KOLLECTIVMODE | Kulture Klub Karrément Kollectif

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Kollectiv’mode est une association atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires et professionnels de la communication – Florence Rougny (Lof), Jacques 2 Chabannes, et Lucas « C » – qui unissent leurs forces et savoir faire autour du mystérieux processus de création, puis de sa matérialisation : expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales sur divers supports. Après avoir tâté de la vache Marseillaise au coin d’une épique Cow Parade (2006), réalisé une œuvre pour le Festival de Marseille (2008) puis exposé fièrement SA vision du monde (et de son devenir) au sein d’une suite de Cool Globes (2010) plus ou moins engagés du propos et de l’esthétique, le trio des Kollectiv’Mode a, par le passé, moult fois exposé ses dessins, peintures et installations polémiques du sujet, au coin des Portes Ouvertes Consolat (2009/2012) ou en divers autres lieux et galeries prévus à ce pictural effet. Ils viennent également de sortir une série de nouvelles originales (signées Jacques 2 Chabannes) – consultables sur le : http://kollectivmode.blogspot.fr – et s’apprêtent à lancer une toute nouvelle collection au cours de ce prometteur mois d’octobre 2013.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

 

La nature a horreur du Covid

 

 

 

 

 

 

 

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Les Editions Kollectiv’Mode, sont heureuses de vous annoncer,
la sortie de leur nouvelle publication.

 

LA NATURE A HORREUR DU COVID
Paroles de confiné

 

Une œuvre de fiction (d)écrite au cœur du (Co)Vide de l’inaction…

 

Écrit par Jacques 2 Chabannes
Illustré par lof
Préfacé par Lilith D. Kick

128 pages
Format 14,8 × 21 cm
Couverture pelliculée

 

Attention !

Dans tout écrit de fiction, qui se respecte – à défaut de respecter la véracité des faits, l’authenticité des personnages, la datation au Carbone 14 ou la typicité du milieu naturel environnant… – sommeille un marchand ambulant toujours prêt à vous fourguer SA came…

 

(Extraits)

 

Mardi 17 Mars

Confiné du « pied gauche », ce matin. Depuis plus d’une heure, un humain trop proche de chez-moi souffle dans un de ces gros trucs à vent, du genre Bombardon, Hélicon ou Soubassophone ; au programme, en alternance, sans discontinuer : L’Été Indien et La Marseillaise !!! Pourquoi est-ce que j’ai de fait envie d’aller lécher la poignée de porte de l’entrée de l’immeuble…

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Vendredi 20 Mars (9h24)

C’est seulement, le troisième jour de « confinement gouvernemental », et déjà, je viens d’avoir une bonne idée (la nature a horreur du Covid !) : « Et si j’écrivais une sorte de Journal de Quarantaine, vu de l’intérieur, bien entendu, mais qui serait à même de pouvoir jeter un regard critique et pertinent sur le vaste monde du «dehors», enfin, le microcosme de quartier qui m’entoure : observé, détaillé de pointilleux, depuis les fenêtres de mon appartement… ».

Immédiatement, j’en fais part à mon éditeur qui, sans ciller ni même prendre le temps d’y penser plus avant, me réponds tout de go, d’une voix blasée vraisemblablement accompagnée d’un hochement de tête exaspéré, le tout habillé d’un profond soupir (c’est en tout cas comme cela que je l’imagine, « lui ») : «C’est super original. Depuis deux jours, j’ai déjà eu une bonne trentaine de propositions de ce genre et cela ne fait que commencer. Je t’en fiche mon billet, connaissant l’humain-écrivain et sa légendaire créativité, son originalité sans limites… Bref, je m’attends au pire, en la « journal » matière ! ».

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Vendredi 4 Avril

Aujourd’hui, c’est vendredi et… non, non, c’est samedi et je dois… non, merde. C’est quel jour ? J’sais plus. Et je n’ai pas envie de tricher pour autant au niveau de mon ordi, de mon mobile. Si je dois en sortir, de tout cela, de ce marasme, et repartir sans traumatismes ou dommages importants, il faut que je fasse travailler ma tête. Seul. Que je continue à «fonctionner » au mieux, à garder tous mes sens vitaux et intellectuels en alerte maximale.

 

Interview d’Elliott Murphy :
réalisée depuis son canapé Parisien, le Mercredi 25 Mars 2020.

(J+9, après l’instauration du Confinement National).

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Bonjour, Elliott.

Cette interview était initialement destinée à revenir sur le contenu de ton livre autobiographique, nommé « Just A Story From America / A Memoir » (Murphyland / 2019), sur tes autres récentes publications également estampillées Murphyland (Of Hope & Glory), ainsi qu’à propos de tes traditionnels et annuels « Birthday Shows » Parisiens… mais, en raison de l’apparition du Covid-19, de ses conséquences et multiples restrictions, fermetures et annulations, nous ne pouvons nous en tenir-là et devons absolument aborder les choses, sous cet angle, à l’aune de ce nouveau paradigme, si tu es d’accord avec-moi, sur ce point…

Elliott Murphy
Je suis totalement d’accord avec le fait que nous nous devons de voir les choses différemment. Je n’ai jamais eu à vivre cette expérience, jusque ici, celle de voir le monde, dans son ensemble, devoir affronter une pandémie, à la fois, tous ensemble, et ce, dans le même temps. J’ai le sentiment que, lorsque tout ceci sera fini, nous nous devrons d’appréhender le monde en termes d’« avant » et d’« après », Coronavirus…

Pour commencer, est-ce que c’est la première fois, que tu auras eu à annuler tes fameux et de notoriété mondiale, Birthday Shows ? Et, comment est-ce que tu as eu à prendre cette décision, puis vivre « avec », enfin, plutôt, « sans » !

