Sir » Paul Mc Cartney à Marseille, Kollectiv’Mode organise une JOURNÉE D’AVANT CONCERT, au(x) Mots Des Thés (92, Cours Julien / Marseille).

 

À cette occasion, entre 10 H 30 et 16 h 30, mix musical bâti autour de l’immense carrière du musicien Anglais – entre The Beatles, The Fireman Project, Wings et albums enregistrés sous son nom propre… – plats & desserts spéciaux confectionnés pour l’occasion et déballage de disques…
L’opportunité de fêter ensemble, avant départ vers le vélodrome, cette occasion UNIQUE en se posant, PAISIBLE, sur un coin de terrasse ombragée située à 3 ARRÊTS DE MÉTRO DU STADE à peine (ligne directe !).

 

« All Together Now »…

Pour tout renseignement :
kollectivmode@gmail.com
06 72 96 22 26

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