EM
Avant tout, il ne s’agit pas, juste que de cela. J’annule tout simplement très rarement mes concerts. Il me semble, que, durant ces quelques quarante-six années passées sur la route, j’ai juste dû annuler quelques rares shows : en Espagne, en raison d’une mauvaise bronchite, parce que dans l’incapacité de pouvoir chanter, ainsi qu’à la suite du « 11 Septembre », où nous avons alors également dû annuler un concert pour des raisons de « sécurité ». Il y en aura sûrement eu d’autres, mais, pas très nombreux…

Quelles ont été tes premières pensées et réactions, quand tu as su que tu devais « annuler », l’annoncer aux musiciens et aux fans, puis rentrer tout bonnement « à la maison », à la place… en raison de la montée du virus en France. De plus, tu avais sûrement dû préparer des choses, spécialement pour cette occasion, niveau chansons, formules et arrangements…

EM
Il y a eu de très nombreux échanges, discussions, entre le New Morning et moi, la veille, le 12 mars, nous demandant si nous devions annuler ou bien poursuivre, avant de décider d’y « aller ». Mais, soudainement, durant l’après-midi du 13 Mars, le Premier Ministre a fait une annonce à propos du fait qu’il ne devait plus y avoir de « réunions » ou « manifestations » publiques, au-delà de 100 personnes : nous avons donc décidé d’annuler.

Non seulement, le groupe et moi avions appris de nouvelles chansons, mais j’allais également convier Emily Loizeau à venir partager la scène avec-moi. J’espère que cela pourra toujours se faire…

Est-ce que le New Morning et toi, avez d’ores et déjà calé, reprogrammé, ces dates « anniversaire », plus tard, dans l’année ?

EM
Oui, nous avons immédiatement cherché des alternatives aux dates initiales, dorénavant calées pour le 29 Mai et le 4 juillet (2020). Bien entendu, cela ne cadrera pas avec ma date « anniversaire », mais, bon, le 4 Juillet (4th Of July) est en quelque sorte l’anniversaire des Etats-Unis. Ce qui, je l’espère, devrait donner à ce show un caractère très « spécial »…

Tout autour du monde, tout s’est subitement arrêté, ou presque, en termes de vie artistique ; une sorte d’assourdissant et impressionnant « silence gelé ». Aujourd’hui, tout ce qui a attrait à des concerts, des festivals ou des sorties d’albums, a été purement annulé, ou pour le moins, décalé ; À l’exception des plus « favorisés », le haut du panier, les moins nombreux, la plus grande partie des musiciens risque de se retrouver dans le besoin, privé de ses sources de revenus et pour un long moment… sans oublier qu’ils auront également à affronter la mort de membres de leurs familles, de proches, d’amis…

EM
Eh bien… je tente de rester résolument optimiste et espère que la fin de cette pandémie sera la moins douloureuse possible. Je sais, qu’en France, pays où de nombreux musiciens et acteurs sont des « Intermittents Du Spectacle », niveau statut, ils seront forcément dédommagés pour leurs pertes. La situation sera forcément pire, aux Etats-Unis…

Comment est-ce que tu vois l’avenir du Marché du Disque et de la musique, globalement, en ces temps troubles, incertains ? Un marché déjà fortement touché par une baisse des ventes, en termes de divers supports : CD, DVD et Vinyles…

EM
Tout ce qui touche au « divertissement », me semble être absolument nécessaire à toute vie humaine, hors nourriture et boisson. Je pense donc, que, d’une façon ou d’une autre, le business de la musique continuera d’exister. Cela a bien continué durant les deux guerres mondiales, pourquoi pas aujourd’hui ? Je donne chaque jour des shows à huit heures, depuis mon appartement ; peut-être que ce sera le début, la généralisation, d’une nouvelle série de « concerts donnés depuis son domicile »…

 

Comment est-ce que tu appréhendes la « prochaine étape » : lorsque nous aurons (presque) tous survécus à ces moments tragiques. Ne redoutes-tu pas, que, tout ce qui touche à l’économie ne devienne soudainement prépondérant, pour la plus grande partie des gens, au détriment de tout ce qui touche à l’Art ? Jugé plus futile, loin des priorités. Ou bien, au contraire, en auront-ils plus que jamais besoin…

EM
La récession, que nous redoutons tant, provient essentiellement de ce que nous pouvons, pour l’heure, nommer ou qualifier d’« événement artificiel » : cette coronavirus, pandémie ! Cela ne ressemble en rien à la crise de 2008, grêlée de facteurs économiques et emprunts toxiques qui gagnaient l’ensemble du système bancaire. J’espère simplement, cette fois, que les gouvernements mettrons l’individuel, la personne, en pôle,  dédommagée de ses pertes et sources de revenus, en lieu et place d’une aide massive aux grands groupes, attendant d’eux qu’ils en fassent (éventuellement) bénéficier leurs employés…

Nous serons, sans aucun doute, toutes et tous touchés par cette période et la quarantaine… et devrons être amenés à vivre différemment, agir différemment, porter un regard différent sur l’autre. Quelle sera ta première décision, au sortir de cette douloureuse période…

EM
Je vais peut-être m’arrêter d’embrasser et serrer les mains de tout le monde ! Peut-être…

À propos, de cette flippante et invisible « Épée de Damoclès », qui nous guette, nous attends, j’ai repensé aujourd’hui à cette fameuse chanson de Joe Jackson, nommée « Cancer » : « Tout, absolument tout, te donne le cancer, tout, absolument tout… », que nous pouvons d’ores et déjà changer en : « Tout, absolument tout, te donne le Covid-19, tout, absolument tout… », est-ce que nous n’allons pas, toutes et tous, devenir très vite « paranos », avec cette multiplicité d’informations discordantes, contradictoires, avertissements et nouvelles règles à suivre…

EM
Il y a eu cette fameuse pandémie de grippe, nommée la « Grippe de Hong-Kong », en 1968… Plus d’un million de gens en sont morts, mais nous en avons à peine parlé. La société a intégré cette « phobie du risque » (devenue, « principe de précaution » ?) à un certain niveau, qui est une bonne idée, à la base. Nous ne sommes pas capables d’accepter la réalité de toute mort, à partir du moment ou celle-ci aurait pu être évitée : que ce soit en termes de maladie, ou bien d’intervention militaire…

Ce matin, j’ai dû quitter (avec cette autorisation à la noix, en poche) mon (plus que jamais) doux foyer, pour aller faire des courses. J’ai alors réalisé, que j’avais « peur » de la poignée de porte, « peur » du bouton de l’ascenseur, « peur » de la poignée du container à ordures, « peur » des voisins non munis de masques et gants, « peur » de croiser des inconnus de trop près dans la rue, « peur » de manger un fruit AVEC LA PEAU, « peur » de, nombre de choses, qui ne m’inquiétaient pas « plus que cela », quelques semaines auparavant…

EM
Lou Reed, m’a confié, un jour, il y a longtemps, que même les paranoïaques, avaient des « ennemis »…

Nous vivons désormais, en une période de « trêve » (fragile), en termes d’« états », religions et courants de pensées ; peut-être que le Moment Est Venu (allusion à Time Has Come Today : chanson des Chambers Brothers) de changer les choses en « profondeur » et rebâtir un monde « nouveau »…

EM
Je ne souhaite surtout pas repartir en « rayant » tout cela d’un trait, parce qu’il existe de nombreux éléments « positifs », concernant le monde d’aujourd’hui, et que nous nous devons de rester fidèles à notre « culture », notre passé. Chaque siècle « porte » son propre changement. Celui-ci le fera également…

À l’inverse, il y a cet ancien proverbe, qui avance, que : « le poil pousse, mais l’animal reste le même ! ». Sachant qu’il est difficile de se « débarrasser de ses vielles habitudes », peut-être que le monde est de nouveau prêt à renouveler les « vieilles mêmes erreurs », encore et encore, et à jamais…

EM
Oui et… non ! Le monde, dans son entier, est composé d’individualités ! La seule façon d’arriver à faire changer les choses, partira de l’individu ! Si, tout à coup, l’ensemble des soldats refusait de se battre, les guerres s’arrêteraient. Cela reste « incertain », en fait. Nous en sommes encore aux premiers stades, de ce que nous pouvons appeler l’« évolution infinie ». Reste, que… Ces questions-là représentent une trop grande « charge », pour la semi-Rock Star que je suis… Sachant que la question, qui me préoccupe le plus, est de savoir si ma guitare reste accordée…

Chaque soir, aux alentours des vingt heures – après les applaudissements destinés au Personnel Médical hexagonal ! – tu joues des show acoustiques en solo, sur ton canapé, à destination des fans, via internet. L’occasion, pour nous, de pouvoir écouter des chansons plutôt « rares » ou plus « obscures », que tu as peu l’occasion de jouer sur scène, lors de tes shows réguliers, puisque tu reçois chaque jour des « suggestions », via internet…

Quel a été le point de départ de cette belle initiative, et combien de temps pense-tu être en mesure de le faire, « chaque soir »…

EM
Je continuerai aussi longtemps que le confinement sera en place. Tant que je serai en mesure de chanter ; tant qu’internet sera en état de marche…

Le « point de départ », de ces « Sessions Sur Canapé », Elliott ?

EM
Ça me plaît, « ça », ce titre : « The Couch Sessions ! ». Plus exactement… j’étais assis sur mon canapé, en train d’essayer de chanter Put It Down (Rainy Season / 2000) par ailleurs la plus longue chanson que j’aie jamais écrite, près de onze minutes… et décidé de la mettre en partage sur Instagram. J’ai alors découvert qu’il existait une plateforme « Intagram Live »… le véritable point de départ de ces sessions ! Nous y avons depuis ajouté « Facebook Live » : c’est ma femme, Françoise, qui se tient derrière son iPhone et me filme avec… ce qui m’assure au moins d’avoir UNE personne, dans le public ; parfois même, elle chante avec-moi, ce qui me paraît chouette. Je ne pourrais le faire sans elle…

« À demain soir, même heure, même endroit ! » / « ‘Till tomorrow, same time, same place ! », est la phrase que tu prononces à chaque fois, en conclusion du show du soir, cela pourrait rapidement devenir la « marque de fabrique », de ces shows ?

EM
Je l’espère, ce serait chouette…

À propos de ces shows : comment est-ce que tu sélectionnes les chansons ? Est-ce que tu reçois de nombreuses demandes, chaque jour ? En provenance de tes fans…

EM
Nous recevons des centaines de demandes, mais, la plupart du temps, les titres proposés sont des titres que nous avons pour habitude de jouer régulièrement en concert, comme : Last Of The Rock Stars ou On Elvis Presley’s Birthday ! J’essaye donc, de mon côté, d’aller chercher des chansons que nous jouons peu, généralement. Jusqu’ici, elles me reviennent de façon quasi « magique »…

Ce n’est pas « difficile », côté voix, d’en chanter certaines que tu n’as pas interprétées depuis des années, ou… plus !

EM
Rien n’est véritablement « difficile », à partir du moment où je me souviens des paroles…

Il n’y a pas de véritable « plan », ni « stratégie », je joue ce qui me vient naturellement. Je décide généralement de ce que je vais jouer, une heure avant le début du show…

J’échangeais, hier, avec une amie, grande fan de Dylan, qui soutenait que « quel que soit le problème, il existe une chanson de Dylan, dont les paroles contiennent une solution ! », que ce soit en termes de problèmes globaux, moments de doutes ou problèmes personnels ! Quelle serait LA « chanson parfaite », pour toi, actuellement, capable d’apporter une solution, une direction ou un soutien…

EM
Je ne pense pas qu’une chanson soit à même de contenir une réponse ou une solution à un problème global, d’ordre mondial. Je pense, par contre, que nous pouvons y trouver du réconfort, au niveau du partage des émotions humaines qu’une chanson peut contenir, qui sont communes à toutes et tous…

Avant, ce « noir » épisode, nous nous comportions toutes et tous comme le fameux lapin d’Alice (In Murphyland ?) toujours « En retard, très très en retard ! », ou du moins, prétendions l’être…

EM
C’est ce que je répète à ma femme, depuis près de deux semaines : « je ne te dis jamais, que je suis en retard… ».

Sachant que TOUT vient subitement de changer en nos vies, de voler en éclats, au niveau de notre environnement et nos habitudes, ne serait-il pas grand temps de réévaluer l’ensemble de nos priorités ?

EM
Cela paraît toujours être une bonne idée, à la base, de « réévaluer » ce genre de choses. Hélas, ce qui est réévalué au sortir de ce genre d’événements, me paraît toujours « incertain »… J’ai par ailleurs écrit une chanson, qui se nomme « Les Gens N’apprennent Rien ! » (People Don’t Learn / Milwaukee / 1985) tu dois le savoir…

Habituellement, tu es (quasi) en permanence sur la route, en France ou à l’étranger, pour y donner des concerts, ou bien entre deux sessions studio, showcases, « premières » ou interviews ; loin de chez-toi ou en route vers une destination, une autre date… Quel regard est-ce que tu portes sur cette « vie », aujourd’hui ?

EM
Très honnêtement, quand je ne suis pas sur la route, ma vie n’est pas très différente de celle que je mène actuellement. En dehors du fait que je sors faire du sport tous les jours, habituellement…

Dans ton livre, intitulé « Just A Story From America / A Memoir », tu y écris, que : « J’ai définitivement partagé plus de petits déjeuners avec mon guitariste Olivier Durand, qu’avec ma propre femme ! ». Maintenant que tu as l’opportunité de partager tes petits déjeuners, chaque jour, avec ta femme, depuis près de deux semaines : est-ce qu’Olivier te manques ?

EM
Nous avons parlé quelques fois avec Olivier, depuis le début. Par contre, quand nous ne sommes pas sur la route, nous nous voyons peu, de toute façon, ce qui est le cas de la plus grande partie des musiciens qui tournent souvent ensemble. Quand tu es souvent sur la route avec un pote musicien, tu ne sors généralement pas avec-lui, quand tu rentres chez-toi. Pas plus, nous, que les Beatles ou les Rolling Stones. De plus, Olivier habite au Havre, et je ne pense pas qu’il y ait une « case » prévue, au niveau de l’attestation officielle, qui t’autorise à aller visiter ton guitariste…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À Suivre… Tout bientôt !

 

INTW Jacques 2 Chabannes
Photos By Lof

 

 

Les-innocents-1

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Harmonies Mars…iennes !

(Enfin) De retour en nos terres sudistes après de trop longues années « sans » – passage de Jipé excepté, au moment de la sortie de son accompli, euphorisant et plus que jamais conseillé Clair ! – Les INNOCENTS resserrés en mode duo (Le susnommé Jipé et son comparse et co-auteur Jean-Cri) ont attisé les nombreux regrets le 11 mai dernier au Théâtre du Moulin, au bout du bout d’un show emballant, riche en harmonies vocales entrelacées et accords de guitares chiadés.

Une performance dense et tendue, saupoudrée de bons mots et rires partagés (leur autre marque de fabrique, depuis la lointaine 1985…) assise sur une Setlist habile, mélangeant, pêle-mêle, leurs grands hits hexagonaux – Un Monde Parfait, Le Cygne, Un Autre Finistère, Jodie, Mon Dernier Soldat, Un Homme Extraordinaire – ainsi que des « oubliés » des hits ou morceaux moins exposés (mais tout aussi impeccables) tels : Danny Wilde, Les Cailloux, Dentelle ou Himalaya. 

Autres grands moments de cette belle soirée riche en visages souriants et chœurs poussés à l’unisson, les extraits du tout dernier Mandarine – album logiquement récompensé d’une Victoire de La Musique en février dernier ! – amplement au niveau de ses illustres prédécesseurs (100 Mètres Au ParadisFous À LierPost-Partum ou Les Innocents) à l’instar des Souvenirs Devant Nous, de J’ai Couru, des Philharmonies Martiennes, ou de l’épastrouillant, incontournable, addictif et plus que parfait : Love Qui Peut…

 Les-innocents-2

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Compte-rendu détaillé et photos de Lof à découvrir ci-après :
http://www.concertandco.com/critique/concert-innocents//50996.htm

 

Les-innocents&Kollectivmode

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Après avoir passé de longs moments à signer, échanger ou se faire prendre en photos au contact de leurs fans, en fin de soirée, le duo a insisté pour poser avec quelques exemplaires variés de nos créations littéraires « made in » Kollectiv’Mode !

Des nouvelles originales ou musicales, à découvrir ou commander, via ce même site :
http://kollectivmode.com/category/edition/

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Site officiel du groupe :
http://www.lesinnocents.fr/

Facebook du groupe :
https://www.facebook.com/lesinnocentsofficiel/

Consonnes et voyelles agencées d’envie par Jacques 2 Chabannes
Photos de ces moments rares et précieux by Lof

(La) passion n’est pas un mot ordinaire…
Passion Is No Ordinary Word ! (Graham Parker)

Parker+Naulleau

 

 

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Passionné par l’œuvre (ample et aboutie) du musicien Anglais Graham Parker, le chroniqueur télé, écrivain et éditeur, Éric Naulleau, s’est depuis peu fendu d’une édition augmentée de son initial et recommandé Parkeromane.

Désirant pousser la gageure un peu plus loin, encore, il a récemment décidé de prendre la route en sa compagnie puis de se produire carrément sur scène à ses côtés… entre lecture (extraits) et chansons jouées de Live.

« Comment évoquer un artiste dont les chansons servent de bande originale à votre existence depuis trois décennies ? » : point de (Naulleau) départ littéraire d’une balade à deux qui aura ravi les « présents » en l’Espace Provence de Saint-Cyr, ce samedi 29 janvier : entre verve et gouaille, passion et (ir)révérence, rires et sourires, morceaux rares et/ou versions chiadées d’envie…

Une initiative, pas gagnée d’avance, mais conseillée, qui gagnerait à ne pas rester « fille unique »…

 

Récit/Compte-rendu de cette prestation, à suivre, ci-après :
http://www.concertandco.com/critique/concert-graham-parker-eric-naulleau//50759.htm

 

 

Éric Naulleau visiblement séduit
par nos productions littéraires « maison » (Kollectiv’Mode Ed.)
au point d’insister pour poser avec…

 Naulleau+nouvelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mystery glue

 

 

 

 

 

Graham Parker
Graham Parker & The Rumour : Mystery Glue/Universal-Cadet Concept/LP-CD

Parkeromane

 

 

 

 

 

Éric Naulleau
Parkeromane (Belfond Ed.)

 

Texte J2C / Photos Lof

The Soundtrack Of Our Lives (Me & Mr. Jones !)

Initial painting by Joseph Arthur

La Musique & L’Art
Encore & Toujours Au Centre de Toute Chose…

Tout ce que nous avons pris pour douce habitude de célébrer en ces pages Web, ces dernières années, ou bien longtemps auparavant, de coucher sur papier – le plaisir pris en réunion, l’envie, le partage, la convivialité, la créativité, la curiosité, la découverte, l’accès à d’autres cultures (peuples et histoires), la célébration de toute forme d’art ; sans oublier CE lien inusable, tangible, quoique indéfinissable, qui nous a toutes et tous un jour attirés puis fait plonger au sein de ce vecteur à rêves, à rébellion, indépendance, rapprochement et amour, ce réacteur à orgasmes divers, accomplissement de soi, voyages et évolution personnelle, qu’est la MUSIQUE ! – vient de vaciller sur ses bases au sortir de la tuerie basse du front du Bataclan (et autres lieux Parisiens endeuillés d’horreur).

Pour un très court instant, juste ; celui de rendre hommage aux disparus, à ces frères de passion commune couchés d’aveugle par des minus, des petites mains désormais étrangères à toute célébration de (source de ) vie et création : cette piétaille obtuse, cette chair à explosifs évidée de tout libre arbitre, que l’on envoie à la mort, que l’on fait monter au créneau sous couvert de religion pour accomplir de vils desseins économiques et géopolitiques axés uniquement sur la domination de « l’autre par l’autre » ; la (toujours) temporaire (et vaine) et antique suprématie d’un « clan » sur l’autre – puis de l’autre sur le précédent, jusqu’à l’apparition d’un autre (tout nouveau, tout beau, ou laid) et puis d’un autre, d’un autre encore, d’un… autre. Toujours, et à jamais. C’est de ceci que nous sommes faits. Le plus dur restant de l’accepter ou de surtout, surtout, se résigner.

Dès le lendemain soir, samedi 14 novembre, nous avons repris notre appareil-photos et notre carnet de pèlerin Rock à notes, pour nous poser au pied d’une scène proche d’Avignon (Elliott Murphy & NAS) – comme tant d’autres, et d’autres encore à venir, ou…  depuis ! – quelle autre réponse apporter à ce déni total de vie, que de la vivre…

Il est plus facile de détruire, que de créer ! Ces gens – que je ne nommerai pas ici pour les dénier d’identité, humanité – et tous leur piteux prédécesseurs, au fil des millénaires, siècles précédents et décennies (issus de toutes religions, obédiences, ethnies, sectes et partis) existent, agissent dans le seul but de nous le rappeler au quotidien et nous conchier de frustration.

À nous de les renvoyer au plus profond des noirceurs dont ils sont issus, en restant au plus proche de ce que nous sommes, vibrons et célébrons : l’agenda des shows, expositions et manifestations culturelles, regorge en permanence de possibilités, d’une offre de qualité, variée, quasi exponentielle ; s’en priver, serait… abdiquer !

Autrefois, j’ai su comment marcher sur l’eau…

IMG_0482

 

ElliottByLof-01

It Takes A Worried Man !

Ce samedi 14 novembre 2015, deux heures durant, Elliott Murphy (accompagné des « mythiques » Normandy All Stars) aura su éloigner, pour un temps, de nos têtes empesées, le fantôme noir et aveugle de l’odieux massacre Parisien de la veille.

« Baisse ta vitre / Tes pleurs ont tout embué / Baisse ta vitre / Ce n’est pas aussi désespéré que tu sembles le croire / Tu es bien trop jeune pour avoir assisté à cela / Désormais, ta vision des choses est trop mâture et bien trop claire / Tu sais, je suis familier de cette noirceur que tu viens juste de découvrir… » (Elliott Murphy/Caught Short In The Long Run/Just A Story From America).

Moins de 24H après cette sordide soirée – une de plus, au niveau de l’histoire tragique et ensanglantée de notre immuable et antique autoproclamée « humanité » ! – ils auront su faire, d’un coin de scène un rien paumé du Vaucluse (Le Thor) une clairière ensoleillée et fraîche,  ruisselante de plaisir, verdeur, innocence et passion.

ElliottByChristine-02

Une performance à saluer, complète et variée, vu ce contexte très laid ; une balade musicale balayant les genres et années (depuis 1973 la lointaine, jusqu’au très récent Aquashow Deconstructed) sachant, aux moments opportuns, laisser nos jambes se lâcher d’envie (Hangin’Out, Sweet Honky Tonk, Green River, And… General Robert E. Lee !), nos cœurs se serrer (On Elvis Presley’s Birthday), nos sens se glacer au souvenir de la fuite du fratricide originel Caïn (Blissed Out In The Land of NOD) ; nos larmes couler au son du très beau et très de circonstance Ground Zero (chanté à la fois en Français & Anglais, grâce au soutien émérite de son guitariste et « vieux » compère de route Olivier Durand), puis nos âmes lestées de doutes et interrogations s’élever enfin pour communier de vie (How’s The Family) pour mieux… retomber ?

Il est toujours plus facile de détruire, que de créer, ou bien, se… reconstruire ?

« Je me tiens assis-là / Anticipant les bonnes choses que nous sommes capables de faire ensemble / Essayant juste de ne pas penser à toi / Ne T’en vas pas… » (Elliott Murphy/Don’t Go Away/Aquashow).

Merci encore pour ce (très beau) moment, cette profonde respiration…

Lien vers Ground Zero (Elliott Murphy & NAS live) : https://www.youtube.com/watch?v=ZyKpIBw0lYA

NB : La direction de l’Auditorium Jean Moulin s’étant opposée à ce que nous prenions des photos, avant, pendant & après le spectacle, nous aurons pu illustrer l’article grâce à la gentillesse d’une spectatrice (merci Christine !) qui aura pu « shooter » tout du long à l’aide de son mobile (elle), à l’instar d’une petite centaine d’autres (Smartphones bardés de pixels et nombreux Iphones) de trois photographes et du photographe attitré du lieu, dans lequel il exposait par ailleurs ses clichés en marge du concert du soir…

Elliott 1

« Une Journée Particulière Avec Elliott Murphy ! »

Merci ! Un GRAND merci à toutes (et tous) celles (et ceux) qui seront venu(e)s assister/participer à ce bel événement musical & artistique, aux abords du Cours Julien (Marseille) ce vendredi 23 octobre 2015.

Pour faire simple, mais informatif, (in)complet, mais passionné :

L’assistance se montra enthousiaste et convaincue face aux superbes photos de Elliott Murphy & NAS shootées de Live puis affichées par Lof ! (exposition-vente en place chez EasyO & Lucky Experience – 92, Cours Julien : du mardi au samedi de 10h30 à 19h – jusqu’au samedi 7 novembre (inclus).

Vous fûtes nombreux à vous presser auprès de la table d’Elliott afin de le rencontrer pour échanger, papoter, acheter ses éditions rares ou récentes (puis les faire signer) se faire prendre en photo avec, ou… LE prendre en photo ! Sans que jamais celui-ci ne soit avare d’un sourire, geste attentionné ou mot amical…

Elliott 2

Nombreux à assister, à quelques pas à peine, au showcase d’une légende du Rock (toujours vivace et motivée, en activité) qui aura su convaincre et toucher, faire rire et enjouer, piocher sans retenue au sein de son vaste catalogue musical (entre Aquashow/1973 & Aquashow Deconstructed/2015) transformer le lieu en un espace de plaisir musical et poétique, à nul autre pareil… enclave, vous avez dit enclave ?

Nombreux à visiter d’envie la belle cave à vinyles – CD, DVD, livres, raretés et autres produits dérivés – estampillée Lucky Experience & Kollectiv’Mode Editions… puis à visiter les divers coins et recoins bardés de modèles de lunettes originaux, du EasyO lieu.

Une grande et belle soirée qui vit les participants la quitter à regrets (soit) quoique nantis d’une large et belle « banane », plutôt rare, de nos jours : à même, à elle seule, de repousser les avancées grises du temps et son lot quotidien de peurs, frustrations, crises diverses et légitimes frustrations.

Rien que pour « ça », il fallait être « là »…

« There’s The Last Of The Rock Stars / And Me and You… »

Kollectiv’Mode
J2C (bla-bla)
Lof (photos)

 

La chronique de la soirée sur Concert & Co : ici

Elliott Murphy

 

EM_Hyeres

Un Mey de Choix À l’Heure de l’Apéro !

18 h 58 : Le soleil cogne encore sur le théâtre Silvain, qui bruisse d’avant show…

Tandis que le lieu à ciel ouvert se remplit doucettement et qu’une sauvage double queue s’organise sur le côté de la scène pour tenter d’aller quérir une bouteille de bière en « édition limitée » (l’emballage, malheureusement, pas la bière !) ou une boutanche de rosé « acide du boyau » à 20 Euros, le premier groupe programmé de la soirée investi prestement son espace adhésif, pensé et enrubanné de main(s) de maître en compagnie du collectif Berlinois Tape Over !

Guidé par une guillerette « boîte à sons qui rythme », et introduit, le trio sait qu’il n’aura pas de temps à perdre (vu la programmation de l’événement et les orages annoncés en fin de soirée) et opère donc une rapide et réelle montée en puissance, tout du long du très abouti, rythmé et ambiancé : Loner / Prisoner ; un morceau nanti d’une belle retombée très « Progressive Rock 70’s », nimbée de claviers et fûts martelés, avant expiration finale (qui manque juste d’un largage de rubans encore plus affirmé ou d’une guitare agressive qui tricote et triture en orfèvre). Un début à cocher à la case « réussite », qui semble à la fois fédérer immédiatement au sein de gradins plutôt attentifs (et déjà garnis d’attente) et dénouer la logique boule d’angoisse nichée logiquement derrière chaque musicien et/ou voix au moment du historiquement casse-gueule « premier morceau du set » : « J’étais un solitaire, un prisonnier / Me sens perpétuellement effrayé, même si j’en ai oublié la raison / Effrayé à l’idée de rire, partager, aimer, protéger… ». Une énergique mise à nu, de la part de son auteur Martin Mey, suivie du non moins structuré et dense Apart : second extrait du récent et plus que recommandé à donf : Taking Off ! (Naïve/Differ-Ant/2014).

Depuis son passage hivernal à la « Friche in Massilia » (19/12/14) l’ensemble s’est produit un peu partout au sein de notre hexagone (y compris au fameux Printemps de Bourges, très prisé des gens du métier du disque et medias) et sonne désormais comme un véritable groupe, uni et sur la même longueur d’ondes ; aussi, Hugo Maillet (basse + claviers + espadrilles vintage sous jeans remonté & voix) semble aujourd’hui faire partie intégrante du grand « tout » formé au moment du précédent EP Never Go Down, alors annonciateur de la formule (actuelle) à venir. En phase avec lui-même (ça commence toujours de cette façon, en gros…) Martin (claviers/guitares/boucles et voix principale) perpétue cette façon particulière qu’il a (toujours eue) d’accompagner les temps du plat de la main entre cœur et plexus ; pendant qu’il tapote en silence, paupières mi-closes, Laurent Tamagno (batterie & chœurs) marque franchement le break et agresse du fût sans ménagement aux yeux et conduits auditifs de toutes et tous ; un tripoteur de baguettes qui emmène ici un peu de poils (au menton, un peu genre barbe) au reste du collectif qui en manque cruellement : entre le look très « New Wave 80’s » du susnommé Hugo, et celui de quasi premier communiant du leader en chef (songwriter, parolier et arrangeur) taillé très court du cuir chevelu, portant petite chemisette estivale et pantalon assorti, et… baskets blanches vintage du plus bel effet !

Quelques mesures plus loin (plus tard ? Les deux fonctionnent, en fait) le show semble prêt à basculer vers tout autre chose, encore (higher, ailleurs ?) surfant sur l’épastrouillant One Time, Too Many, nanti ici d’un solide mur de basse-batterie propice à laisser aller nos corps (meurtris par de récentes et handicapantes poussées de chaleur) à bouger et suer de nouveau tout en fermant les yeux d’abandon ou bien en laissant errer nos regards de plaisir entres pins fournis postés juste derrière, avant que de se perdre dans l’inamovible azur méditerranéen posté de placide au-dessus de l’assistance (sur fond, de : « Le matin arrive, et je me sens raide / J’ai toujours été une abeille travailleuse / Cette fois, je ne reviendrais pas / Cette fois, c’est la fois de trop ! Cette fois, je ne reviendrais pas / Cette fois, c’est la fois de trop ! »).

Quoique déjà présent sur le séminal EP Get Out And Live, en une tout autre version, Running Child convainc encore et toujours, en dépit d’un trio de notes, façon gimmick, me rappelant fort inopportunément les remugles passés du Disco honni (par mes feux) des années 80 ! Impression initiale confirmée par un échange « basse-batterie » chassant sans vergogne sur les terres des défunts sanctuaires du genre autrefois nommés Le Palace, Les Bains-Douches, La Scala, ou le… Studio 54 ! Lors, une partie de mon cheptel neuronal ne peut m’empêcher de m’glisser que ce morceau bien bâti « mérite bien mieux, niveau arrangements ! », pendant que l’autre partie, elle, semble trouver que cela « fonctionne plutôt pas mal ! »…

« C’est tellement beau, ici, que j’en perds ma voix ! C’est pourquoi je vais maintenant vous faire un morceau bâti sur vocalises… sans voix ! » (M. Mey : sourire mutin en coin et pince sans rire).

Introduit, donc, par un trio de voix placé à l’unisson, Never Go Down (accompagné au moment de sa sortie d’une malicieuse et joyeuse vidéo) doté sur le CD d’un antique Mellotron, et également morceau phare du précédent EP éponyme, s’est depuis considérablement « épaissi » en dépit d’une batterie un tantinet en retrait par rapport à la version initiale une première fois gravée en février 2014 sur… rien, en fait ! Ce fût alors une putain de sortie « digitale », recommandable en diable, soit, mais encore dématérialisée de l’existence, à c’t’heure : « Naître ou ne pas être ! », en somme…

Un morceau qui me semble empreint d’une âme très Gospel, un style déjà pas mal défloré par Martin lors du second EP Out Of My Loops (2011) à l’aide de morceaux nommés Nobody’s Fault But Mine, Satisfied Mine, ou… Wade In The Water : « Si je marche jusqu’à un mile d’ici, je trouverai la rivière / Si je marche jusqu’à dix miles d’ici, je trouverai la mer… » (Never Go Down).

Entracte pas obligatoire, certes, mais informatif au sens technique :

Pour celles et ceux qui seraient intéressées par un rien d’histoire de la musique, le Mellotron est un échantillonneur polyphonique sur bande magnétique créé au début des années soixante, issu d’un instrument similaire nommé le Chamberlain, et, euh, bref… c’est l’instrument qui introduit le Strawberry Fields des Beatles, le In The Court Of The Crimson King de King Crimson, le Stairway To Heaven de Led Zep (non, non, ce n’étaient pas des flûtes, non, non, non et… nope !) et, quelques milliers d’autres « petites choses » gravées çà et là sur disque, depuis.

Fin de l’entracte et reprise de l’article écrit au fil du show…

Sur fond d’intro oscillant entre comptine et ronde, Seed Song semble placée ici pour rappeler (ou faire découvrir) à toutes et tous, que l’homme de belle taille désormais installé derrière le micro central taquine délicatement de l’acoustique ; un beau moment de respiration, et ce, même si l’énergie (et le partage) créé en amont semble refluer quelque peu ou s’atténuer un brin en dépit des ronds arpèges, très classiques de la construction, distillés en orfèvre – une des multiples facettes de la boule (à zéro ?) Martin, définitivement !

Après avoir jeté tous les remerciements d’usage, en stock, le trio, de nouveau « serré serré », revisite d’envie le Song 2 de Blur et en livre une version des plus déstabilisantes (lorsque l’on est fan invétéré de Damon Albarn & Graham Coxon, bien évidemment). Une première fois gravée sur EP (Out Of My Loops/2011) et régulièrement changée des arrangements en Live, elle semble être à jamais liée au parcours musical du gars et se pare ce soir de boucles et attraits très Electro, quoique boostée d’une suite de montées et attaques de caisse claire qui ramène immanquablement vers de toutes autres contrées… ce qui semble ne troubler aucunement le « héros première partie » du soir, bien décidé à passer à loisir d’une ambiance et d’un (présupposé) style à l’autre ; sachant très bien, qu’à terme, que l’on taxe sa musique (et divers projets passionnants ou parallèles menés de concert en étroite collaboration avec d’autres artistes, structures et collectifs) d’Electro-Pop, Pop-Électro, Indé-Électro-Pop, ou autres ridicules ou circonstancielles appellations, rien ne comptera plus au final que d’avoir marqué l’ensemble de ses travaux de son empreinte/ADN perso et fait en sorte que son talent sue puis transparaisse pleinement au travers de chaque note, écrite, jouée ou chantée tout du long de sa (nous l’espérons) belle carrière encore à bâtir puis consolider de notoriété à ce jour ; le talent, quant à lui, étant d’ores et déjà présent ou sous-jacent à chaque « Martin » instant…

Tandis qu’il quittait la scène, je me suis plu à penser que cela aurait pu (dû) durer plus longtemps, afin de pouvoir convaincre mieux chaque spectateur de la nécessité qu’il y aura désormais à le suivre et l’écouter, ou le soutenir sans compter…

Impression confirmée par la suite à l’écoute du groupe/duo suivant, plus particulièrement. Les sœurs jumelles de Ibeyi, en l’occurrence. Elles ont beau toutes deux (nées du même œuf) s’avérer agréables à regarder, faire le buzz et compter (en très peu de temps) une véritable pléiades d’articles élogieux et interviews dociles, toutes nées de la sortie de leur album éponyme, les écouter minauder et feindre carrément d’arborer le « melon » qui semble les chapeauter, devient très vite irritant et désagréable ; ceci ajouté au fait que leur patrimoine génétique musical – à défaut du folklore Yoruba revendiqué et de la réalité de leur géniteur (percussionniste chez Buena Vista Social Club, entre autres choses et projets) – me semble être en grande partie « hérité », « influencé par » ou « emprunté » à une autre héritière d’une grande tradition musicale, la belge Marie Daulne ! Originaire de la République Démocratique du Congo, cette vocaliste hors-normes aura fondé les polyphonique et inventives Zap Mama (premier album enregistré intégralement a capella) travaillé plus profond la formule, joué avec Higelin, avant que de poursuivre sa route en solo et aller retrouver ses « roots » Africaines musicales au sein d’albums inventifs tels Adventure in Afropea, Seven (un sommet), À Ma Zone, Ancestry in Progress, Supermoon et… ReCreation ! Une suite de créations qui lui auront permis, toute une vie musicale durant, de mêler hardiment les voix du passé en provenance du berceau de l’humanité, les instruments traditionnels, le Trip-Hop, Nu Soul, Rap, Reggae, Jazz, Pop et Soul… Pour un résultat décoiffant à (re)découvrir au plus vite. J’y pense fortement lorsque le duo gémellaire s’introduit sur avant-scène, nanti uniquement d’une paire de voix montée sur talons et énergie. Loin de moi l’idée de chercher à les diminuer, artistiquement parlant, elles font plutôt pas mal le job, assurent leurs parties vocales et instrumentales et le public sans mémoire semble être prêt à les River adopter illico… reste que, elles manquent cruellement d’inventivité, arrangements RÉELLEMENT originaux et mélodies costaudes ou à tomber ! Et arrivent de fait (en retard) après de nombreuses autres ayant déjà révolutionné le genre, par le passé.

Tandis que l’une (Naomi) tamponne du Cajon, que la seconde (Lisa-Kainde) caresse les ivoires de son piano avec passion et que leurs deux voix s’« unissonent », je ne peux m’empêcher de penser aux géniaux Lo’Jo Triban, puis de me demander si ces gamines seront encore là (où elles sont actuellement) dans un an ou deux (allez, trois !) à l’image de nombre de « produits estampillés world » poussés depuis des années par les Inrockuptibles, Libé, Nova, et autres (nombreux) consorts (complices) du milieu…

Tout en leur souhaitant réellement de progresser et passer prochainement à autre chose, jusqu’à trouver LEUR réelle identité/originalité musicale. Après tout, elles n’ont jamais que 20 printemps… et un été !

Pour passer le temps, j’imagine tout d’abord Martin Mey revenir sur scène à la demande générale pour y interpréter le très beau Snowing On School Days (repris en chœur par une foule attentive et concernée) avant que d’enchaîner avec le délicat Elephant, puis Live. Porté par une foule en délire qui l’implore de ne surtout pas (re)partir, il se fendra alors d’une reprise apaisée du splendide Lady Grinning Soul (David Bowie) tournera autour du The Twist de Klaus Nomi (histoire de montrer à tous qu’il possède une belle série d’aigus), revisitera goulûment The Model (Kraftwerk). Radieux, comme délesté d’un poids trop longtemps porté, il viendra alors s’asseoir doucement sur le rebord de la scène, nanti de son acoustique, pour y détricoter The One I Love (REM), puis une paire royale formée de Out Of Time (Blur) et In The Sun (Joseph Arthur).

Je sais, je sais, on en a « interné » pour bien moins que ça, j’suis au courant. Reste, que, le temps passe beaucoup plus vite lorsque l’on occupe son esprit, le laisse vagabonder sans retenue ou rêve les yeux ouverts… surtout lorsque l’on attends de pouvoir passer à LA suite !

Toujours dans le cadre de L’Edition Festival, donc, une troisième personnalité (de renom, elle) était attendue de nos/mes feux au coin de la scène du Silvain : la troublante Neneh Cherry. Une Américano-Suédoise bondissante au pedigree racé (fille du trompettiste Don Cherry) qui avait su en son temps trouver SON puis UN plus large public à l’aide d’une musique exigeante et inventive, mais festive. Dès l’année 1989, et l’emballant Raw Like Sushi, elle avait fait feu de tous bois : Buffalo Stance (imparable et dansant), Manchild (malin et mélodieux), Kisses In The Wind (poppy et rond). Un Homebrew plus loin (perclus de sommets tels Move With Me, Sassy, Peace In Mind, ou l’inclassable Trout, chanté avec Michael Stipe/REM et bâti sur le riff de guitare du génialissime The Pusher de Steppenwolf…). Massacré d’attitude par certains de ses premiers amoureux pour avoir accouché d’un album plus que solide nommé Man, en 1996 – un album contenant pourtant Woman, Trouble Man, Feel It, Hornbeam, Kootchi, Everything, et… 7 Seconds (enregistré avec Youssou N’Dour) – elle opérera un mouvement de retraite temporaire, avant de se fondre en divers collectifs, plus ou moins « justifiables et nécessaires » (CirKus/The Cherry Thing) jusqu’au très récent Blank Project (2014) ; un album plutôt accompli, étonnant et sensé (avec du sens dedans, quoi…) assis sur une base rythmique tarabiscotée et une recherche de son ambitieuse, qui interrogeait légitimement au moment du passage à l’« acte » scénique.

Après avoir observé le manège incessant et troublant des garçons et « filles » – toutes mieux lookées ou apprêtées, les unes que les autres ! – se dirigeant en bande vers les toilettes du lieu pour y satisfaire aux besoins de dame nature, après une belle suite de bières ou descentes rapides de rosé plus ou moins frais, le noir envahissait enfin l’arène plus que remplie.

Si les premiers morceaux joués m’auront alors paru emballants et super bien bâtis, sur le moment, je me dois d’avouer de piteux ici, que cela n’aura duré qu’un temps, désolé…

Certes, la complexité des rythmiques, boucles, samples et réelles parties de batterie interprétées par ses deux compères, a de quoi séduire (Blank Project, Weightless, l’épastrouillant Cynical) voire pousser à danser et s’exprimer dans l’arène, l’on ne peut s’empêcher néanmoins de ressentir un certain sentiment de répétition, de déjà vu ou/et entendu au fil des morceaux.

La faute à qui ? Pas à la dame, nope : elle donne de sa personne comme jamais, semble bourrée d’une énergie quasi inépuisable, danse et bouge comme au bon vieux temps de sa jeunesse des 90’s… et possède toujours un bel organe… vocal. Il n’en reste pas moins que, vu le côté réduit des effectifs de RocketNumberNine (un Ben raide, penché en permanence sur ses claviers et « machine à sons », un Tom de batteur absorbé par sa tâche herculéenne et l’absolue nécessité d’être en place tout du long, vu qu’ils ne sont jamais que deux musicos en tout et pour tout !) la pauvreté des effets spéciaux, l’absence de vidéos ou projections et un éclairage des plus sommaire, la recette/formule a tendance à vite s’essouffler pour tourner à l’ennui (au niveau de votre serviteur/scribouillard). Seule solution, se laisser emporter et danser sans jamais penser à autre chose ou cérébraliser, ce que je n’aurais pas réussi totalement à faire, devenant très très vite un simple spectateur attentif, plutôt déçu et hors du truc, qu’un conquis de service, pour tout dire.

Sentiment partagé par une belle frange de l’assistance venue pour tout autre chose et qui décarrera au plus vite dès que les premières (énormes et serrées) gouttes de pluies se seront invitées à la fête. Une débandade quasi générale (hormis le public massé/dansant devant) sur fond de Buffalo Stance, qui sonnera très vite le glas de cette mitigée soirée de samedi soufflant le chaud et le froid, le bon (Mey) et le superfétatoire (Ibeyi), le projet Blank, et la pluie venue résolue de la mer pour tout nettoyer d’autorité…

Merci à Pirlouiiiit pour ses photos
http://www.flickr.com/photos/Pirlouiiiit

Older posts >>

Kollectiv’mode

Kollectiv’mode est une association artistique atypique, fondée par des artistes pluridisciplinaires qui unissent leurs forces et savoir faire autour du processus de création puis de sa matérialisation (expositions, édition, montage d’évènements, production d’œuvres originales).

Please follow & like us :)

Haut de page